Les dimanches de la Canebière ou l’art de mettre une girafe en vitrine

Actualité
le 27 Jan 2017
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Dimanche, la mairie de secteur du centre-ville inaugure une manifestation culturelle inédite censée refaire de la Canebière une vitrine de Marseille, un dimanche par mois. Derrière la vitrine, la politique urbaine du centre-ville peine encore à se définir.

Ce dimanche, il y aura un troupeau de girafes sur la Canebière. Elles descendront d’un pas lent la plus célèbre artère de la ville. Symbole d’une volonté de renouvellement du centre-ville de Marseille, portée par la maire de secteur LR, Sabine Bernasconi, ces girafes animées par la compagnie Off ne sont pas les premières à fouler le centre-ville de Marseille. En haut de la Canebière, elles croiseront leurs sœurs de métal, édifiées par l’ancien maire de secteur, Patrick Mennucci (PS), en remplacement d’une girafe de livres, disparue dans les flammes d’une liesse footballistique.

Il y eut aussi une autre girafe en bambous dessinée par Générik Vapeur en 1999 pour fêter les 2600 ans de la ville. Toutes font écho à leur glorieuse ancêtre débarquée sur le Vieux-Port en 1826 comme cadeau du vice-roi d’Égypte Méhémet Ali à Charles X.

Au-delà de l’anecdote, ce chapelet de girafes décrit l’effort récurrent de la Ville pour faire de la culture le levier symbolique du renouvellement urbain du centre-ville et, en particulier, de son artère mythique. Avec le lancement du premier Dimanche de la Canebière, le 29 janvier, Sabine Bernasconi s’inscrit clairement dans cette logique d’utiliser la culture pour “rendre la Canebière aux Marseillais”, sous-entendant par là-même qu’ils en auraient été privés.

Une vitrine de la réconciliation

Un discours de réappropriation qui fait écho aux propos du maire, en 2009, qui présentait le “plan Canebière centre-ville” destiné à redorer la vitrine de la ville dans la perspective de Marseille Provence 2013 : “Dans les prochaines années, nous aurons trois enjeux, donc trois rendez-vous majeurs avec le centre-ville, celui de la requalification, de la représentation et de la réconciliation”.

L’initiative portée par la mairie de secteur s’inscrit clairement dans cette dynamique, et la culture est censée être le pont entre les deux derniers termes du triptyque. “Je me suis appuyée sur ce que fait l’association POC autour de la rue Consolat qui consiste à ouvrir les lieux d’artistes de la rue durant un week-end, expliquait la maire de secteur lors de la conférence de presse de présentation. Notre idée était de répliquer cette même initiative en profitant à la fois de la présence de grandes institutions culturelles et du foisonnement de petites structures dans le centre-ville.”

Toute la palette de l’offre culturelle y est déployée : une déambulation d’art de rue dans une Canebière exceptionnellement piétonne, six balades urbaines, trois évènements musicaux, treize évènements numériques, des expos et un “marché provençal”

Une vitrine pour quel plan ?

Le tout pour construire “une vitrine” qui doit servir de “révélateur aux nombreux atouts du centre-ville : l’identité, l’histoire, le patrimoine”, énumère la jeune maire. De fait, la politique que cet évènement vient révéler est bien plus une image reconstruite, que le lancement d’un plan de requalification du centre-ville qui embrasserait à la fois l’offre commerciale, la gestion urbaine de proximité et la réhabilitation des espaces publics et des logements privés.

“Mon ambition est d’abord de construire une vitrine qui donne envie aux Marseillais de venir se promener sur la Canebière comme on va sur la Corniche ou dans les Calanques, rétorque-t-elle. Mais cela ne veut pas dire que le travail n’est pas fait sur le reste. Depuis mon arrivée, un groupe de travail se réunit régulièrement pour travailler sur la sécurité, la gestion urbaine de proximité, la propreté…” Un volontarisme affiché qui détonne avec l’avancée réelle des projets. Ainsi celui de rénovation du quartier Noailles qui a donné lieu à plusieurs réunions de concertation en 2014 n’a toujours pas été présenté alors que les équipes de sociologues et d’urbanistes ont rendu leur plan-guide depuis près d’un an.

Plus de place aux piétons et aux vélos

Mais la maire de secteur promet des annonces prochaines dans le développement de la piétonnisation, de pistes cyclables “pour préfigurer la ville de demain”. Ainsi la Ville travaille-t-elle déjà sur l’offre commerciale de l’artère. “Nous avons travaillé avec le département sur une liste d’immeubles où nous pourrions engager des préemptions de pas de porte, installer des services publics, des associations culturelles, des brasseries. Ma conviction est que le centre-ville est le lieu idéal d’installation des activités numériques parce que cela offre des commodités que l’on ne trouve pas ailleurs.”

