Enfin doté d’une tête de liste, le Printemps marseillais se lance dans la campagne

Reportage
le 11 Jan 2020
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Vendredi soir, le Printemps marseillais, liste d'union à gauche, présentait publiquement sa nouvelle tête de liste, approuvée par un vote des sympathisants. Après des semaines de tensions internes, place à l'euphorie du lancement de campagne.

L'enjeu

Seule candidate, Michèle Rubirola a été désignée tête de liste pour le rassemblement d'union à gauche par le vote de plus de 2000 sympathisants.

Le contexte

Depuis plusieurs mois, le Printemps marseillais était traversé de tensions quant au choix de la tête de liste. La question des alliances avec les Verts et une partie des Insoumis reste en suspend.

L’équipe est la même que depuis le début, mais la feuille de match légèrement différente de celle que tout le monde imaginait il y a encore quelques semaines. Dans une salle remplie à bloc, entourée de Sophie Camard (FI), Jean-Marc Coppola (PCF) et Benoît Payan (PS), Michèle Rubirola salue la foule qui l’ovationne. « L’espoir est là, le Printemps est là ! », lance dans l’euphorie ambiante celle qui vient d’être désignée candidate par un vote ayant recueilli, selon les chiffres du mouvement, plus de 2000 suffrages. Un scrutin sans grand enjeu – elle était seule en lice – si ce n’est, justement, celui de voir combien de signataires du texte paru en juillet pour « un mouvement sans précédent » se mobiliseraient pour prendre part au vote, en ligne ou en physique.

Au vu du chiffre de participation avancé et des deux ou trois cents personnes qui ont fait le déplacement pour saluer la nouvelle candidate, les semaines d’attente n’ont pas eu raison de la ferveur des sympathisants. Sur une petite estrade, esquichée au milieu des 15 autres membres de l’équipe élue, la conseillère départementale n’a que quelques mots à prononcer pour déclencher les vivats. « Oui, je veux être la maire de Marseille ! », lance-t-elle avant de dérouler, dans un discours concis et un subtil dosage entre le « nous » et le « je », les fondamentaux du mouvement pour une ville « plus verte » et « plus juste ». 

Sans surprise, celle qui est suspendue d’Europe écologie-Les Verts (EELV) pour sa dissidence met l’accent sur l’environnement. Elle souhaite « des transports en commun plus fréquents et moins chers » mais aussi « faire revenir la nature en ville ». « Marseille ne sera plus la ville la plus polluée de France », promet-elle devant l’auditoire chauffé à bloc. Des thématiques que le Printemps marseillais brandit comme un étendard en direction de la liste EELV aujourd’hui concurrente.

Encore « du monde sur le chemin »

Façon de dire que les convictions écologiques au sein de la liste sont bien réelles, mais aussi que si la division perdure, la candidate et son équipe sauront manier ces sujets aussi bien que leurs anciens alliés. Dans le même temps, dans un autre quartier de la ville, les écologistes inauguraient leur local de campagne boulevard Chave. Devant la presse, ils ont maintenu le principe d’une liste autonome au premier tour, malgré les déclarations plus nuancées du secrétaire national d’EELV Julien Bayou.

En dépit de la forte affluence, on n’aperçoit pas non plus dans la salle de représentants des Insoumis, malgré les paroles d’ouverture prononcées par Jean-Luc Mélenchon jeudi. « Bien sûr qu’on laisse encore du monde sur le chemin, concède Sophie Camard, la suppléante du député des Bouches-du-Rhône, mais des gens nous rejoignent tout le temps. Je vois dans la salle des visages que je n’ai pas vus depuis longtemps, des Insoumis qui étaient là en 2017, des écolos. La porte est toujours ouverte. Les autres prendront leurs responsabilités. »

À demi-mots, dans chaque camp, les uns et les autres reconnaissent des discussions toujours en cours. « Mais maintenant, nous, on part en campagne, on ne réenclenche pas la négociation comme elle a pu avoir lieu jusqu’ici ça a été assez dur comme ça », lâche Sophie Camard qui veut aujourd’hui distinguer « ceux qui pensaient que l’échec était inévitable, et ceux qui ont vraiment cru à l’union ».

