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La mairie se fait encore un cinéma sur la Canebière

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le 27 Oct 2015
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Ce lundi débute l'enquête publique sur la désaffectation du square Léon Blum qui doit permettre l'édification d'un cinéma Art et Essai. Baptisé Artplexe ce complexe culturel doit prendre la place de la mairie de secteur.

La mairie des 1er et 7e arrondissements - Photo Margaïd Quioc

La mairie des 1er et 7e arrondissements - Photo Margaïd Quioc

Bientôt, la surface miroitante de la mairie de secteur des 1er et 7e arrondissements ne sera plus qu’un souvenir disparu de l’architecture clinquante des années 70. Nous n’en sommes pas encore à la première pierre d’Artplexe, le pôle culturel qui doit le remplacer mais celle d’un coup d’envoi un peu moins clinquant. Ce 26 octobre marque le départ de l’enquête publique concernant la désaffectation du square Léon-Blum qui fait face. “Elle dure jusqu’au 13 novembre et doit nous permettre d’édifier le pôle culturel que nous appelons de nos vœux pour redonner une identité à cette artère”, détaille Sabine Bernasconi, la maire de secteur (Les Républicains). Le futur complexe doit remplacer la mairie de secteur et une partie du “square”, propriété de la communauté urbaine.

Ce projet cinématographique est presque aussi ancien que Nessie en Écosse. Lorsque le socialiste Patrick Mennucci y était locataire, la chaîne de cinéma MK2 lorgnait déjà sur ce bout de Canebière. L’affaire a fait long feu. “Le volume du bâtiment envisagé compromettait le paysage patrimonial de la Canebière, écrivait la Ville dans le dossier de presse du conseil municipal du 13 avril dernier. La société MK2 n’a pas souhaité poursuivre un tel programme avec un nombre de salles inférieur à 16, jugeant que la rentabilité de l’établissement n’était plus viable au plan commercial.(sic)

La rampe d’Artplexe

Mais ce même conseil rallumait la rampe du cinéma. En effet, les élus marseillais y ont voté le principe d’un nouveau projet de “pôle culturel” porté par la société parisienne Artplexe. Créée en 2014, cette société est présidée par Gérard Vaugeois, ancien gérant de multiplexe, associé à un spécialiste du marketing, Jean-Jacques Léonard. En mai, ce dernier a prudemment avancé quelques pions dans La Provence avant de se montrer plus discret.

Les sept salles entièrement numériques, 854 fauteuils et une programmation art et essai ne constituent qu’une petite partie du projet Artplexe. “Notre idée est de proposer un vrai pôle culturel, complémentaire de ce qu’on peut trouver ailleurs dans le quartier, explique Jean-Jacques Léonard. Pas de la concurrence mais des collaborations.”  À l’époque, le propriétaire des Variétés avait descendu le projet tandis que d’autres s’inquiétaient de voir une librairie concurrente à Maupetit s’installer juste en face. “Il n’y aura pas de librairie mais une salle d’exposition en accès libre, quatre ou cinq boutiques et un restaurant panoramique sur le toit”, reprend Léonard. Les images du projet de l’architecte Renaud Tarrazi ne seront pas visibles avant décembre. Le conseil municipal devrait voter le contrat en bonne et due forme avec la société. “Nous espérons un permis de construire début 2016”, précise Léonard qui ne méconnaît pas les délais que lui imposeront les éventuels recours.

Quant à la mairie de secteur, elle ne migrerait plus dans l’actuel siège du crédit municipal mais face à l’entrée du centre Bourse, dans l’actuel immeuble Communica. Il y a encore quelques mois, il accueillait plusieurs services de la Ville qui ont déménagé notamment rue Fauchier (2e). “Nous espérons y entrer à la mi-2016, reprend Sabine Bernarsconi. Mais ça ne sera qu’un accueil provisoire.” La maire de secteur est consciente que l’étroit hall de l’immeuble n’est pas très adapté aux services de proximité d’une mairie. “Nous avons plusieurs pistes pour un accueil plus permanent mais c’est à un horizon plus lointain.” Elle pense notamment à un des immeubles du cours Belsunce qui accueille en rez-de-chaussée les magasins Papi. C’est vrai que la mairie chez Papi, ce serait pas du gâteau.

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Commentaires

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  1. Lagachon Lagachon

    jugeant que la rentabilité de l’établissement n’était plus viable au plan commercial. » (sic)
    Pourquoi sic?

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  2. Jean-Marie Leforestier Jean-Marie Leforestier

    @Lagachon : eh bien, il semblerait qu’il y ait dans cette phrase un peu trop de mot pour dire la même chose. Il suffit de dire “l’établissement n’était plus viable au plan commercial” par exemple.

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  3. Mars1 Mars1

    L’état des salles de cinéma à Marseille est assez lamentable, notamment celui des Variétés : l’été dernier en pleine canicule, pas de climatisation mais des ventilateurs ridicules, récemment un film annoncé mais pas de copie livrée, beaucoup de films qui ne sortent que dans les salles “commerciales” aux tarifs très élevés.
    Heureusement qu’existent des salles comme l’Alhambra et le Gyptis, mais dans des quartiers excentrés.
    Un projet d’il y a quelques années, “le rendez-vous des quais”, a disparu. Il devait être réalisé à la place de la cinémathèque, dans les locaux du CRDP me semble-t-il.
    Reconstruire un cinéma sur la Canebière serait une bonne chose à condition que ce ne soit pas un autre projet commercial déconnecté de la réalité sociale de la ville, comme ceux qui fleurissent du côté de la Joliette par exemple.

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  4. Benoît Gilles Benoît Gilles

    Le sic vient souligner le caractère emberlificoté de la formulation : la rentabilité peut-elle être viable et sur un autre plan que commercial?

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  5. nicolas maisetti nicolas maisetti

    Et si pour la ville, il y avait justement d’autres formes de rentabilité liées à ce type d’opération ? Certes MK2 raisonne exclusivement en termes d’exploitation commerciale (et on peut le comprendre), mais pour la mairie les enjeux vont au-delà, si l’on en croit les dernières interventions de la maire de secteur : “identité culturelle “, “relance esthétique”, “Broadway marseillais”. En somme, cette redondance pourrait être riche de sens sur les intentions et les projets en cours. Un blogueur marseillais (pour ne pas dire marseillologue) a écrit quelque chose dessus récemment, non ?
    http://www.lagachon.com/2015/10/lair-de-la-canebiere-fait-du-bien-a-sabine-bernasconi/

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