Grève des poubelles : fin de la crise mais pas des négociations

Décryptage
le 22 Déc 2021
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Le dernier syndicat mobilisé, FO a annoncé lundi la fin de sa grève du ramassage des poubelles. Les 2800 tonnes de déchets toujours amassés dans les rues vont disparaître d'ici quelques jours, mais les négociations sur l'organisation des journées des éboueurs se poursuivront début 2022.

Les poubelles débordent boulevard National vendredi 16 décembre 2021. (Photo SL)

Les poubelles débordent boulevard National vendredi 16 décembre 2021. (Photo SL)

À deux jours du réveillon de Noël, les poubelles jonchent toujours les rues de Marseille. La réquisition, vendredi 16 décembre par la préfecture de police, d’une partie des agents grévistes pour trois jours, n’a visiblement pas suffit à résorber les tonnes de déchets accumulés (voir encadré). Mais cette fois-ci, la fin de la grève du ramassage des poubelles est officiellement décrétée depuis que Force ouvrière, le dernier syndicat en grève, a annoncé l‘arrêt de sa mobilisation lundi.

Je me réjouis que le dernier syndicat ait appelé à la reprise du travail“, commente Yves Moraine, élu métropolitain (LR), qui a repris, il y a un mois, les négociations avec les syndicats. En réunissant la CGT, FO, l’Unsa, la FSU et la CFTC autour de la table, l’élu était parvenu le 14 décembre dernier à un accord concernant le temps de travail des éboueurs juste avant le couperet de la loi, qui s’appliquera au 1er janvier. La pénibilité sera traduite par une réduction de 15% du temps de travail légal. Les agents travailleront ainsi 29,75 heures par semaine, au lieu de 35 comme l’impose la loi sur la fonction publique.

Le dernier coup de pression de FO sur la métropole

Parmi les avancées obtenues lundi selon FO : “l’aménagement des journées pendant la crise sanitaire”, “l’obtention d’une prime de dimanche et jour férié” de 100 euros et l‘”harmonisation des primes de tous les territoires en juin”. À l’heure de la rédaction de cet article, ni Yves Moraine, ni le service de communication de métropole n’ont confirmé ces informations. Ces avantages que FO aurait obtenus ne portent en tout cas pas sur la réduction du temps de travail. Sachant que la délibération posant le cadre horaire a été votée lors du dernier conseil métropolitain du vendredi 16 décembre, les chances de la voir rectifiée étaient de toute façon quasi nulles.

FO avait pourtant revu à la hausse ses revendications sur le sujet pour justifier la poursuite de sa mobilisation. “Quand on nous a dit que c’était impossible de dépasser 9,5% on a fait ce qu’on pouvait. Mais dès lors qu’il n’y a pas de plafond, si on veut répondre à la vraie revendication des agents, c’est 35%, puisque la métropole accepte de prendre le risque devant le préfet”, argumentait Patrice Ayache, secrétaire général adjoint. Ce changement soudain de positionnement a étonné. “FO ne savait plus comment sortir de cette histoire. Ils ont appelé à reprendre le travail sur des demandes qui ne concernent pas l’accord, donc ils ne remettent plus en cause celui-ci”, analyse une source proche du dossier. La veille du vote à la métropole, dans une mise en scène télévisée sur BFMTV Marseille, Patrick Rué et Yves Moraine campaient sur leurs positions. “C’est un syndicat qui a une belle histoire avec cette ville, mais c’est incohérent et dangereux qu’il n’accepte pas cet accord“, répondait Yves Moraine qui refusait de rouvrir des négociations.

De nouveaux rebondissements à venir

Malgré le dernier compromis trouvé lundi, plusieurs représentants syndicaux semblent penser qu’une intervention du préfet sur la réduction du temps de travail à 15% est inévitable. Ce dernier, chargé du contrôle de la légalité des délibérations votées par les collectivités territoriales, a, d’après nos informations, envoyé un courrier à la métropole indiquant qu’une réduction du temps de travail au-delà de 9,5% ne serait pas envisageable. Concrètement, il pourrait retoquer la délibération et demander au tribunal administratif de se prononcer.

La question du rythme de travail des éboueurs est donc loin d’être définitivement tranchée. Le déroulement de leur journée doit encore être négocié territoire par territoire. À Marseille et à Istres, par exemple, le besoin n’est pas le même, ni la quantité de déchets. Il sera question notamment du nombre de repos compensateurs qui définira leur temps de travail journalier, mais aussi des moyens de contrôle comme les badgeuses. “Les comités techniques paritaires pour définir les cycles de travail vont se réunir dès le mois de janvier. Ensuite, il y aura des réunions avec l’intersyndicale deux fois par an pour éviter de nouveaux blocages“, précise Yves Moraine. Même son de cloche du côté de Patrick Rué qui estime que “les discussions ne sont pas terminées“.