Les arts numériques sont d’ailleurs un des points forts de la manifestation de dimanche avec notamment le lancement du festival Révélations porté par Zinc et Seconde Nature. Une initiative qui vise à essaimer des créations numériques dans divers endroits du centre-ville.

La double casquette de la maire de secteur

Ce festival devait avoir lieu au moment des journées du patrimoine et a été opportunément déplacé pour ce dimanche de janvier. Or, l’autre particularité de cette opération est son bas coût en argent public. Sabine Bernasconi avance un budget de 97 000 euros pour le premier dimanche de festivités. “Le coût est faible car les acteurs culturels ont accepté de jouer le jeu et de proposer des choses en les finançant sur leur budget propre”.

Ils ont été d’autant plus faciles à convaincre que l’élue porte sur la tête la double casquette d’élue municipale et de vice-présidente du conseil départemental chargée de la culture. “Je ne suis pas naïve. Ils n’ont pas accepté que pour mes beaux yeux, réagit-elle. Mais nous n’avons forcé personne et il n’y aura pas de mesure de rétorsion pour ceux qui n’ont rien fait. Je veux croire qu’ils sont là parce qu’ils adhèrent au projet.” Pour elle, cette vocation culturelle doit se pérenniser notamment à travers le lancement de MP2018, rejeton lointain de la capitale européenne de la culture.

Retour vers le futur

C’est en tout cas ce que défend la directrice de Zinc et initiatrice de Révélations. “J’étais en discussion avec le département et la mairie de secteur depuis longtemps sur ce projet notamment à travers une biennale des arts numériques qui n’a pas pu se faire, explique Céline Berthoumieux. Quand on nous a proposé de le déplacer en janvier, j’ai dit oui. Je ne sais ce qui se serait passer si j’avais dit non. En tout cas, nous sommes là parce que nous adhérons au projet. Je ne suis pas d’accord avec le discours sur l’identité et la reconquête mais je partage l’ambition de faire du centre-ville un ‘city lab’ des arts numériques.”

Digital ou pas, le centre-ville ne pourra pas se contenter d’une vitrine comme seule politique. Un constat qui fait écho avec le premier “plan Canebière” mis sur pied en 1986 durant le premier mandat de Robert Vigouroux. Dans un rapport de recherche remis en 2013 et intitulé Marseille, les fragilités comme moteur pour l’invention d’une centralité métropolitaine originale, l’urbaniste Frédérique Hernandez juge ainsi le contenu du plan Canebière de l’époque : “La politique publique se met prioritairement au service de l’investissement privé . le travail sur l’image (celle d’une Canebière considérée comme vitrine) prime clairement sur l’ exigence de requalification urbaine globale”.

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Commentaires

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  1. LaPlaine _ LaPlaine _

    “Rendre la Canebière aux Marseillais”, je cherche le sens de cette phrase…
    J’apprends également qu’un groupe de travail “travaille” sur la propreté et les espaces publics notamment, là je m’interroge à nouveau… Compte-tenu de ce que l’on voit au quotidien sur cette artère comment imaginer que des gens “travaillent” sur le sujet? L’explication est certes incomplète et a pour initiales F et O, entité connue pour son activisme dans le domaine de l’amélioration du cadre de vie, surtout depuis les fiançailles officialisées l’an dernier avec le mentor/protecteur de madame Bernasconi.
    Sur le dossier Noailles, oui, depuis les concertations, études, promenades urbaines, plan-guides…pas même le début du commencement d’une ébauche de projet, rien. C’est vrai que, comme le dit not’bon maire “c’est compliqué”…

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  2. Michel Samson Michel Samson

    Le septembre 2013, la Canebière était occupée par des artistes dans le cadre des Métamorphoses, lancées par Les Arts de la Rue. Ci dessous un article publié dans Rue89 racontant ce beau dimanche :

    Cela s’appelait Le Grand Bavardage. Sur la Canebière, un dimanche à midi.
    A midi juste donc, retentirent les clochettes, et miracle ! elles furent puissamment soutenues par les cloches de l’église des Réformés. 300 mètres de tables rouges et blanches – 600 mètres de bancs, durs aux fesses, sur la chaussée de la Caneb’ qui en a vu pas mal, n’avait jamais vu ça et ne le reverra pas avant lurette. Commencèrent alors les palabres, les contes, les sketches, les gesticulations et autres clowneries des dix-sept compagnies conviées à cet exercice périlleux de création simultanée. Vingt minutes de jeu pour chacune, jusqu’au prochain appel des clochettes annonçant la suspension provisoire des hostilités. Le temps que les spectateurs changent de table pour aller s’installer devant un autre spectacle. Kaléïdoscope d’images et de mots, le Grand Bavardage prit alors son allure de déambulation dans les mots poétiques, comiques, et le plus souvent parodiques, lancés par les troupes de déjantés plus ou moins talentueux qui constituent le petit monde des arts de la rue de proximité.