« Pour Vassal et Ravier, on est préparés »

« La dynamique est de notre côté », soutient aussi Jean-Marc Coppola qui dit se sentir « propulsé », tandis que les « on va gagner ! » résonnent dans la salle et que les premières demandes de selfies avec la candidate arrivent. Tout au long de la soirée, les marques d’affection et de soutien envers Benoît Payan sont tout aussi nombreuses, beaucoup y allant d’une tape sur l’épaule ou d’une accolade pour saluer « le courage » et les qualités de celui qui a renoncé lundi à briguer la tête de liste pour ne pas « servir de prétexte à la division ». Dans son discours, Michèle Rubirola lui a rendu un hommage appuyé, saluant le « sens des responsabilités » du socialiste voyant même dans son geste « la première pierre de la victoire ». Un geste qui a fait taire les discordes au sein du mouvement, en faisant renoncer ceux qui comptaient monter une liste concurrente pour le scrutin interne.

Reste désormais, deux mois avant le premier tour, à se préparer à faire campagne, avec ou sans alliance élargie, face aux autres camps : LREM, la droite divisée, le RN. « J’ai toujours dit que j’étais prête et disponible pour y aller », assure, confiante, la candidate. « On sait que dans son propre camp, les affrontements sont toujours plus violents. Pour Vassal et Ravier, on est préparés », ironise quant à elle Sophie Camard.

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Commentaires

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  1. Richard Mouren Richard Mouren

    Allez, les gens, on y va ensemble, tous ensemble? Pour une fois on accepte le risque de se retrouver aux manettes en sortant d’une opposition bien confortable? Pour une fois on essaie vraiment de gagner ensemble sur une plate-forme minimum en oubliant les égo (de quelques arrondissements qu’ils proviennent )? Ca ne sera jamais pire que ce qui nous attend avec la droite. Pour une fois on évite de multiplier les listes au premier tour pour compter chacun ses voix à soi? Sinon c’est Vassal à tous les coups, la droite soi-disant divisée, LREM sans implantation locale, tous se rallieront au deuxième tour.

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  2. barbapapa barbapapa

    Michèle Rubirola, meilleure candidate qui fait passer Marseille avant son parti, Benoît Payan qui fait passer l’union avant ses capacités à diriger une grande ville, Sophie Camard qui fait aussi passer l’union à Marseille avant son parti, les grandes lignes du programme sont bonnes, il y a du dévouement et de la dynamique ! EELV , les insoumis et les autres ont, in tout intérêt à se rendre à l’évidence et à très vite venir travailler au succès commun !

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    • Germanicus33 Germanicus33

      Soyons optimistes, je le crois aussi !

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  3. Dark Vador Dark Vador

    A l’unisson avec les propos de #richardmouren & #barbapap : espoir enfin de tourner la page Gaudin? J’en forme le voeux pour 2020!

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  4. didier L didier L

    Il y a une dynamique au-delà des habituelles logiques partisanes et d’appareils, c’est un bon signe … Mais il reste EEV avec eux c’est jouable, sans eux les voix vont de partager au premier tour au bénéfice du RN, de Vassal et des autres, au deuxième tour mieux vaut ne pas envisager une périlleuse triangulaire. Et puis il y a le programme, verdir la ville, c’est sympa c’est nécessaire, mais ça ne fait pas un programme.

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  5. julijo julijo

    Youpi, c’est une grande bonne nouvelle !!
    On va enfin pouvoir passer à autre chose et élaborer un programme !!!!

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  6. Malaguena/Jeannine Malaguena/Jeannine

    re Youpi, je ne vote pas à Marseille,n’y habitant que par intermittence, mais je me dis que là c’est peut être sa chance, et laisser tomber EELV et barles ils ont le « melon » comme on dit à Marseille. Et la chute pour eux sera rude!!

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  7. patrick patrick

    bon c’est une super nouvelle, j’espère que barles ne va pas tout faire capoter en faisant une liste mais avec le melon qu’il se tient je crains le pire.

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  8. Tarama Tarama

    Bravo, enfin !
    Bravo aux personnes qui ont œuvré, non sans difficultés, à ce rassemblement, et qui ont mis l’intérêt collectif au delà de leur intérêt individuel.

    L’espoir pour Marseille est-il à nouveau permis ?

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    • chouze chouze

      Je dirai oui pour peu qu au second tour ,les listes ecolos fusionnent , avec celle du Printemps Marseillais.

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  9. Germanicus33 Germanicus33

    Le Printemps marseillais nous ouvre la perspective de rendre Marseille aux Marseillais, après 24 ans de gabegie taclée par les tribunaux, l’ère de Vinci et du tout voiture…
    Les écologistes rejoindront Michèle Rubirola lors des municipales, au premier ou au second tour!
    Et nous aurons enfin une maire…

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  10. corsaire vert corsaire vert

    ESPOIR ENFIN !!!!!

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