La municipalité veut moins de commerces vides, de snacks et de taxiphones en centre-ville

Actualité
le 2 Fév 2017
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Ce lundi, le conseil municipal vote la mise en place d'un périmètre de sauvegarde du commerce et de l'artisanat. La Ville pourra alors préempter les commerces en vente pour les rétrocéder à des commerçants conformes à ses attentes. Et, notamment, éviter la prolifération de snacks et taxiphones.

Un des exemples de vacance commerciale dans le centre-ville. Photo : Clémentine Vaysse

Un des exemples de vacance commerciale dans le centre-ville. Photo : Clémentine Vaysse

Snacks et taxiphones ne sont plus les bienvenus dans l’hyper-centre de Marseille. Une nouvelle fois, la Ville remet l’ouvrage sur le métier : offrir un nouveau visage commercial au centre-ville en limitant la présence de ces commerces indésirables. Ce n’est pas la première fois que l’absence de diversité des commerces provoque des débats en conseil municipal. La mesure est inscrite noir sur blanc dans une des délibérations soumises au conseil, ce lundi. Elle n’en est pas le cœur, bien évidemment. Mais un symbole assurément.

Cette délibération vise d’abord à instaurer un “périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat” dans lequel la Ville souhaite faire jouer son droit de préemption comme lui autorise l’article 58 du 2 août 2005.

Par ce truchement, la municipalité peut donc faire intervenir son droit de préemption pour tout commerce ou local artisanal situé dans ce périmètre lors de la cession de ce dernier. Une fois le commerce devenu propriété de la ville, elle peut ensuite choisir le commerçant à qui elle souhaite le rétrocéder. Cela met un bémol à la volonté municipale de limiter le nombre de snacks et de taxiphones puisqu’il faut attendre la cession desdits commerces pour que la Ville puisse jouer de son droit de préemption.

La zone visée par ce périmètre de sauvegarde est limitée au sud par la rue Breteuil, à l’est par le boulevard Paul Peytral et la partie haute de la rue de Rome. Il comprend aussi le haut de la Canebière, Noailles et les environs du centre bourse. “L’ensemble de ce périmètre représente environ 1 700 locaux commerciaux sur rue”, précise la délibération.

15% de vacance dans l’hyper-centre

Annoncée par la maire de secteur dans le cadre du projet de revitalisation du centre-ville, ce dispositif cœrcitif a pour ambition de remodeler l’offre commerciale dans l’hyper-centre. Pour la Ville, il s’agit d’abord de s’appuyer sur l’importante vacance commerciale qu’on peut y constater. Car, contrairement au discours volontariste habituel sur la bonne santé du centre-ville, le taux de commerce inoccupés est passé de 9% à 15% entre 2008 et 2016 : “Bien que très contrastée par rue et par secteur la vacance commerciale y est importante aujourd’hui”, peut-on lire dans ce rapport.

Elle est évaluée au global sur le secteur étudié à “15% des locaux en 2016 (contre 9% en 2008 sur le même périmètre)”. Pour l’organisme Procos, qui dresse un palmarès des centres-villes commerçants en France, un taux supérieur à 10% est l’indice d’une “vacance très élevée, témoignant d’un déclin de la commercialité”. La dernière carte publiée par Procos laisse clairement voir une gommette rouge au-dessus de Marseille. Pour l’organisme, la création de centres commerciaux dans l’immédiate périphérie des centres-ville français n’est pas étrangère à ce déclin. Le rapport note ainsi que les “commerces d’équipement de la personne” ont perdu près de 5% entre 2008 et 2016 expliquant en grande partie la vacance commerciale.

La carte du palmarès de la vacance commerciale en 2016 publiée par Procos.

Pour redynamiser l’offre commerciale en centre-ville, la municipalité définit très clairement ce dont elle ne veut plus et ce qu’elle espère attirer. Il s’agit ainsi de “limiter le développement des commerces sur-représentés tels que la restauration rapide de faible qualité, les services de taxiphones…” Difficile en revanche, d’avoir le détail de ce représente ces deux types de commerces dans l’offre globale. En effet, les fameux taxiphones sont associés aux boutiques de téléphonie, de réparation et de revente d’appareils d’occasion. La délibération en dénombre 53 sur le périmètre, ce qui représente tout de même 3% des commerces de la zone concernée.

Pour la restauration rapide, en revanche, la délibération reste vague : “Les Cafés-Hôtels-Restaurants (18% de l’offre) voient leur nombre stagner au global depuis 2008, mais on enregistre néanmoins une baisse du nombre de bars et une hausse de la restauration rapide”.