    Assez causé : le jeu consiste maintenant à attribuer les phrases suivantes aux compagnies qui les ont dites, chantées, hurlées, écrites, vociférés ou chuchotées :
    “Le plaisir de l’homme est plus important que celui de la femme. La nécessaire chaleur d’un accueil. Recette du filet de poisson à la noix de coco” (un indice : Equipe de France féminine des Jeux olympiques de la femme idéale)
    “J’ai eu le coup de foudre pour Galinette. Et qu’est ce qui manque à Galinette comme à toutes les poules ? Des bras ! Bravo monsieur, vous aurez le premier prix. Et qu’est-ce qu’elle a Galinette, qu’ont toutes les poules ? Un bec ! Bravo jeune homme, vous gagnez le second prix! (Chanté) Le poisson butine, la poule fait meuuuh, le lapin fait coin-coin. D’ailleurs c’est encore la chèvre qui a inventé la voiture, la preuve ? Le cabri-au-lait”.
    “Mmmm, c’est bon, fait maison, pas assez salé, mais fait avec amour. (Crié) Si vous ratez la pomme, vous serez veuf dans l’année ! J’avais une amoureuse, Pascale, ce goût me relie encore à elle. C’est comme la Madeleine de Proust, vous connaissez, Proust ? Marcel Proust…? Je vous le fais” (il se met en marcel, c’est un peu limite, mais bon…)
    “Bousin. Pénurie. Sabbat. Pétrin. Estrapade”.
    “Mais le roi ne savait pas que sa huitième femme était une rachazi – ce qui veut dire ogresse –de porc … Elle dévorait tous les jours un éléphant, deux chevaux, quelques brebis. Un chien de garde, même, fut mangé. (Presque crié) : Ce qui fut fait !!! Ils mangèrent les enfants. Ils mangèrent tous les jours des tartes : il y avait eu un appel à tartes, ce qui montre que c’est une histoire vraie. (Presque crié) : Ce qui fut fait !!!”
    “Je vais vous montrer le plus ancien tour de magie dont on a trouvé la description sur les…euh… hiéroglyphes écrits sur une pyramide. On pose une boul-hhet sous le gobel-hhet, c’est comme ça qu’on dit en égyptien ancien, et hop, qu’est ce qu’on trouve sous le gobel-hhet !” (trois boulettes, bien sur…)
    (Chanté) “Bouteille sur bouteille, il y avait toujours le plaisir de l’amour. (Repris par le public): Il faut pé-da-ler, pé-da-ler, pé-da-ler…”.
    “L’Europe est suspendue au vote allemand. A Bastia l’OM a été pathétique, l’OM a été paathétique, l’OM a été paaaathétique. Le Pakistan fait un pas vers les talibans. Une substance gélatineuse mystérieuse… 74ème minute, Khalifa s’effondre dans la surface, Mr Duhamel ne bronche pas”.
    “Au nom de l’amicale des garçons de café des Bouches du Rhône. (Hurlé) Tu vas nous amener la pluie avec ton gâteau breton de meeerde ! J’en peux plus ! j’en peeuux plus !! j’en peeeuuux plus !!!”.

    Alors ? Compagnie Tandaim, Jean Guillon, Agences de Voyages Imaginaires, Agence Monik LeZart, No Tunes International, Jean-Georges Tartare –avec Gari Greu, Les Transformateurs, la Compagnie des Grandes Pointures ou La Folie Kilomètre ? Allez savoir…

    Il est 15h30, Pierre Sauvageot, qui sera gentiment (?) entarté quelques minutes plus tard, annonce aux danseurs de Rue du Tango : “On lance le final”. Les couples montent les uns après les autres sur la première table, s’enlacent et, au son lancinant du tango, entament leur lente descente dansante des 300 mètres de table, passant comme ils peuvent de l’une à l’autre, gracieux moment sous le regard tranquille du public qui sourit, photographie ou filme la procession nostalgique qui sent l’automne…La fête se termine, tous les artistes rejoignent les danseurs épuisés sur les tables, applaudissements de remerciement, la fête est finie, il faut se séparer.

