En attendant dimanche, à chacun sa Canebière

Reportage
Stephanie Vincent
4 février 2017 12

Symbole toujours puissant de la ville à l'extérieur, la Canebière n'a pas la même image auprès des marseillais. À l'heure où un dimanche par mois la ville tente de réanimer cette vieille dame de 90 ans, nous partons depuis les Réformés jusqu'à Belsunce en quête d'un instantané subjectif : comment ceux qui la vivent racontent-ils la Canebière ?

"La Canebière est un axe visuel et historique très fort" selon Michel Desvigne - Photo Juliette Cantet

Marseille n’en finit pas de vouloir redonner vie à sa Canebière. Depuis 1986, prenant acte d’un désamour des Marseillais, les plans se succèdent, déclinant les mêmes thèmes en déplaçant les terrains d’intervention de la ville. Les années 2000 ont été celles de l’installation des universités (même si l’école supérieure de professorat et de l’éducation doit partir Saint-Jérôme à la rentrée prochaine), du commissariat (2004), et de l’aménagement du tramway (2007) sur l’avenue. Pour Sabine Bernasconi, la maire (LR) de secteur, « nous sommes sortis de la phase des grands travaux« . L’heure est à de nouveaux leviers d’intervention : la culture d’une part, outil de réappropriation et de « révélation de l’identité, l’histoire, le patrimoine de l’avenue » selon la maire. Et les commerces d’autre part, avec la mise en œuvre d’un périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat.

La Ville n’en oublie pas moins les opérations lourdes : l’installation d’un complexe cinématographique et culturel à la place de l’actuelle mairie de secteur, le déménagement de celle-ci dans les anciens locaux de la Maison de la Région, et la rénovation de l’îlot des Feuillants en hôtel de luxe et brasserie.

« Ne pas trop en faire »

En charge du projet de rénovation du Vieux-Port et du plan-guide sur le grand centre-ville, le paysagiste Michel Desvigne plaide pour « ne pas trop en faire sur la Canebière ». « Simplement rendre plus lisible cet axe historique et visuel très fort et faire confiance à la vie spontanée qui s’y développe« , explique-t-il. Il s’agit plutôt de faire évoluer les espaces autour, souvent délaissés telle la place De Gaulle, et qui pourraient devenir des jardins. « Il faut faire attention dans l’espace public à ne pas sur-programmer les lieux : il suffit de révéler la géographie naturelle de la Canebière et de la rendre agréable : amener des arbres, rendre les matériaux plus unitaires, aplanir les espaces publics, étendre la piétonisation ».

Entre puissance naturelle et vitrine attractive, la Canebière reste une impressionnante fabrique d’images, ambivalente où se croisent âge d’or, déclin et creuset de diversité culturelle. Travailler et vivre sur la Canebière aujourd’hui c’est aussi vivre avec ces images, ces mythes, ces fantasmes : c’est en quête de ce mélange d’images et de réalités que nous partons en promenade, à la rencontre de ceux qui y vivent et travaillent.

Les hauts de la Canebière entre abandon et renouveau

Historiquement, la Canebière est née en trois parties. Sa forme définitive n’a que 90 ans et la partie haute est la plus récente. Des Réformés au carrefour du cours Lieutaud, cette Canebière « neuve » offre une identité composite. Les allées de Meilhan offrent une belle promenade mais des terrasses accessibles uniquement en journée. De l’autre côté, on trouve à la foisdes théâtres (l’Odéon et le quartier du Gymnase), une grande librairie, une antenne de la CPAM, des commerces historiques et de nouvelles enseignes, des snacks et des magasins de déstockage alimentaire… D’un bord à l’autre, les populations et les représentations se croisent. Ici, ce sont surtout des commerçants que l’on croise. Des historiques et des nouveaux venus, avec une image partagée du déclin et de l’espoir aussi.