Questions d’équilibre

“Tout est question d’équilibre. Aujourd’hui, le taux de vacance témoigne du fait que le centre-ville est en grand danger. Le risque de déclin est réel, explique Nicole Richard-Verspieren, gérante de la cave “Le Sommelier” située rue de Rome et vice-présidente de la chambre de commerce en charge de ces questions. Cela provoque un déséquilibre avec des commerces de restauration rapide en trop grand nombre. Ils correspondent à un besoin mais ils sont nombreux et attirent un même type de clientèle.”

La commerçante milite donc pour que la Ville encourage l’implantation “de commerçants de métier qui défendent un vrai savoir-faire et pas des succursales de chaînes nationales ou internationales que l’on retrouve partout”. Si l’élue consulaire dit ne pas être au courant du projet municipal, ses souhaits s’accordent parfaitement avec ceux de l’élue aux commerces qui porte ce rapport. En effet, la délibération insiste sur la volonté de favoriser les commerces indépendants en tablant sur “la réintroduction de commerces en diminution (commerces de bouches, commerces culturels et de loisirs), activités artisanales telles que fleuristes, métiers d’arts, galeries ou l’implantation de nouveaux concepts (commerces tests, lieux hybrides mixant différentes activités, commerces alimentaires en circuits courts, créateurs…)”.

“Pour une charte graphique du centre-ville”

Le président de l’association Marseille Centre, Guillaume Sicard insiste lui aussi sur la nécessité d’encourager les commerces de bouche de qualité “de type fromagerie ou épicerie fine” mais il met en avant la nécessité complémentaire “de travailler sur les espaces publics, la propreté et le mobilier urbain. Il faut une sorte de charte graphique pour uniformiser les espaces publics et les pas de porte”.

Sur ce point la mise en place en 2018 de l’Aire de valorisation de l’architecture et du patrimoine encadrera de manière très stricte les vitrines en pied d’immeuble. Son règlement imposera aux commerçants  des prescriptions très précises sur leur devanture. “Je ne suis pas au courant de ce projet mais cela va dans le bon sens, insiste la commerçante de la rue de Rome. Il y a dans le centre-ville trop de commerces qui n’ont ni vitrine, ni porte. Cela donne l’impression d’être dans un souk.

Le souk est parfois tenu pas des commerçants chinois mais, peu importe, puisque la Ville pourra désormais intervenir en préemptant lors d’une cession ou imposer des règles précises au futur détenteur du bail commercial si elle n’intervient pas dans la transaction.

Pour l’heure, la démarche et le périmètre exact doivent encore être concertés avec la chambre de commerce et la chambre des métiers et de l’artisanat. Quant au budget nécessaire à la préemption, la Ville bénéficiera directement de l’aide du département : “la Ville de Marseille pourra solliciter, au cas par cas, l’aide financière du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône à hauteur de 70% du montant de l’acquisition”.

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Commentaires

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  1. LaPlaine _ LaPlaine _

    “On” découvre la vapeur? Il en aura fallu du temps pour voir poindre le début d’une réflexion sur le centre-ville qui est aujourd’hui au bord du gouffre. Deux points cependant à noter, les commerces cités correspondent souvent à une clientèle paupérisée qui peuple le centre-ville en partie, et ne pas oublier le problème récurrent de la propreté, de l’entretien des espaces publics etc. Tout cela est lié et fait partie de ce que devrait être l’action municipale depuis belle lurette.

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    • Sabine T Sabine T

      Il y a également certains commerces qui affichent une activité sans en avoir de légale, et ce n’est pas que dans l’hyper centre ville de Marseille mais “à deux pas”… De mon propre vécu, les clients sont les mêmes tous les soirs de toutes les semaines de toute l’année sans aucune interruption – peu nombreux mais fidèles – et jouent de l’argent, se garent avec des voitures qui ne sont pas des poubelles, loin de là (des pauvres avec des P. Cayenne, j’en connais pas…). Je ne sais pas qui est pauvre mais en tout cas l’enseigne, quand elle est affichée, existe mais ne correspond pas à une activité “pour pauvres” et c’est censé être un snack… L’argent y circule, les débats y sont vifs et peu discrets pour le voisinage. Donc des “sousous” il en passe forcément pour que cette partie de commerces “de façade” existent (j’ose espérer que ces cas particuliers ne sont pas généralisés à tous les snacks du centre ville bien sûr)…
      Mais sinon, tout à fait d’accord sur l’absence des actions publiques, vécue également sur le même sujet malheureusement. Aucun règlement ou règlementations mis à l’épreuve, aucun effort d’entretien de l’espace public, qu’il soit piéton, routier & circulation règlementée, cyclable, pour parcs de jeu ou espaces verts. Désert jour et nuit…

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  2. reuze reuze

    Pour que ce dispositif fonctionne, il faut d’une part que le problème se situe effectivement du côté de l’offre commerciale (plutôt que la demande) et d’autre part que la préemption par la ville (avec l’argent du département) permette d’agir réellement sur ce point.
    À la lecture des extraits du rapport cités dans cet article, je doute que l’étude sur laquelle s’appuie la ville fournisse les éléments nécessaires pour en juger.