2800 tonnes de déchets entassés et 160 arrêts maladie
Selon la métropole, il restait 2800 tonnes de déchets à ramasser ce mardi. “J’ai reçu beaucoup d’appels d’agents qui commencent à 19 h 30 et qui terminent à 2 heures pour tout nettoyer, s’inquiète Christophe Pelissier, secrétaire général de l’Unsa. Dans le 11e, ils collectent plus de 20 tonnes par jour !”Ça ne peut pas se nettoyer en un passage, je pense que huit jours seront nécessaires. En tout cas les poubelles ne vont plus grossir“, considère pour sa part Serge Tavano, secrétaire général de la FSU. Cet effort supplémentaire est rendu difficile par le nombre de personnels absents. À ce jour 60 agents du privé sont mobilisés pour pallier les 160 absences pour maladie chez les agents métropolitains comptabilisés lundi, la cinquième vague de Covid n’ayant pas amélioré la situation. D’après Yves Moraine, les 4e, 5e, 6e, 7e, 11e et 12e sont les arrondissements les plus touchés par ces arrêts.

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Commentaires

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  1. Brallaisse Brallaisse

    Le message est clair,le couvert va être remis par FO .
    Moraine fait le matamore,mais nous savons comment cela va se terminer sauf si le préfet fait le ménage.

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  2. Dark Vador Dark Vador

    Yves Moraine, premier prix (sans doute le seul qu’il ait eu de toute sa carrière) d’humour involontaire à l’insu de son plein gré : ““C’est un syndicat qui a une belle histoire avec cette ville”… Belle histoire vraiment? Depuis des décennies que FO cogère la ville (à se demander parfois s’il ne la dirigeait pas), depuis des décennies que les embrouilles, passe-droit et autres conflits d’intérêt sont la marque de fabrique de ce syndicat. Tous les Marseillais connaissent l’équation : FO = mafia, avec Môssieur l’Ingénieur Rué à sa tête, même et surtout si sa sent le sapin pour lui (normal c’est Noël). Vite, 2022!!!

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  3. Zumbi Zumbi

    Tiens donc, Rué revient ? Il n’est pas patron d’une mutuelle ? Il y a quelque temps il s’était offert une campagne de pub, la seule au monde où pour vanter un produit l’argument de vente était le portrait du boss…

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  4. Dark Vador Dark Vador

    Mdr! Je ne sais pas si sa trombine a fait vendre mais perso, c’est pas le type de physique qui donne envie d’adhérer… Ou alors pour une société dans le funéraire… 🤣🤣🤣

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  5. BRASILIA8 BRASILIA8

    La Métropole propose 15% alors que le Préfet n’acceptera que 9,5% autrement dit le problème n’est pas réglé, rendez vous en 2022 pour une nouvelle grêve

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  6. Dark Vador Dark Vador

    Dans les faits, Rué est depuis un moment démonétisé, son remplacement sera pour 2022. En attendant, histoire de se refaire la cerise, il fait ce qu’il a toujours fait : de la surenchère, plus c’est gros… Puisque avec son pote Jean-Claude, ça a bien fonctionné, il a pensé employer la même tactique. Une fois de trop.

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  7. Brallaisse Brallaisse

    Ruè est quand même un cas, il arrive à démonter à lui seul que la théorie des jeux de John von Neumann , n’est pas à somme nulle. Mais il est vrai qu’entre la “quiche” Moraine et Rué en matière de nullités nous avons là deux éminents spécialistes.

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      La quiche Moraine. Pardon, mais je n’arrête pas de rire.

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  8. ruedelapaixmarcelpaul ruedelapaixmarcelpaul

    Moraine est absolument fabuleux. Il baisse son froc devant FM et se réjouit…

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    • ruedelapaixmarcelpaul ruedelapaixmarcelpaul

      Devant FO*

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  9. printemps ete 2020 printemps ete 2020

    Il faut vider les poubelles et nettoyer ,
    Il y a bien une solution ,
    Requisitionner ,il y a des rats qui montent dans les etages ,qui ont mordu des enfants …etc ..etc…
    C’est juste PAS POSSIBLE !

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  10. Dark Vador Dark Vador

    J’ai lu quelques part qu’il y avait plus de 5000 agents affectés au service du nettoiement, notamment des cantonniers. Ces gens sont gérés par la Métropole je suppose, en tous les cas, je mets au défi la plupart des lecteurs de Marsactu de dire quand est-ce-qu’ils ont vus un cantonnier à l’oeuvre? Personnellement, habitant du Veme, ça fait plusieurs semaines que je n’en ai pas aperçu un seul… Rien à voir avec la grève, c’était déjà le cas avant 😆

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    • CAT13 CAT13

      Exactement j’ai l’impression que la grève des éboueurs semble un argument pour ne pas nettoyer les rues, avec le mistral qui a soufflé ma rue offrait un spectacle désolant, en 2022 bientôt dans un pays développé c’est scandaleux; on a affaire à une mafia.

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  11. GlenRunciter GlenRunciter

    La “système” FO ne peut plus durer, ce n’est pas possible. Vous imaginez l’image que l’on donne de notre ville ?

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