[Rétrospective] 2020 en politique : l’année des coups de théâtre

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le 28 Déc 2020
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Pendant les fêtes, Marsactu revient sur les moments marquants de l'année écoulée. Malgré une crise sanitaire inédite qui a occupé le devant de l'actualité, la scène politique marseillaise a offert un nombre de péripéties exceptionnel.

Images Emilio Guzman et la rédaction de Marsactu

Images Emilio Guzman et la rédaction de Marsactu

Ce devait être l’année de la fin de l’ère Gaudin, tout simplement. Une date rivée dans les esprits de tous les politiques locaux depuis des années. Mais personne ne pouvait s’attendre à ce que le changement de maire se transforme en feuilleton interminable, au scénario bien plus invraisemblable que tout ce qui aurait pu germer dans le cerveau de réalisateurs de films à suspense.

Tandis qu’à droite, la campagne se scindait en deux camps, celui de Martine Vassal et celui de Bruno Gilles, un autre duo menait la danse à gauche, avec le Printemps marseillais, mouvement naissant qui allait créer la surprise. Cantonné au rôle de spectateur, Jean-Claude Gaudin s’est retrouvé, bien malgré lui, prolongé dans son mandat pour quasiment quatre mois sur fond de pandémie mondiale, assortie d’une cyber-attaque d’ampleur contre son administration. La campagne relancée, Martine Vassal, favorite quelques mois plus tôt, a vu la justice perquisitionner ses locaux à quelques jours du second tour dans l’affaire des procurations frauduleuses.

Le suspense a duré jusqu’à la dernière minute avant de voir l’écologiste Michèle Rubirola arracher l’écharpe municipale, tandis que sa rivale parvenait à se maintenir à la tête de la métropole. Mais malgré un calme apparent, l’intrigue n’était pas encore complètement dénouée. Dans un twist final, le socialiste Benoît Payan s’est assis sur le siège du maire juste avant Noël, au terme d’une invraisemblable séquence électorale longue de douze mois.

Michèle Rubirola lancée par le retrait de Benoît Payan

En jetant un coup d’œil dans le rétro, impossible de ne pas voir que l’année politique avait bel et bien démarré le 7 janvier à Marseille. Ce jour-là, le socialiste Benoît Payan met un terme à des mois de tensions au sein du rassemblement de la gauche : il ne sera pas candidat à la mairie centrale et s’efface derrière la figure, plus rassembleuse, de Michèle Rubirola. Quelques jours plus tard, sa candidature est approuvée par un vote des militants et le Printemps marseillais entre réellement en campagne.

Les candidats face à Marsactu

De fin janvier à début mars, Marsactu interroge chaque semaine un des sept candidats à la mairie de Marseille. Pendant plus d’une heure, nous cuisinons à tour de rôle les aspirants en direct devant jusqu’à plusieurs milliers d’internautes. Des moments riches en débat, confidences mais aussi coups de gueule. Toutes les émissions sont à retrouver ici.

Un premier tour à la veille du confinement national

Alors que la campagne touche à sa fin, la rumeur d’un confinement monte. Les Français sont finalement autorisés à voter pour le premier tour des municipales, à moins de 48 heures du confinement. Les résultats seront donc gelés jusqu’à un deuxième tour dont on ignore alors la date. À Marseille, au milieu du tumulte général, le Printemps marseillais se découvre en tête, devant la favorite Martine Vassal et le RN, à la surprise générale.

Camp Vassal, des procurations, jusque dans les Ephad

Le retour aux urnes est finalement fixé au 28 juin. Tandis que les équipes de campagne se remettent en ordre de marche, coup de tonnerre pour la droite marseillaise. La presse nationale révèle que des militants LR facilitent la réalisation de procurations, en dehors de tout circuit légal, jusqu’à obtenir le vote de personnes séniles résidentes en Ephad. La justice se saisit immédiatement de l’affaire.

La droite battue jusque dans son fief

Conséquence de l’affaire des procurations, ou rejet plus profond du bilan des années Gaudin, le second tour confirme l’avance du Printemps marseillais constatée au premier. Sonnée, la droite perd son secteur essentiel des 6/8, mais aussi les 1/7 et les 4/5. Pour autant, la victoire n’est pas encore nette (revoir les résultats ici) et les militants de gauche passent une soirée électorale en montagnes russes.

Conseil municipal au bord de la crise de nerfs

Six jours plus tard, le conseil municipal se réunit dans un climat explosif. La semaine a été de nouveau riche en rebondissements. Jusqu’au dernier moment, le Printemps marseillais doit tenter de convaincre Samia Ghali et ses huit conseillers municipaux de rejoindre la majorité. Tandis qu’à droite, Guy Teissier succède à Martine Vassal pour tenter de rafler le siège à la volée, avec des suspicions d’alliance avec le RN dénoncées depuis son propre camp.

Perdante dans son secteur, Vassal se maintient à la métropole

Michèle Rubirola élue à Marseille, la partie n’est pas complètement finie pour les héritiers de Jean-Claude Gaudin. En comptant sur le soutien des maires hors Marseille, et notamment des élus métropolitains aixois, Martine Vassal conserve son siège de présidente de la métropole qu’elle occupait depuis 2018. Un mandat en bras de fer s’annonce entre la gauche municipale et la droite métropolitaine.

Benoît Payan, un switch pour Noël

Au fil des premiers mois de mandat, Michèle Rubirola étrenne son costume de maire avec quelques difficultés. De santé, tout d’abord, qui la tiennent éloignée de la mairie quelques semaines. Mais aussi de posture. Benoît Payan, est quant à lui sur tous les fronts et le concept de “binôme” pour gouverner la ville est mis en avant. Une instabilité qui aboutit le 15 décembre à la démission de la première femme maire de Marseille et à l’élection de son premier adjoint à sa place, quelques jours plus tard.

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Commentaires

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  1. Castellan Castellan

    Du vaudeville

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  2. Electeur du 8e Electeur du 8e

    “De fin janvier à début mars, Marsactu interroge chaque semaine un des sept candidats à la mairie de Marseille.” Sauf un. Une, en l’occurrence : Mme Vassal, qui préfère la presse de révérence à la presse produite par de vrais journalistes, et a refusé de rencontrer ceux-ci.

    Normal, pour quelqu’un qui pensait que le trône municipal lui était dû.

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