    Ce dispositif peut toutefois avoir un effet bénéfique si la ville se montre exigeante sur l’origine des fonds utilisés par les acquéreurs. On pourrait par exemple éviter l’implication de tiers qui ont l’habitude de rendre service aux futurs commerçants freinés par la liquidité de leur apport.

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  3. Lafcadio Lafcadio

    Une ville pauvre a des commerces de pauvres. Ce projet semble s’attaquer à un symptôme plutôt qu’à la cause.

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  4. Mathieu Trigon Mathieu Trigon

    Dans l’article il est écrit : “Sur ce point la mise en place en 2018 de l’Aire de valorisation de l’architecture et du patrimoine encadrera de manière très stricte les vitrines en pied d’immeuble. Son règlement imposera aux commerçants des prescriptions très précises sur leur devanture.” Un tel réglement existe depuis 2008. La preuve ici : http://archicom.canalblog.com/archives/2008/11/29/11564501.html
    Sur cette question aussi la municipalité fait preuve au mieux d’incompétence…

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    • Benoît Gilles Benoît Gilles

      Bonjour Mathieu, effectivement, ce règlement est précis sur les enseignes mais ne dit rien de la devanture en elle-même et de l’obligation d’avoir une vitre, une porte… Sur ce point, le règlement de l’AVAP est très précis. Mais je ne veux pas croire que cela n’existe pas par ailleurs. Je pense que le règlement des zones de protection du patrimoine architectural urbain et paysager (ZPPAUP) devait également avoir des prescriptions précises.

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      @Benoît Gilles. Exact, le règlement de la ZPPAUP Chapître-Noailles-Canebière-Opéra-Thiers de 1998 était clair sur les caractéristiques des devantures, si l’on en croit cet article : https://marseillemissionpossible.wordpress.com/2013/12/05/centre-ville-decrepi-cherche-regles-durbanisme-desesperement/

      Et il a été ouvertement ignoré sans que la mairie ne lève le petit doigt, conformément à sa politique de laisser-faire.

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  5. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Ces bonnes intentions ne pourront se concrétiser que si une politique *globale* de relance du centre-ville est mise en oeuvre sur le long terme (le maire actuel, qui n’est aux commandes de la ville que depuis deux décennies, n’a probablement pas eu le temps de la mettre en oeuvre…).

    Une politique globale, ce n’est pas seulement une politique de préemption des locaux commerciaux ou des prescriptions en matière d’architecture. C’est aussi faire respecter la réglementation existante en matière d’urbanisme, c’est aussi améliorer la “cyclabilité” et la “marchabilité” du centre-ville, c’est aussi réaménager et entretenir l’espace public, bref ! c’est rendre le centre-ville agréable à fréquenter. Ce qu’il n’est pas actuellement.

    Je sais que je me répète : entre des centres commerciaux impersonnels et aseptisés, mais propres et calmes, et des rues noires de pollution, bruyantes, encombrées de bagnoles, sales, amochées par des devantures clinquantes, le choix du chaland est vite fait. La carte le montre : la plupart des centres-villes des grandes métropoles de Province se portent bien. Il suffit d’y circuler pour comprendre pourquoi et pour voir ce qui manque à celui de Marseille.

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  6. LaPlaine _ LaPlaine _

    Nos chers élus feraient bien d’aller jeter un coup d’œil du côté du centre historique de Toulon pour mesurer ce qu’est un travail de fond.

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Oui, ici il y a le mistral, le soleil, tout çà…c’est compliqué et tellement fatiguant, faut s’atteler aux dossiers, divorcer d’avec FO…pas possible…

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  7. Tarama Tarama

    Gaudin, le type qui t’inocule la grippe et qui vient te soigner avec des remèdes pour le rhume. Ou le pompier pyromane.

