La Poste Colbert bientôt mise en vente

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Hugo Lara
3 Mai 2012 13

Ampère, Coulomb, Volta et Faraday trônent fièrement sur la façade protégée de l’Hôtel des Postes de la rue Colbert. Mais les quatre scientifiques, aux visages figés au dessus du grand hall d’entrée, ne voient plus grand monde depuis la fermeture du bâtiment en 2009.

L’immeuble qui faisait la fierté de l’Etat à son inauguration en 1891, est devenu au fil du temps un fardeau financier pour La Poste. Des coûts d’entretien monumentaux ont probablement poussé la firme à délaisser ces lieux au profit d’espaces clients plus économiques. Cinq ministres de la troisième république s’étaient pourtant déplacés pour couper le ruban de la "recette principale" (un terme issu du jargon des PTT). Ce chef d'oeuvre de l'architecture rationaliste dont "la beauté est liée sa technicité" hébergeait services de messageries au rez-de-chaussée et télégraphes à l’étage.

Après deux années d’oubli, La Poste a intégralement acheté le bâtiment en avril 2012, qu’elle détenait  en indivision avec France Télécom. L'acte notarié qui doit être signé dans les semaines à venir, permettra à  la société de le mettre officiellement en vente. Grand magasin, bureaux, marché ? La société affirme qu'elle "réfléchira" avec la mairie sur les propositions de requalification.

Un "marché provençal" vaguement évoqué

Signé par Joseph Huot, architecte de la ville à la fin du XIXe, et à qui l'on doit également les Abattoirs de Saint-Louis, ce temple des communications a été intégré par la mairie à une ZPPAUP (Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager), qui vise à protéger la valeur patrimoniale du bâtiment.

En 2010, le maire PS du 1/7 Patrick Mennucci avait mis en exergue l'idée d'une transformation en marché provençal, glissée par le célèbre cuisto marseillais Gérald Passédat. Le chef étoilé imaginait l'aménagement d'une halle à l'image de La Bocqueria de Barcelone, où les restaurateurs viendraient s'approvisionner en produits frais locaux. Près de trois ans après cette vague évocation, l'élu du 1er secteur avoue que rien n'a évolué.

La poste Colbert inspire, et fait fleurir des idées de requalification chez les artistes. Louis Alessandrini, porteur de l'Alter Off 2013, souhaiterait transformer le bâtiment en "centre de création". "Nous pourrions avoir des ateliers en sous-sol, des salles d'exposition au rez-de-chaussée et des logements d'artistes au premier étage" rêve l'homme, qui souhaite que les villes adoptent un "quota d'espaces artistiques", à l'image des ratios de logements sociaux.

Et si un fast-food ou une énième boutique d'opérateur de téléphonie mobile envisageait de racheter le bâtiment ? La mairie pourrait toujours exercer son droit de préemption dans l'éventualité où un projet ne lui conviendrait pas, comme elle avait menacé de le faire avec l'ancien siège social de la SNCM, finalement racheté par Eiffage et ANF.

Pour les passionnés, le plan et la description détaillée de la Poste Colbert d'après La Construction Moderne, extrait des archives de la ville :

La Poste Colbert Archives

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Hugo Lara
A grandi des les collines du Rove, passé par Marsactu en stage. "Je m'en vais pour mieux revenir. Marseille restera toujours mon port d'attache. Je suis très attaché au patrimoine urbanistique éclectique de Marseille."


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