La patisserie Plauchut, tout en haut de la Canebière. (Image SV)

Au pied de l’église des Réformés, la devanture vieillotte de la pâtisserie-confiserie Plauchut occupe le n°168 depuis 1964, année où les parents de son actuel gérant Robert Giordana rachètent une boutique datée de 1820. Pour lui à l’époque « le quartier était synonyme d’ascension sociale pour tous les commerçants. Ça a commencé à changer dans les années 80, avec les grandes artères automobiles, le tunnel Prado Carénage et les centre commerciaux. Mais le déclin réel vient dans les années 90-2000, lorsque les riches commerçants ont décidé de suivre la mode de vivre à la campagne et d’un coup ont bradé leurs beaux immeubles de la Canebière. Leurs enfants n’ont pas pris la suite, les riches familles marseillaises ont laissé la place ». Une version personnelle de l’histoire, qui associe le déclin de la Canebière à son abandon par la bourgeoisie commerçante marseillaise, et donc à l’arrivée de nouvelles populations. La question des populations « étrangères » n’est jamais loin et les Maghrébins sont présentés comme ceux qui ont pris la place.

Trop peu de lumière

Au n°120, les lettres de néon rose Chez Picone brillent également depuis longtemps : c’est en 1971 que la belle-famille de Nicolas Caste ouvre cette pizzeria historique. L’actuel gérant juge que « l’évolution du quartier est globalement positive : c’est plus calme, la sécurité s’est vraiment améliorée avec les caméras. Mais le quartier vit la journée et s’éteint le soir. Les théâtres ne programment pas tous les soirs et ce sont les seuls lieux de vie à part les snacks. Et puis c’est noir il n’y a pas d’éclairage, cette partie haute de la Canebière est un peu abandonnée, et le quartier se paupérise ». Une autre façon de lier le passé négatif récent du quartier à sa paupérisation et à la présence des snacks.

De l’autre côté de l’avenue, sur les allées de Meilhan, Ahmed Ferraz tient le restaurant l’Oriental au n°119, et peste lui aussi contre la gestion urbaine de proximité. Si la sécurité s’est notablement améliorée, il regrette que l’exigence de propreté varie au gré de l’affluence touristique : « la preuve quand il y a des croisières tout est nettoyé, ils nettoient pour l’image, pas pour nous« . Dans les faits, les croisières sont en réalité là toute l’année mais pas forcément visibles. Une image qu’il juge en cruel décalage avec la réalité, citant ce couple de touristes venus lui demander où était la Canebière, alors qu’ils étaient dessus.

Lui qui a tenu successivement un cybercafé et un Casino Vival de l’autre côté du boulevard totalise en fait dix ans de vie sur la Canebière. S’il tempère la nostalgie d’un âge d’or, il aurait préféré qu »une belle artère comme la Canebière reste touristique, mais avec les changements d’activité ce n’est plus pareil. Il en faut pour toutes les bourses c’est vrai, mais les magasins de déstockage de produits périmés ce n’est pas beau. En face l’immeuble Claridge est fermé depuis trois ans : personne ne veut l’acheter parce qu’à l’intérieur c’est du gruyère. Mais la Canebière il faut lui donner sa valeur. »

Allées de Meilhan, l’esplanade des hauts de la Canebière (Image SV)

« Ici on est au cœur de Marseille »

Au-dessus au n°123, Guillaume Orcel ne connaissait pas la Canebière quand il a ouvert le Green Bear Coffee en novembre 2012 : « en bon petit bourgeois marseillais je restais dans mes 6e et 8e arrondissements. Je m’attendais au Bronx, et le cliché est un peu vrai : la terrasse où on se fait embêter trois fois plus qu’ailleurs, les travaux tout le temps, les potelets anti stationnement sauvage arrachés et laissés tels quels pendant des mois… C’est drôle parce que je suis fier d’avoir une adresse sur la Canebière, et le 123 ça sonne bien, il y a de beaux immeubles, la librairie Maupetit est géniale, il y a les théâtres, la fac et en même temps c’est un peu comme tout Marseille : quel gâchis… En même temps il y a vraiment trois parties différentes sur la Canebière et ici c’est plus calme, moins tumultueux qu’au milieu ».

