La mairie de Marseille sort deux écoles de son PPP pour limiter leur retard

Actualité
le 2 Avr 2019
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Saturé depuis des années, le 3e arrondissement devait bénéficier en 2021 de deux écoles neuves via un partenariat public-privé lancé par la municipalité. Après l'annulation par la justice de ce méga-contrat, 34 écoles au total, Jolie Manon et Docks Libres vont être construites avec une procédure plus classique. Et au moins deux ans de retard.

En 2016, une manifestation des parents d'élèves pour demander l'ouverture de classes à la Busserade (3e). Photo : Esther Griffe

En 2016, une manifestation des parents d'élèves pour demander l'ouverture de classes à la Busserade (3e). Photo : Esther Griffe

Le PPP des écoles s’effiloche. En adoptant ce lundi la construction de deux écoles dans le 3e arrondissement, la Ville a porté un premier coup de canif dans son plan « école d’avenir ». Les deux groupes scolaires en question, baptisés Jolie Manon et Docks Libres, figuraient dans le programme initial du partenariat public-privé.

Officiellement pourtant, la Ville veut défendre en appel son contrat à un milliard d’euros après son annulation par le tribunal administratif. Cette contradiction n’a pas été soulevée en conseil municipal qui a préféré débattre âprement sur le futur audit des écoles. Mais pour Danièle Casanova, l’adjointe à l’éducation, la cause est entendue : il faudra revoter. « Le calendrier sera très serré mais on peut encore passer une délibération au conseil municipal d’octobre, car il faudra forcément revoir le marché compte tenu du fait qu’on a retiré deux écoles neuves. Ensuite, il ne restera plus que le conseil de décembre, dernier conseil de ma mandature. C’est dommage car ce contrat de partenariat était en quelque sorte mon testament politique. »

« Aucune école avant 2023 »

Le retard pris ne sera pas rattrapé, expose la municipalité dans sa délibération : « Le délai imposé par le recours devant la cour administrative d’appel remet en cause le calendrier », justifie-t-elle. Oubliée donc la construction express de quatorze établissements pour une ouverture en 2021. Cette rapidité était pourtant l’un des arguments clés en faveur du PPP. Même si la cause du retard est juridique et non technique, il s’agit là d’un premier échec. Ce retour à une maîtrise d’ouvrage publique (MOP) signifie un retard supplémentaire puisque la mairie est incapable en pilotant elle-même le chantier de suivre le rythme d’un partenaire privé. C’est ainsi que Jolie Manon et Docks libres sont annoncées pour la rentrée 2023.

« Aucune école nouvelle ne sortira d’ici 2023 », ne peut que déplorer à la sortie de l’hémicycle la maire des 2e et 3e arrondissements Lisette Narducci. Pour la première fois, face à ce constat d’une précarité scolaire jamais résorbé, l’élue a rompu son accord « technique » d’entre-deux tours signé avec Jean-Claude Gaudin en 2014, en s’abstenant sur le budget et en quittant la majorité.

28 écoles GEEP dans le flou

À côté des deux écoles évoquées ce lundi en conseil, les douze autres écoles de la première vague restent elles dans le plus grand flou. Elles font partie des vingt-huit groupes scolaires « GEEP » ciblés par cette opération d’envergure, en vue d’une démolition-reconstruction. L’enjeu est pourtant criant : hérités d’une vague de construction préfabriqués, ces établissements ont mal vieilli, entre une mauvaise isolation et des possibilités d’adaptation restreintes. « Un ripolinage ne suffira pas », a estimé Jean-Claude Gaudin, en réponse aux propositions portées par le collectif « Pour une rénovation des écoles ».

« Je suis très inquiète pour les écoles GEEP car même si la dangerosité peut être limitée par des normes incendie plus strictes, il reste que la structure métallique pose des problèmes de fenêtres et de porte qu’on ne peut pas régler par une rénovation. Or si on passe par une maîtrise d’œuvre classique on mettra dix ans à les rénover », alerte Danièle Casanova. Pour elle comme pour la municipalité, la piste privilégiée reste donc une validation en appel de la procédure de PPP ou un nouveau vote en cas de défaite judiciaire. Cela supposerait que le calendrier de la cour administrative d’appel épouse celui des municipales en permettant que la nouvelle délibération intervienne en décembre pour le dernier conseil municipal de Jean-Claude Gaudin. Dans tous les cas, le nouveau maire pourrait encore faire machine arrière sans trop de dommages.

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