À Marseille, une crise sociale impossible à mesurer et partie pour durer

Actualité
le 7 Mai 2020
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Le confinement a crûment mis au jour la pauvreté de dizaines de milliers de foyers marseillais qui subsistaient d'ordinaire avec des emplois précaires ou au noir. L'ampleur de la demande alimentaire et les nombreuses initiatives qui sont nées pour y répondre en ont été le révélateur.

Une salle de conférence de la fac Saint-Charles devenue stockage pour l'aide aux étudiants. Photo : Pierre Isnard-Dupuy
Une salle de conférence de la fac Saint-Charles devenue stockage pour l'aide aux étudiants. Photo : Pierre Isnard-Dupuy

Une salle de conférence de la fac Saint-Charles devenue stockage pour l'aide aux étudiants. Photo : Pierre Isnard-Dupuy

"À chaque fois que les gens étaient dans des situations fragiles ou limites, le confinement les a fait brutalement basculer". Le constat vient d'une petite cité du 10e arrondissement, Saint-Thys. Là, comme dans beaucoup d'autres quartiers, la solidarité entre voisins a été le premier rempart pour contenir une misère qui a sidéré aux quatre coins de Marseille. Une centaine de familles ont pu bénéficier de distribution alimentaire, une trentaine étant considérées comme "en situation d'urgence". 

S'il semble impossible de connaître la réalité vécue par chaque foyer confiné, la misère, elle, a eu tôt fait d'exploser et de déborder dans les rues marseillaises dès les premiers jours de la crise. Alors que toutes les activités culturelles et sociales sont à l'arrêt, les initiatives solidaires ont pris depuis plusieurs semaines une ampleur inédite, révélant l'immense fragilité de familles qui, en temps normal, vivotaient et se sont du jour au lendemain retrouvées dépendantes de la solidarité.

Sans être en mesure de faire le compte de toutes les distributions alimentaires ayant cours dans la ville actuellement - principal indicateur pour cerner l'ampleur de la crise sociale - quelques chiffres donnent le tournis (voir encadré ci-dessous). Les associations coutumières de l'aide alimentaire, comme la Banque alimentaire et le Secours populaire notamment, évoquent des hausses de 50 à 100 % de leurs distributions habituelles.

Maraudes, "marché rouge" et plateaux Sodexo

À leurs côtés, des acteurs novices voire créés pour pendant la crise se sont révélés essentiels, avec des distributions alimentaires à l'échelle des cités, des quartiers, des arrondissements. 32 nouvelles nouvelles structures ont été autorisées à se fournir auprès de la Banque alimentaire le temps de la crise, et une cinquantaine de demandes ont été formulées en tout. Au total, 150 associations du département y sont désormais autorisées.  Dans le centre-ville de Marseille, des maraudes à destinations des SDF viennent à la rencontre de plusieurs centaines de personnes chaque jour. En parallèle, une à deux fois par semaine, le collectif El Manba voit 300 personnes, principalement demandeurs d'asile et sans-papiers, se déplacer pour son "marché rouge".

Comptabiliser la pauvreté, un chiffre impossible
Depuis plusieurs semaines, Marsactu tente de poser un chiffre sur le nombre de personnes en difficultés qui bénéficient de toutes les aides alimentaires actuellement déployées. Un . . .

Lisa Castelly
Journaliste

Commentaires

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4 commentaires


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  1. Bibliothécaire

    Bonjour,

    au-delà des cagnottes leetchi and co, y-a-t-il un moyen d’aider ces structures par des dons permanents ?

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    • Lisa Castelly

      Bonjour, pour ce qui est des grosses structures (Secours Populaire, Secours Catholique, Restos du Coeur, Banque alimentaire…) il y a bien sûr des façons de faire des dons réguliers via leurs sites internets. En revanche, pour ce qui est des plus petites structures, la plupart ne sont même pas constituées en associations, donc les cagnottes en ligne restent le principal moyen de les soutenir, avec les dons de produits bien sûr…

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    • ANGIE13

      « Il ne faudrait pas que des grandes structures sociales qui ont déserté le terrain reprennent la main sans reconnaître ce qui a été fait. Ce sont les travailleurs sociaux qui sont venus nous demander de l’aide pendant ces semaines. Il faudra rendre justice aux petites structures », prévient-il.
      Commentaire si juste, les grandes structures associatives nationales ont pris le train en retard et agissent ponctuellement, juste pour les médias et l’appel aux dons, ce sont des machines à fric, Coluche doit se retourner dans sa tombe…

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  2. niki

    petite précision concernant la trêve hivernale, elle va être de nouveau prolongée jusqu’au 31 juillet 2020 (annonce de Julien Denormandie le 7/05).

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