« Tous maires ! » : que sont devenues vos idées de 2014 ?

Décryptage
le 9 Jan 2020
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À l'occasion du lancement de notre carte participative des municipales, Marsactu fait le point sur l'avancement des propositions phares des internautes il y a six ans. Si une seule - la L2 - a été exaucée, environ la moitié est en cours de réalisation ou partiellement satisfaite.

Et après ? Lors des municipales de 2014, nous lancions une carte participative pour que les lecteurs de Marsactu proposent de futurs aménagements. Cette première édition a avant tout été un moment d’échange, avec 6600 votes et environ 1500 commentaires. Nous relançons cette année avec l’opération « Tous maires ! » (article de présentation à lire ici). Six ans après la première initiative baptisée Carticipe, que sont devenues les idées mises en avant ?

Parmi la vingtaine de bulles positionnées sur la carte, seule une a été complètement exaucée à ce jour : il s’agit de l’ouverture de la L2, sous la houlette de l’État, qui avait alors déjà signé un partenariat public-privé avec Bouygues. Une demi-douzaine est en cours de réalisation, ou partiellement satisfaite, même si la livraison débordera largement sur le prochain mandat. La majorité des propositions a été remisée dans les cartons, alors même qu’elle figuraient parfois dans le programme du candidat Jean-Claude Gaudin.

Pour participer à « Tous maires ! » c’est ici

Rétrospectivement, il est aussi intéressant de redécouvrir la primauté accordée aux transports, comme le notait dans son bilan quantitatif le cabinet Repérages urbains, à l’initiative de Carticipe. Un enjeu qui, loin d’avoir été nié depuis six ans, n’a connu que peu de traductions concrètes, englué dans le mur du financement des plus grands des chantiers. Voulu comme un miroir – forcément déformant – des aspirations des Marseillais, l’outil avait également montré une franche envie de verdure en ville, alors peu envisagée par les candidats de 2014… placée à l’honneur dans tous les discours de ceux de 2020. Le logement indigne, dont l’enjeu a été dramatiquement illustré depuis novembre 2018, était en revanche très peu présent sur la carte 2014.

« Terminer la L2 de toute urgence »

Après des décennies d’attente, la rocade qui contourne Marseille, aujourd’hui nommée A507 a été ouverte à la circulation en deux fois par l’État : la partie Est, qui relie l’A50 à Saint-Jérôme a été inaugurée par le président Hollande en décembre 2016, tandis que le deuxième tronçon, permettant le raccordement à l’A7 a été ouvert aux véhicules à l’automne 2018.

« Créer une piste cyclable sur la corniche »

L’idée faisait débat bien au-delà de Carticipe en 2014. Laissant au garage les réticences des élus de droite des 7e et 8e arrondissements, relayant celles exprimées par des riverains, la présidente de la métropole Martine Vassal en a fait un symbole de son « plan vélo », non sans avoir été aiguillonnée par le président du conseil régional Renaud Muselier, qui a mis 700 000 euros sur la table. Les travaux s’étaleront toutefois sur 4 ans jusqu’en 2022.

« Des navettes maritimes à l’année »

Depuis septembre dernier, et pour la première année, la navette maritime RTM qui relie le Vieux-Port à l’Estaque a continué ses trajets après la fin de la période estivale. Les rotations sont toutefois moins étendues et correspondent aux horaires de bureaux : deux départs de l’Estaque et depuis le Vieux-Port chaque matin, et l’inverse le soir. Un service qui a pour le moment un statut « expérimental ». La navette pour la Pointe-Rouge n’est pour le moment pas concernée.

« Requalification du cours lieutaud »

Rares sont les Marseillais qui ont pu louper les travaux en cours sur l’une des principales artères du centre-ville. En misant sur un allègement du trafic grâce à la rocade L2, le cours s’apprête à rompre avec son image de succession de pots d’échappement : trottoirs élargis, pistes cyclables et réduction du nombre de voie sont prévus. Le chantier, démarré au printemps 2019, devrait être bouclé à l’été 2020.

« Transformer la place Castellane »

« Profiter du chantier du tram pour redessiner complètement la place Castellane qui laisse une place énorme pour la voiture ». Ce vœu est exaucé dans les plans de la métropole, qui ont été présentés en 2018. Fini le rond-point, la place sera traversée par un simple virage entre l’avenue du Prado et le boulevard Baille.

« Aménager les bords de l’hUveaune après le boulevard michelet »

Cette idée là aura attendu quelques mois avant la fin du mandat pour être reprise concrètement. Le cheminement piéton et cyclable des berges de l’Huveaune, qui se limite aujourd’hui au tronçon entre le parc Borély et le boulevard Michelet, est désormais au stade des études. La métropole a confié à la société publique Soleam le soin d’aménager les rives du fleuve jusqu’à Saint-Menet, avec un lancement des travaux « au mieux l’été prochain, au plus tard en 2021″, a indiqué son président Gérard Chenoz à Made in Marseille.

« Créer des WC publics »

Le dossier a fini par se débloquer, alors que les précédentes toilettes publiques étaient quasiment toutes devenues hors-service. En septembre 2019, la métropole a lancé l’installation d’une quinzaine de WC en centre-ville, avec pour objectif d’atteindre le nombre de 48 courant 2020 et 60 en 2022.

