Marseille, le 17 octobre : autopsie d’un désastre
Notre partenaire Mediapart a obtenu des rapports de police confidentiels et des témoignages de CRS qui racontent, heure par heure, comment les forces de l’ordre ont été débordées, paniquées à l’idée qu’un manifestant tombe dans le port, désarçonnées par les ordres inconséquents du préfet depuis la salle de commandement.
Des jeunes émeutiers pénètrent une première fois dans le poste de police municipale de la Canebière. (Photo : B.G.)
Samedi 17 octobre, vers 12 h 30, plusieurs individus masqués ont défoncé la porte de la mairie de Marseille et sont parvenus à s’introduire dans le hall. Ils y ont détruit du mobilier, inscrit des graffitis sur les murs et endommagé la statue de Marianne, avant de se disperser.
Ces images ont été diffusées en boucle dans les médias. Le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, et le directeur interdépartemental de la police nationale (DIPN), Cédric Esson, ont eux suivi la situation en direct depuis la salle de commandement Mosovo — un espace réservé aux manifestations d’importance et aux voyages officiels — située dans l’hôtel de police de Marseille.
Le procès-verbal de retranscription, rédigé par la police de Marseille à l’issue de cette journée, relate sommairement : « Constatons la présence en direct de plusieurs milliers d’individus hostiles rassemblés au Vieux-Port. Un groupe d’une centaine d’individus cassent la porte de la mairie et s’introduisent à l’intérieur pour commettre des dégradations. »
Après cette intrusion et le saccage de plus de 300 commerces dans la ville, le maire de Marseille Benoît Payan a interpellé le ministre de l’Intérieur : « Je veux savoir. » Une plainte a été déposée par la mairie et une enquête ouverte par le parquet de Marseille pour vols en bande organisée, dégradation du bien d’autrui et participation à un groupement en vue de commettre des violences et des dégradations.
Comment tout cela a-t-il pu être possible ? La préfecture des Bouches-du-Rhône tente d’expliquer le fiasco en alléguant que les forces de police devaient faire face à « plus de 30 000 pilleurs ». Un chiffre qualifié de "farfelu" par le maire et que la préfecture peine à justifier. Selon cette derni . . .
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