Plus bas, sur l’autre trottoir, l’épicerie Saladin est un transfuge. Si la maison-mère est installée rue Longue des Capucins au cœur de Noailles, Hadjira El Keurti et son mari viennent d’ouvrir une seconde enseigne au n°76, très clairement tourné vers une clientèle touristique. « La Canebière c’est incontournable, ici on est au cœur de Marseille, alors qu’on est plus isolés dans le premier magasin de Noailles ». Ils ont senti la dynamique reprendre sur la Canebière et « se sont installés à cet endroit pour participer au renouveau du centre ville. » Pour elle le caractère cosmopolite et populaire fait partie des qualités de cet emplacement : « sur la Canebière on a un brassage social qui fait tout le charme de Marseille. Il y a des gens du 7e et du 8e arrondissement qui viennent faire leurs courses. Les gens des quartiers Sud ont une mauvaise image du centre-ville. Mais s’il y a des vols dans le centre-ville, il y en a aussi dans les quartiers plus riches ».

L’épicerie Saladin. (Image SV)

Entre fantasmes et réalité

Passé le carrefour Lieutaud on arrive sur le cœur de l’avenue. Là où, entre Noailles et Belsunce, le mouvement et le bruit s’intensifient. La proximité du marché des Capucins, dont les flux piétons et les cartons de primeurs débordent sur la Canebière, donne à cette partie une identité populaire plus marquée et font d’elle le support de nombreux fantasmes.

Postées à l’accueil de l’ESPE (École supérieure du professorat et de l’éducation), Nora et Danièle reconnaissent volontiers le caractère particulier du lieu : « La Canebière c’est spécial, ce n’est pas tous les jours qu’on voit une population aussi cosmopolite. Ici il y a un peu de tout, c’est très mélangé, il y a vraiment de la vie. On a peur que ça change avec l’Hôtel des Feuillants, que ça devienne comme la rue de la République. En vérité, il y a beaucoup de gens qui se plaignent mais quand ça va changer ça va leur manquer, ils aiment ça en fait« .

Ce foisonnement de vie permet à Juliette Cantet et Albanne Cadennes, jeunes habitantes d’un 6e étage qui surplombe l’avenue d’être aux premières loges « dun théâtre, une scène toujours fascinante à regarder de la fenêtre. C’est là où passent toutes les manifs, tous les défilés, les supporters des matchs pendant l’Euro…on a vraiment l’impression d’être au cœur de quelque chose« . Pour elles, habiter la Canebière a bien un sens symbolique : « elle est connue par tout le monde, les parents, les amis, ils ont tous cette image des Champs-Élysées marseillais, c’est pas une fierté mais c’est drôle d’habiter là« .

« Moins grande, moins épaisse »

En y mettant les pieds pour la première fois, l’artère leur paraît « moins grande, moins épaisse » que l’image qu’elles en avaient. Elles ont aussi l’impression d’habiter « entre », « à la jonction de plusieurs quartiers mais pas dans un quartier spécifique« . Une jonction qui peut aussi devenir frontière, notamment pour ceux qui n’habitent pas le centre-ville, comme en témoigne Albanne : « au restaurant où je travaille près de la Préfecture, plusieurs clients des quartiers sud m’ont dit qu’ils ne dépassaient jamais la Canebière, et qu’ils y mettaient d’ailleurs rarement les pieds« .

Cette Canebière dangereuse, dont leurs mères s’inquiètent aussi, les filles affirment n’en avoir pas fait l’expérience en trois ans de vie ici. Elles disent plutôt avoir appris à apprécier un bruit et un fourmillement qu’elles ne supporteraient pas forcément ailleurs : « Si c’était boulevard Lieutaud ça serait insupportable, mais ici ça fait partie du folklore de la Canebière« .