 « Halle Colbert »

C’était la superstar des idées du Carticipe de 2014, avec 122 votes positifs. Son initiateur proposait de « réhabiliter l’ancienne poste Colbert en marché couvert de produits locaux, à l’image de la Bocqueria de Barcelone ». Une idée, localisée dans ce bâtiment vacant à deux pas du Vieux-Port, qui était déjà défendue en 2009 par la fédération de commerçants Marseille Centre, reprise par le chef étoilé Gérald Passédat puis l’ex maire PS des 1er et 7e arrondissements Patrick Mennucci. La Poste a préféré engager une rénovation d’envergure pour y aménager des bureaux et le manque est toujours souligné, comme en 2016 par notre chroniqueur Ezéchiel Zérah. La métropole a néanmoins évoqué un projet de halle du côté de la Joliette, à l’occasion de la présentation de son plan pour l’agriculture urbaine.

« Tram littoral »

En plus (ou à la place) d’une piste cyclable, certains souhaitaient un tram littoral « pour aller à la plage, pour longer les beaux paysages de la Corniche, pour aller plus facilement randonner vers les calanques ». Une ambition absente du plan de déplacements urbains voté en décembre 2019 par la métropole, même si le tram sera amené jusqu’aux Catalans.

« Parcours de Jogging sur la digue du large »

C’était du 25 mai au 29 septembre 2013, les week-end et jours fériés. Un kilomètre de digue du large était accessible au public, via une navette gratuite partant du Mucem, dans le cadre de la capitale européenne de la culture. Un goût de trop peu pour un Carticipant qui rêvait d’un « parcours jogger ou cycliste » sur les 7 km de l’ouvrage portuaire. Mais, si la liste Debout Marseille ! en a fait un de ses premiers événement de campagne, en décembre 2019, la pression pour vaincre les arguments sécuritaires du grand port maritime (GPMM) n’a pas eu de relais institutionnels. La digue a seulement accueilli une œuvre d’art éphémère, faite de conteneurs, en 2019.

« Rénover le cours julien »

Un « concours d’urbanisme pour une requalification complète du cours Julien » ? L’idée, justifiée par un espace public vu comme incohérent et mal entretenu – et soutenue par 54 personnes sur Carticipe -, n’a pas vraiment trouvé d’écho. Non loin de là, c’est le chantier de la Plaine qui a concentré l’attention de la municipalité, avec un intense débat pas encore refermé.

« Créer un véritable RER »

Marseille compte douze gares, « sous exploitées » qui pourraient être utilisées « comme RER à l’échelle de la métropole », espérait un Carticipant, sur un sujet plutôt du ressort de la région et la SNCF. La réduction de la desserte de la halte d’Arenc, pourtant au coeur de l’opération d’aménagement Euroméditerranée, a montré qu’on en était encore loin. Et lorsque des travaux promettent d’améliorer la fréquence, comme sur la ligne Aix-Marseille, qui traverse les quartiers Nord, il faut avant cela passer par plusieurs années de service dégradé. Quant au grand projet de la ligne nouvelle, qui promet une « révolution » en la matière, il n’est pas attendu avant 2026, ce qui nous a empêché de noter l’idée comme « en cours ».

« Reconstituer une vraie plage à l’Estaque »

Du sable plutôt « que des anneaux de plaisance et un littoral si bitumé » ! Ce souhait pour l’Estaque avait recueilli 44 votes favorables. Une perspective pas si utopique, sachant que le plan « Plages et littoral 2010 – 2020 » voté quatre ans plus tôt par la municipalité, prévoyait une « extension des plages de Corbières ». Mais si ce plan a été suivi d’effet aux Catalans et à la Pointe-Rouge, le nord a été oublié, tandis que le grand port maritime de Marseille pataugeait dans sa volonté d’ouverture au public des quais de la Lave.

« Rouvrir la piscine de luminy »

Fermé depuis 2008, ce bassin en plein air de 50 mètres continue de dépérir. Un appel à candidature a été lancé en 2016 pour confier sa renaissance avec un opérateur privé, mais aucune avancée n’a été rendue publique depuis. Le fait que l’appel à candidature englobe aussi la piscine d’Euromediterranée, en zone inondable, pourrait ralentir le processus.

« Métro Ligne 3 »

Rendez-vous dans dix ans. C’est en résumé la réponse de la métropole à un Carticipant qui proposait de « créer une troisième ligne de métro entre le campus Saint Jérôme et Mazargues ». Dans son plan de déplacements urbains, la collectivité explique qu’une ligne Merlan – Bonneveine fait partie des huit grands projets non retenus mais qui « pourront faire l’objet d’une programmation après 2030 » (à ne pas confondre avec le lancement des travaux). En 2014, le programme de Jean-Claude Gaudin promettait pourtant que « les études techniques seront finalisées d’ici deux ans » pour la branche sud.

« Piétonniser Noailles »

L’idée avait été esquissée dans le projet de rénovation du quartier puis repoussée. Finalement, la requalification du centre-ville lancée au pas de charge par la métropole début 2019 a tranché : tandis que le bas de la Canebière est devenu piéton, la majorité des rues de Noailles sont « zones de rencontre » où les voitures sont autorisées à 20 km/h. Une partie du trafic détourné passe même par le bas de la rue d’Aubagne, après avoir emprunté l’étroite rue Vacon.

Lisa Castelly et Julien Vinzent

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Commentaires

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  1. N SV N SV

    La piscine Luminy, comme les autres de Marseille, c’est quand même scandaleux.

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