À Saint-Just, un pique-nique protestataire pour dénoncer la grève des cantines

Actualité
le 14 Déc 2018
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Après une semaine de grève des surveillantes dans les cantines scolaires, une dizaine de parents d’élèves ont organisé un pique-nique dans l'école de Saint-Just pour protester contre la situation de blocage actuelle. Ils dénoncent "l'inaction de la mairie".

Une dizaine de parents d'élèves se sont installés dans la cour de l'école Saint-Just. (Crédit photo Chloé Mayer)

Une dizaine de parents d'élèves se sont installés dans la cour de l'école Saint-Just. (Crédit photo Chloé Mayer)

« Nous, parents d’élèves, sommes pris en otage ! » Paquets de chips, pizzas et sandwichs sont au menu ce jeudi, pour agrémenter un pique-nique de contestation tandis que les cantines sont fermées pour cause de grève. Les parents d’élèves du groupe scolaire Saint-Just, dans le 13e arrondissement, ont du mal à digérer cette situation qui se répète depuis plusieurs années maintenant. Ils étaient une cinquantaine de parents à 11 h 45 devant les grilles de l’école primaire. Dissuadés par le plan vigipirate, seulement une dizaine d’entre eux ont pu s’introduire et occuper les marches devant la cantine, dont les portes sont closes depuis une semaine. Ils se sont rassemblés à la suite de l’appel du collectif Superminots sans cantine, créé lundi dernier par Karine Muller, membre de l’association parent d’élèves MPE13. Le motif de leur colère ? « L’inaction de la mairie » face aux grèves en pointillés des agents territoriaux dans les cantines scolaires.

Des parents dépassés qui tentent de s’organiser

Entre colère et compréhension, les parents qui ont réussi à passer le barrage formé par les institutrices, s’indignent et sont tous d’accord pour dénoncer une situation « catastrophique ». Laure Toscano, une maman venue protester sans faire partie de l’association de parents d’élèves de Saint-Just ajoute : « la situation est grave pour les parents qui sont obligés de s’organiser pour récupérer leur progéniture tous les midis à cause des grèves« .

Pour certains, comme Fatima El Abbadi, venir chercher ses enfants pour le repas de la mi-journée pose d’énormes difficultés, notamment professionnelles. « Ils ont organisé une réunion au travail pour parler spécifiquement de mon cas. Ils m’ont demandé de prendre des congés anticipés et de ne travailler que sur des demi-journées jusqu’à la fin de l’année« . La fille d’Abdelmounain Chaachoui, quant à elle, avoue avoir loupé l’école lundi et mardi. Sa mère est hospitalisée et son père ne pouvait se libérer de son travail car il a déjà consommé, les mois précédents, tous ses RTT pour cause … de grève de cantine.

D’autres parents racontent la fatigue qu’engendrent ces mouvements de grèves à répétition, pour eux-même mais aussi pour les agents territoriaux. « C’est insupportable pour les parents comme pour le personnel. C’est important pour les filles qui travaillent dans les écoles d’être en nombre pour assurer la sécurité des enfants. Une fille qui se retrouve avec cent minots c’est dingue ! Ça en devient même dangereux ! » souligne Agnès Goudard, élue au bureau des parents d’élèves.

Cruel manque de « tatas »

Dans une adresse aux fédérations et associations de parents d’élèves datée du 30 novembre, la section « école » du syndicat CGT des agents territoriaux, pointe du doigt des « quotas de surveillance de cantine non respectés« . À Marseille, notamment dans le 13e arrondissement, une surveillante pour 25 enfants est requise pour les élèves de maternelle et une surveillante pour 50 élèves pour le cycle élémentaire. Selon le communiqué de la CGT, placardé sur la porte de l’école, les surveillantes présentes pour les temps de repas à la cantine seraient en sous-effectif. « En maternelle : 88 enfants pour 3 surveillantes voire 2 surveillantes pour 98 enfants ou pire 1 surveillante pour 63 enfants. En élémentaire : 180 enfants pour 3 surveillantes« , pouvait-on lire.

Le manque de surveillantes, indispensables tatas, a un effet direct sur le rythme des plus jeunes. « Quand on mange en premier on a beaucoup de temps de récréation mais quand on mange en dernier, des fois, on arrive en retard en classe« , confie Lou, élève de primaire, entre deux chips. Des propos confirmés par le communiqué de la CGT : « sur certaines écoles les enfants ne sortent plus qu’un jour sur deux en récréation intercantine par manque de personnel de surveillance« . Pour Ève Schmit, grand-mère de Lou, membre des parents d’élèves et déléguée départementale de l’éducation nationale, les familles comprennent le droit de grève et les revendications des agents territoriaux mais dénoncent l’incapacité de la Ville à sortir de cette crise.

Françoise Risterucci, élue à la direction du syndicat CGT, met en avant la pression morale et psychologique vécue par les agents en sous-effectifs qui, depuis des mois déjà, tirent la sonnette d’alarme. « Les temps-cantine ne sont pas humains. Les agents souhaitent incarner la bienveillance, accompagner les plus jeunes dans leur apprentissage les plus basiques comme la coupe des aliments. Sauf qu’ils ne le peuvent pas, c’est impossible. Les filles n’y arrivent plus, elles sont au bout du rouleau« .