Le building Canebière de Fernand Pouillon. (Image SV)

Le « relâchement » des pays du Sud

Stanislas Alaguillaume, habitant du Building Canebière depuis 10 ans, raconte aussi ce décalage entre représentations et réalité : « c’est une anecdote mais significative : j’ai des amis qui habitent au parc du 26e centenaire et qui ne connaissent pas la Canebière : ils n’y sont jamais allés. » Les bureaux qu’il occupe pour son activité de paysagiste ont été achetés peu cher car « ici les gens n’osent pas encore investir, ils ont peur de la mauvaise réputation : les rats, les agressions, la pauvreté….mais ce n’est pas ce qu’ils croient. C’est vrai qu’il y a encore 5 ans les gens jetaient leurs poubelles par la fenêtre. Maintenant c’est fini. Moi aussi ça m’agace que les gens se baladent en jogging, crachent par terre dans la rue, mais ce relâchement est propre aux rues des pays du Sud, ce n’est pas pour autant des gens pauvres ou dangereux. »

Un propos auquel fait écho Marie-Christine Aulas, habitante d’un immeuble des Labourdette, au square Belsunce. Un endroit qu’elle rattache intrinsèquement à la Canebière : « ici on est au cœur historique de la Marseille, au fond de la calanque du Lacydon, là où poussait le chanvre qui a donné son nom à la Canebière. L’identité populaire et cosmopolite de la Canebière est liée à l’identité de Marseille, cette ville appartient à ce pays fictif qu’est la Méditerranée, elle est séparée de la France par la chaîne de l’Etoile ».

Sur un fil

Ses jeunes voisins David Farge et Sue Duong, passionnés par l’histoire de la ville, sont aussi des slackers : des funambules capables de traverser sur une sangle le vide entre les deux tours des Labourdette. Ils doivent sans doute à cette habitude de passer du sol au ciel leur capacité à regarder la ville de près et de loin en même temps : « En fait la Canebière, on la pratique tout le temps, beaucoup à pied, c’est un moment d’accélération, on trace pour aller quelque part. C’est un lieu de passage, de flux, pas un lieu où on reste statique. Comme une lisière, un creux entre plusieurs entités avec chacune leur caractère et leur indépendance, et sans hiérarchie : Belsunce, Noailles, Opéra, La Plaine… Il y a une identité composite du centre-ville, parallèle à celle de la ville de Marseille composée de villages. Ici le centre ville n’est pas plus important, et même moins, que les faubourgs. Sauf que cette histoire de la ville n’est plus lisible, car des morceaux entiers du centre ville on été découpés, comme ce quartier de l’arrière de la Bourse où l’on est et qui complètement rasé en 1860. C’est resté un carré vide de gens pendant 102 ans jusqu’en 1962! Le rêve de toutes villes européennes c’est d’avoir sa centralité, son axe, sa lisibilité mais on ne peut pas le plaquer sur Marseille qui ne fonctionne pas du tout comme ça ».

12
commentaires

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  1. laplaine laplaine

    Article très intéressant. Les points essentiels qui rendent la Canebière pas assez attractive aujourd’hui, la propreté, la lisibilité urbaine de cet axe et l’insuffisance des espaces piétons, cette rue manque de définition.

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  2. P38 P38

    Très bel article qui résume bien ses contrastes, sur la longueur de l’axe, et les différences de perception.
    Petite précision : 2000 a été l’année du « retour » de l’université, plutôt que de son installation : fin XIXe siècle, la faculté des sciences occupait en effet un bâtiment en haut de ce que sont aujourd’hui les Allées Meilhan, à la place de la mairie du 1-7.
    Sinon, notre Canebière gagnerait certainement en fluidité si on pouvait la débarrasser de toutes les entraves à la circulation installées ou tolérées par la mairie (dont on a pu facilement se rendre compte lors du cortège des girafes dimancher dernier):
    – potelets
    – blocs bétons, dont nous allons devoir supporter la présence entre chaque dernier dimanche du mois
    – publicités Decaux
    – trottoirs entre le tram et la route, saturés de deux-roues
    – parking à deux roues planté en plein milieu de la promenade, devant la mairie 1-7
    – murs de véhicules de police devant le commisariat

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  3. DP DP

    Je précise : quel plaisir peut on trouver a visiter un commissariat , une caserne ou une fac et comme on dis a Marseille ou le Tramway passe , le commerce trepasse

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    • laplaine laplaine

      Absolument c’est le cas rue de la République et rue De Rome un ratage total, ces rues étant devenues des axes de liaison, sans vie car aucun choix entre piétons, tram et voitures n’a été fait.

