Face à la justice, les élus CGT du comité d’entreprise du Port admettent « des erreurs »

Actualité
le 29 Avr 2026
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Poursuivis pour abus de confiance après le détournement de 264 000 euros, Pascal Galéoté, le secrétaire, et Bernard Cristalli, l’ancien trésorier du comité économique et social du Grand Port de Marseille, encourent 18 mois de prison et cinq ans d'inéligibilité.

Pascal Galéoté, secrétaire du CSE du Grand Port maritime de Marseille, au tribunal de Marseille le 28 avril 2026. (Photo C.By.)
Pascal Galéoté, secrétaire du CSE du Grand Port maritime de Marseille, au tribunal de Marseille le 28 avril 2026. (Photo C.By.)

Pascal Galéoté, secrétaire du CSE du Grand Port maritime de Marseille, au tribunal de Marseille le 28 avril 2026. (Photo C.By.)

75 euros dépensés dans un bar à cocktail à Paris, à 1 h 19 du matin, le 19 octobre 2016. "Vous vous réunissez dans des bars à cocktail, alors ?", glisse, pince-sans-rire, la présidente de la sixième chambre. "Non, la réunion, c’était avant", répond Pascal Galéoté. "Alors n’importe quel frais peut être considéré comme en lien avec l’activité du comité d’entreprise ?", reprend la présidente. Cela fait deux heures que les débats ronronnent un peu et Liselotte Poizat sort la sulfateuse.

Face au tribunal, Pascal Galéoté, 50 ans, veste grise et fines lunettes sur le nez, et Bernard Cristalli, 55 ans, tee-shirt anthracite et lunettes sur le front, se tiennent épaule contre épaule. Ce mardi 28 avril, le premier — secrétaire du comité d’entreprise (C.E.), devenu comité social et économique (CSE), du Grand Port maritime de Marseille (GPMM) — et le second — ancien trésorier de la même instance représentative des personnels — sont poursuivis pour abus de confiance. Tous deux, syndiqués à la CGT portuaire, sont renvoyés pour avoir, sur la période 2014-2018, détourné 264 833 euros du budget de fonctionnement du CSE. À l’issue des débats, la culpabilité des deux prévenus ne fait pas de doute pour le procureur Mathieu Vernaudon, qui requiert 18 mois de prison avec sursis à leur encontre.

Quelques heures plus tôt, à l’ouverture du procès, il règne comme un petit air de manif avec sono et nuage de fumigènes orange devant le palais Monthyon. Quelque 200 militants dans leurs chasubles rouges sont venus soutenir ces élus syndicaux. Sur la façade du palais, une banderole clame : "Stop à la criminalisation de l’action syndicale".  Les deux hommes sont suspectés, souligne Liselotte Poizat, d’avoir indûment dépensé cet argent. Elle liste les frais de restauration, d’alimentation, de téléphonie, de bureautique ou de déplacement… "présentant en réalité une nature personnelle ou syndicale".

"Anomalies"

La porosité entre le syndicat CGT et l’activité du conseil économique et social, c’est justement la voie par laquelle la présidente avance dans les débats. On plonge dans le fonctionnement du comité d’entreprise du Grand Port maritime de Marseille (GPMM) et de ses diverses commissions internes. Liselotte Poizat s’étonne de leur action très rarement étayée par des . . .

Coralie Bonnefoy

Commentaires

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11 commentaires


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  1. MarsKaa

    L’avocat de la défense dit  » On ne peut pas traiter “de grands responsables syndicaux comme on traiterait une affaire de vol à l’étalage” ?? Mais justement, c’est beaucoup plus grave !

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  2. AlabArque

    On peut d’ailleurs trouver rafraîchissant ce prodigieux équilibre syndical, FO (Patrick Rué) à la Ville de Marseille, si je ne m’abuse, // la CGT (Pascal Galéoté) au GPMM … 😉

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  3. hervechik

    La peine requise me semble quand même très légère au regard des sommes. Quelqu’un (qui s’y connait mieux que moi en droit) pourrait-il m’expliquer pourquoi dans ce cas on ne requiert pas le remboursement d’une partie des sommes détournées ?

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    • Coralie Bonnefoy

      Bonjour,
      Une réponse en deux temps à votre question.
      D’abord, une partie des sommes a été remboursée après le rapport de la Cour des comptes (les 8000 euros qui ont servi à un déplacement à Paris lors d’une manifestation, par exemple).
      Ensuite, ni le Conseil économique et social, ni le port, ne sont parties civiles. Ces deux instances ne réclament donc pas de remboursement des sommes dépensées. Et dans ce cas, il paraît difficile pour le parquet de le requérir.
      Cordialement.

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    • Electeur du 8e ©

      Le CSE, c’est le Comité social et économique. Le Conseil économique et social, c’est l’une des assemblées de la République (avec en sus le mot « environnemental » dans son nom).

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  4. vékiya

    des erreurs mais en leur faveur, à crapules crapules et demi.

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  5. petitvelo

    Le droit c’est pourtant le coeur de métier du syndicalisme ….

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  6. Marseillaisindigné

    Qui présidait ce CE ?

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    • Benoît Gilles

      Bonjour le président du CSE est Hervé Martel, président du directoire du grand port maritime de Marseille.

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  7. Alain PAUL

    C’est génial que ni le Port ni le CSE se soient portés parties civiles.
    Normalement leurs mandants pourraient le leur reprocher : ils ont été lésés.
    Ils sont trop forts pour ne rien faire, ne rien dire et attendre que ça se passe.

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