    Lors des différents services, plusieurs fois trois mille personnes sont venues -selon Sauvageot, maitre de la cérémonie- participer à ce Grand Bavardage. Echanger des parts de tarte, regarder, sentir -le bouc de l’Agence des Voyages Imaginaires sentait vraiment le bouc- rire et parler. Ou plutôt, échanger des rires, des paroles et des connivences, en mangeant quelques parts de tartes. Sur la Canebière.

    PS : Quant aux personnages monstrueux d’Ilotopie, mutiques, ils déambulaient lourdement, juchés sur des patins de 20 centimètres de haut, enroulés dans des nappes à carreaux rouges et blancs qu’ils ouvraient à la manière d’exhibitionnistes fatigués, offrant en gémissant de plaisir et de douleur des mets colorés et mous collés sur leurs ventres, sortant de leurs pantalons ou coulant de leurs mamelles pendantes.

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  3. Laurent Lhardit Laurent Lhardit

    Tout est dit en conclusion. Faire de l’image peut être utile, mais ne tient pas lieu de politique urbaine. Comme toujours, c’est quand il y a des choix exigeants à faire que le politique se défile à Marseille. La Canebière, Belsunce, Noailles, Opéra ont besoin de trouver leur sens, en considérant simultanément ceux qui y vivent et ceux qui y travaillent. Personnellement, je suis très étonné que ce Dimanche ne se termine pas par un feu d’artifice, car il symbolise à merveille la politique de l’illusion permanente menée par Gaudin depuis 20 ans .
    Laurent Lhardit, Conseiller PS du 3e secteur, Marseille

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  4. DP DP

    ENFIN ON VA POUVOIR ALLER VISITER UN COMMISSARIAT, UNE CASERNE DE POMPIER, UN CARREFOUR CITY, UNE FAC,? QUELQUES MAGASINS DE TÉLÉPHONE, DES SUPERMARCHÉS LE PIED QUOI

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      C’est Broadway quoi…

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  5. Mars1 Mars1

    Je vis à Marseille depuis 1999 et j’ai pu assister à différentes manifestations festives sur la Canebière, pour le passage à l’an 2000, le carnaval, MP 2013 notamment.
    Tous ces événements étaient très sympathiques, l’occasion de vivre un moment chaleureux et de s’approprier l’espace de la rue en assistant à des spectacles plus ou moins réussis sur le plan artistique.
    Il y a eu aussi l’arrivée du tramway et le réaménagement de cette artère “mythique” après des travaux longs et pénibles, et la promesse d’un embellissement qui devait rendre à la Canebière son lustre perdu au fil du temps et des crises économiques.
    Pourtant il suffit de se déplacer à pied pour voir les trottoirs sales, défoncés en plusieurs endroits, ou rapiécés par des plaques de goudron, bien loin de la belle image annoncée sur les journaux municipaux d’il y a quelques années (et disparus depuis sans explication…). Devant le commissariat qui occupe l’ex-Grand Hôtel stationnent en permanence des voitures de police qui empêchent la circulation des piétons, et un peu plus bas c’est le chantier du futur nouvel hôtel de luxe (qui doit aussi “rendre le centre ville à tous les marseillais” mais qui n’a pas l’air de progresser très vite) qui empiète largement sur le trottoir déjà rétréci par l’arrêt de tram ajouté après coup.
    On peut ajouter que la réduction du trafic automobile annoncée à grand renfort d’affichage avec la “semi-piétonnisation ” du Vieux-port n’est pas vraiment visible à l’oeil nu et qu’on est bien loin de l’image idyllique, restée virtuelle.
    Alors, une nouvelle tentative de redorer le blason de l’équipe municipale en organisant une fois par mois des manifestations culturelles ne peut sûrement pas nuire, mais on peut aussi douter que cela change quoi que ce soit à long terme à l’état déplorable du centre ville et de la Canebière en particulier…

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Tant que les “fondamentaux” ne seront pas respectés (propreté etc) cette artère ne sera pas “fréquentable”. Au demeurant on mesure l’échec de la requalification sur la photo qui accompagne l’article, la taille de l’espace piétons par rapport aux voies de transports, les potelets qui brisent la continuité de l’espace, les différences de niveaux, tout serait quasiment à reconsidérer. La requalification des rues par le tram, utilisée ici est plutôt un échec, Canebière, République, Rome.

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    • neomars neomars

      @laplaine
      Le tramway sur Rome, c’est quand même une belle respiration, moins désertifiante commercialement que République, et plus nette que Canebière.

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  6. corsaire vert corsaire vert

    L’essentiel c’est de dire que cela va être fait et aura un impact positif et cela… commencez à réparer les trottoirs extrêmement dangereux , ramasser les ordures , nettoyer( même si cela déplait à FO )

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