Silence radio de la Ville et poursuite des mobilisations

Vendredi dernier les syndicats des personnels de surveillance des écoles ont été reçus par Laurent-Xavier Grima, directeur du service de l’éducation et de la jeunesse de la Ville de Marseille. Une rencontre qui ne s’est soldée par aucune sortie de crise. Selon Françoise Risterucci, les revendications portées par les agents ne sont pas entendues : « nous demandons des embauches, la création d’un corps de remplaçantes dît de volantes dans les écoles. Nous voulons être en mesure d’assurer le bien-être et la sécurité des enfants. Qu’attend la Ville pour réagir ? Une catastrophe ? » Contactée par téléphone l’adjointe au maire chargée de l’éducation, Danièle Casanova n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Face à l’indifférence de la mairie, le mouvement de grève des agents territoriaux pourrait se poursuivre la semaine prochaine et au delà. Le collectif de parents d’élèves Superminots sans cantine prévoit aussi des actions tout au long du week-end et même un pique-nique devant la Mairie mardi prochain.

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Julia Beaufils

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Commentaires

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  1. Tarama Tarama

    Merci à Marsactu de ne pas faire de titres équivoques comme celui-ci qui laissent penser que les parents dénoncent les actions des « Tatas ».
    MPE13 soutient le mouvement des « Tatas » et dénonce l’inaction de la mairie et son abandon des élèves dont elle est responsable dans les écoles publiques de la Ville.

    Et pour tous ceux qui le peuvent, pique-nique devant la mairie centrale mardi 18/12, pour faire entendre à Gaudin les revendications des parents et des agents pour une meilleure prise en charge des petits marseillais.
    Amenez vos casseroles, il va falloir faire du bruit pour réveiller nos chers décideurs.

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  2. petitvelo petitvelo

    Ce Laurent Xavier Grima là semble porter pas mal de casquettes: https://twitter.com/LXGrima . Si c’est le même que celui de l’article, la direction de l’éducation ne semble pas prête à assouplir ses positions. La CGT et bientôt FO n’ont t’ils aucun élément pour aller en justice ?Il ne semble pas non plus. Il reste la solution adoptée pour les éboueurs: mettre la moitié de la ville au privé! On garde les effectifs en les employant moins intensément, on compare le niveau d’exigence et de service du privé et après on voit. Comme pour la propreté, on peut faire tourner les secteurs privé/public de temps en temps pour éviter l’encroutage … Bon ça n’est pas gratuit, mais une ville sans cantine scolaire le midi ça attire plus les chômeurs de longue durée que les premiers de cordée ! (et les places dans les écoles privées sont toutes prises par les enfants des élus :o))

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  3. Ricardo Lima Ricardo Lima

    Je voudrais aller dans le sens du début du commentaire de Tarama. Car ce n’est pas la première fois que je constate (et quelques fois le signale) des glissements sémantiques dans les titres de Marsactu. Souvent, comme ici, le texte de l’article étant même, au moins en partie, en contradiction avec le titre. On dirait que l’auteur ne résiste pas,
    pour le titre, à brosser dans le sens du poil des bien-pensants médiatiques. Autre exemple dans cet article: dans le grand titre on dénonce la grève (sans guillemets) alors que 5 lignes plus bas on dénonce « l’inaction de la mairie » (avec guillemets). Pourquoi?
    J’ajoute aussi que Marsactu répond de mieux en mieux à mon attente d’information et donc ce commentaire essaye d’être une contribution positive (sans guillemets).

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  4. pascal pascal

    Vous pouvez voir la position de la Mairie concernant les grèveshttp://www.marseille.fr/epresse/documents/thesaurus/documents/36936/1412-CPCANTINE.pdf
    Donc les tatas ne veulent pas travailler les 40h manquantes pour respecter les 1607h obligatoire, une prime exceptionnelle de 400 euros…à chacun de juger.
    Par contre sur le taux d’encadrement durant les repas scolaire on reste dans le déni comme d’habitude puisque la réponse est :
    « un agent municipal (Responsable de restaurant, Atsem, Agent technique, Asic) travaille pour 18 enfants, alors que la Chambre Régionale des Comptes souligne que ces effectifs sont supérieurs de 5 points à la moyenne nationale », il s’agit, j’imagine, d’un ratio théorique du nombre d’enfants par agent mais il faudrait connaitre ce taux en équivalent temps plein et plus spécifiquement durant le temps de restauration. Pour info, les agents techniques ne s’occupent pas des enfants mais de l’entretien-maintenance-espace vert, les ASIC sont des remplaçants souvent en contrats précaires avec un faible volume horaire.

    On est encore mal barré…vivement les vacances!

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    • Tarama Tarama

      Personnellement je n’accorde AUCUN crédit au déclaration de cette équipe, dont on voit qu’elle est capable de tous les mensonges sur tous les sujets (les articles de Marsactu en sont une illustration quotidienne).

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  5. Jeanne 13 Jeanne 13

    Merci pour cet article clair et bien étayé où toutes les parties sont représentées
    Cette situation dure et persiste tout le paradoxe du dialogue social!!!
    Les agents sont en arrêt de travail du fait des conditions super difficiles à vivre au quotidien et le serpent se mord la queue depuis des années
    Il est temps de faire quelque chose pour nos minots…

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