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  4. Michel Samson Michel Samson

    Cet article, qui raconte quelques vies et quelques lieux, fait mieux comprendre ce qu’est celle ville, merci

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    • corsaire vert corsaire vert

      c’est exact … qui a dit » Marseille on l’adore ou on la hait « ?
      Si elle est capable de déclencher de telles passions c’est qu’elle a quelque chose que n’ont pas les autres ville en France .
      Quel est son secret ?

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  5. jacques jacques

    je me demande bien la tête que vont faire les clients de l’hôtel des feuillants en débarquant en taxi au milieu des bordilles:  » vite chauffeur, à l’Intercontinental! »
    Ou plan B ( c’est à la mode): on vire tout ce beau monde comme on l’a fait dans d’autres coins du centre ville et on invoque la « rénovation urbaine » , et ça peut se terminer effectivement comme la rue de la Ré, ou, si on conserve le marché des Capu, la nature ayant horreur du vide, 5 ans plus tard c’est redevenu le souk et les clients des Feuillants refoutent le camp, la municipalité emploie le bâton et c’est reparti pour un tour. Ach, Marseille sera touchours Marseille!

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    • Magnaval Magnaval

      Peut-être peut on imaginer que les touristes aient envie de voir autre chose qu’une ville aseptisée et des marseillais ronchons ?

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    • laplaine laplaine

      Il ont envie de voir une ville différente, avec ses particularismes, son architecture…mais ils ont surtout envie de voir une ville un tant soit peu nettoyée, entretenue, bref une ville qui ai l’air d’être gérée quoi.

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  6. Cehere Cehere

    Peut-être vais-je me faire excommunier de la communauté marseillaise, mais tant pis.
    La Canebière… avenue « mythique », et légèrement surcotée. Tout est dit là : « citant ce couple de touristes venus lui demander où était la Canebière, alors qu’ils étaient dessus. »
    Quand on la voit en vrai, on se demande ce qui a pu susciter cette « légende » et les « champs-Elysées marseillais » en prennent un coup.
    Cela transpire dans tous les propos. Du paysagiste qui dit qu’il faut « rendre cet axe plus lisible » (il ne l’est pas), aux touristes qui n’ont pas remarqué qu’ils étaient sur l’Avenue, en passant par ceux qui relèvent à juste titre que la Canebière est plus la limite de plusieurs quartiers, qu’une entité propre.
    Les aménagements récents ont encore accentué ce côté hétérogène et les trois parties distinctes, quai des Belges/Belsunce sans tram ni arbres, Belsunce/bvd Garibaldi tram arbres et vitrines, Garibaldi/Réformés tram+voitures.
    Il n’y a pas plus de lisibilité architecturale, et si certains immeubles sont très beaux (Hôtel Louvre et Paix), c’est très hétérogène et inégal.
    Peut-être y a-t-il eu un âge d’or avec les cinémas, les brasseries, les hôtels, mais aujourd’hui c’est un peu « c’est mythique parce que c’est mythique ».

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  7. Juliette Juliette

    Merci pour cet article fouillé.

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  8. David Mateos Escobar David Mateos Escobar

    Le père Marcel Roncayolo voyait dans la Canebière un « talweg social et culturel », lieu d’acculturation à la vie urbaine, et de rencontre des groupes sociaux. Malgré le fait que pas mal de choses ont changé et continuent de changer depuis la moitié des années 1970, lorsqu’il formulait cette vision, il y a tout de même quelque chose qui persiste de cela. Merci Stéphanie pour ce bel article.
    De passage, je note que dans l’imaginaire la rue de la République apparait souvent comme le contre modèle de toute transformation urbaine, elle apparait comme un lieu vidé de son âme (on conviens), mais aussi et surtout de ses habitants et commerçants. Malgré une part de réalité, cette rue et tout sauf inhabitée. Un Centre Ville Pour Tous montrait en 2015 qu’il y avait certes 30% de logements vacants (V.S un peu plus de 10% en moyenne dans le centre-ville), mais cela veut aussi dire qu’il y a 70% de logements occupés, et près de 10 000 habitants! Un article dans le même esprit serait à faire sur la rue de la République, autour de laquelle il y a autant ou plus de fantasmes!

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