    La mairie est directement responsable de la situation en ayant fait proliférer les centres commerciaux et surfaces commerciales dans la ville (rue de la République -échec-, Les Docks- échec-, Voutes de la Major -échec-, Capelette -terrain vague-, centre bourse, rue de Rome et Saint-Fé en difficulté, alors même que le centre commercial du Vélodrome n’est pas encore ouvert. Même à Bonneveine les locaux à louer se multiplient) soi-disant pour “redynamiser” Marseille et faire rentrer la taxe professionnelle dans les caisses vides de la ville plutôt que celles de Vitrolles ou des Pennes-Mirabeau (à quoi servent communauté urbaine et métropole dans ce cas ?).

    D’autre part, les mêmes favorisent (la gauche au pouvoir ne faisant guère mieux) une société où les salaires sont “compressés” et la “flexibilité” érigée en parangon de modèle économique.
    Et après ils voudraient que les gens mangent au restaurant tous les midis. Il faut du temps et de l’argent pour ça. Ce que beaucoup de monde n’a plus.
    A part peut-être Monsieur Fillon (https://www.youtube.com/watch?v=MJcUMKGCdrY).

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    • corsaire vert corsaire vert

      entièrement d’accord , bonne analyse …
      Fillon ne risque pas de manger au centre ville de Marseille, il aime trop la vie de château !
      Tous les sites commerciaux en jachère que vous citez font partie de plans établis au doigt mouillé par une politique de développement de la ville aveugle et stupide .

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Oui, l’argument des élus pour expliciter tous ces projets plus ou moins ratés, c’est “on verra bien si on s’est trompés”… Incompétents!

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    • Pascal L Pascal L

      J’ai un avis un peu différent. Marseille est une grande ville, il peut y avoir plusieurs sites commerciaux et pour les habitants au nord de la gare (par exemple les 3e 14e et 15e, leur permettre d’aller vers les terrasse du port plutôt que vers la Valentine, Plan de Campagne ou Vitrolles c’est bien. Mais les hyper centres ne permettent pas la voiture. Il faut donc une offre de transport en commun et c’est là que le bât blesse ! Dès qu’on habite hors du centre, il faut près de 45 minutes pour rejoindre le centre ville et autant pour en repartir. et entre ces zones commerciales il n’y a que des zones de chantiers ou des zones sales et encombrées qui ne donnent pas envie de flâner. Même l’esplanade toute neuve de la major se transforme en terrain vague à une vitesse ahurissante. Il faut être courageux pour oser s’assoir sur les bancs en pierre déjà couverts d’excréments qui ne sont nettoyés que par la pluie, entouré de scooters qui slaloment ou font des roues arrières sous les yeux de la police qui reste enfermée dans le commissariat tout proche.

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  8. Pitxitxi Pitxitxi

    Ca alors, en multipliant les projets de centres commerciaux en périphérie, la municipalité a fait péricliter l’offre commerciale en centre-ville, et a contribué à la basse des prix des loyers, facteur crucial pour que ce genre d’enseignes “prolifèrent” !

    Évidemment, ce genre de commerces où l’on retrouve du pauvre et du basané n’est pas du goût de nos dirigeants, fallait-il s’en étonner 🙂

    SI je pense que l’on est tous d’accord pour avoir une véritable revitalisation du centre-ville, je dois dire qu’à titre personnelle cela m’est égal de voir des snacks tant que propreté et sécurité sont au rendez-vous. Et puis, on va quand même pas reprocher à des gens de monter leur affaire et, si cela fonctionne bien, de créer de l’emploi ?

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Effectivement, que les fondamentaux (propreté etc) soient déjà remplis, après il sera temps d’envisager d’autres développements. Cette manière de balancer la poussière sous le tapis (ou plutôt les détritus dans le caniveau) est des plus irritante.

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  9. barbapapa barbapapa

    à Montpellier, à Toulouse, à Lyon, à Barcelone, les voitures sont à peine tolérées en centre ville, les piétons et les cyclistes sont respectés, les trottoirs sont larges, ou les rues étroites sont piétonnes ; à Montpellier, à Toulouse, à Lyon, à Barcelone, les services de nettoiement travaillent et oh surprise les rues sont propres, dans ces villes le commerce de centre ville est plutôt florissant.

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  10. patrick patrick

    La mairie donne son accord pour construire des centres commerciaux qui vident le centre ville et souhaite mettre en place des mesures pour dynamiser le centre ville, c’est pas ça la schizophrénie ?

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      S’il n’y avait que çà comme pathologie…

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  11. VALENTIN VALENTIN

    En discutant avec des commerçants et des restaurateurs, j’ai appris qu’ils étaient victimes de racket et d’intimidation et qu’il était très difficile pour un nouvel arrivant de s’installer sans “l’approbation” des autres commerçants d’une rue…Info ou Intox? Peut-être un futur article dans marsactu?

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