Martine Vassal prête à épouser la “métropole des maires” pour en garder la présidence

Actualité
le 6 Juil 2020
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Appuyée par la maire d'Aix Maryse Joissains, Martine Vassal entend bien conserver l'intercommunalité qu'elle préside malgré sa défaite aux municipales.

Martine Vassal a perdu la bataille municipale mais n’a certainement pas décidé de quitter la scène politique pour autant. Tombée dans les 6e et 8e arrondissements de Marseille, la candidate LR compte bien se remettre en selle le jeudi 9 juillet à la métropole. La présidente sortante entend conserver son poste à la tête de l’intercommunalité aux 92 communes. Elle l’a dit dès son renoncement à la mairie de Marseille et Guy Teissier, qui la remplaçait dans la course municipale, lui a garanti son soutien. En effet, Marseille ne compte que 102 des 240 sièges au conseil métropolitain et le groupe de Michèle Rubirola 51. Léger, au sein d’une métropole où la gauche n’a ravi aucune grande ville à la droite (voir la composition complète du conseil métropolitain ici).

Ce lundi, comme l’a indiqué Made in Marseille, une réunion doit permettre à Martine Vassal de s’assurer du soutien de Maryse Joissains, maire LR réélue d’Aix-en-Provence. L’édile, qui s’est toujours opposée à la “monstropole”, n’a jamais dévié d’un iota mais s’est toujours montrée plus arrangeante avec Martine Vassal qu’avec Jean-Claude Gaudin. Alors que Martine Vassal est affaiblie, elle n’entend pas l’enfoncer. Au contraire, elle espère en faire la meilleure porte-parole de la “métropole des maires” qu’elle a toujours prônée.

Joissains : “Recentrer cette métropole”

Dans un courrier aux maires du Pays d’Aix daté du 29 juin, Maryse Joissains pose sa feuille de route pour l’institution. La maire d’Aix est aussi présidente sortante du conseil de territoire, qui regroupe 36 communes. Ne manquant pas de noter le flou électoral qui régnait alors à Marseille, elle explique son ambition : “Ce mandat qui débute est une formidable opportunité pour recentrer cette métropole sur des compétences stratégiques et de laisser les communes avec leurs conseils de territoire gérer le reste”. Elle veut pour ce faire porter une réforme au parlement qui redonnerait aux actuels conseils de territoire leur “personnalité juridique” et donc leur autonomie par rapport à la grande métropole.

Pour Sophie Joissains, fille de Maryse Joissains et depuis vendredi aussi sa deuxième adjointe, Martine Vassal peut endosser ce projet : “Si la candidature de Martine Vassal se poursuit, je ne pense pas du tout que Maryse ira à l’encontre. C’est la tendance des maires du pays d’Aix. Il est évident que si les choses vont à leur terme, ce sera sur un programme consenti par les maires. Il y a une réforme qui doit s’annoncer : la métropole n’est pas viable comme elle est aujourd’hui. Si ce n’est pas le cas, elle ira pour mettre de l’ordre dans la maison et redonner des priorités.”

Proche de Maryse Joissains, Jean-Pascal Gournès, le maire divers droite de Meyreuil est lui aussi tenté : “Si ce n’est pas elle, je ne veux pas de Marseillais. Elle a un discours différent, une écoute. Elle est ouverte.” Mais il voit aussi en Nicolas Isnard “un garçon brillant et un candidat crédible”. Le maire LR de Salon-de-Provence, confortablement réélu, a en effet fait part de ses ambitions et semble incarner l’alternative à Martine Vassal si elle renonçait.

“C’était déjà la métropole des maires”

Dans le camp Vassal, on admet que l’option d’une alliance avec les anti-métropole d’hier est aujourd’hui sur la table. “Cela peut paraître un changement de pied mais en réalité, c’était déjà la métropole des maires. À chaque fois qu’il y avait un maire qui venait et qui demandait quelque chose, on lui donnait la métropole ou le département, analyse un conseiller métropolitain proche de Vassal. La situation politique change : comme il n’y a plus la toute-puissance marseillaise, il faut s’adapter. Il n’y a pas d’autre moyen si on veut garder la métropole, vu les résultats électoraux de Marseille”.

La métropole ne devrait donc pas revenir sur ce qui l’empêche depuis sa conception d’agir. Notamment les objectifs en terme de transports dans les communes et de développement économique : la redistribution communale représente la moitié des dépenses de l’institution. C’est le prix à payer pour que Martine Vassal puisse garder la puissante institution et se projeter, peut-être, vers un autre combat : le département en mars.

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Commentaires

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  1. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Martine Vassal prête à tout pour garder le pouvoir. Y compris à faire de la métropole une coquille vide. A gerber.

    Le bas peuple n’a qu’à se démerder avec ses problèmes de transport, l’essentiel est de financer les caprices des maires.

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  2. leb leb

    Cultiver l’esprit clanique et les peurs des électeurs à coup de monstropole ou de péril rouge, relève de la même “vision” politique. À la métropole qui se ressemble s’assemble.

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  3. Tarama Tarama

    La droite pitoyable et malheureusement en position de force dans les Bouches-du-Rhône.

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  4. Elric Menescire Elric Menescire

    En même temps (…), vu sa cuisante défaite sur un secteur donné clés en mains, je ne serai pas étonné que cela donne des idées a un ou plusieurs outsiders pour essayer de lui chiper la place, ou mieux, lui mettre des bâtons dans les roues…nous assistons a la fin de l’ère Gaudin, et ici aussi, tout est possible d’ici la fin de la semaine.

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  5. Input Output Input Output

    Espérons au contraire qu’elle va aussi perdre la Métropole…puis le Département en début d’année prochaine, pour retomber là où ses compétences et celles de ses sbires brilleront le mieux : le néant…

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  6. Brallaisse Brallaisse

    Nous reconnaissons ici la femme de convictions , qui jusqu’au bout est fidèle à ses choix et qui ne renonce jamais à ses idées politiques . Non rassurez vous je ne parle pas de Vassal , mais de Simone Veil.
    Con cernant Vassal , que dire ?, que dire?. Je reprendrais bien cette parole de Max Weber : “Il y a deux façons de faire de la politique. Ou bien on vit pour la politique ou on vit de la politique”. Concernant Vassal , la deuxième option est évidente quitte à “vendre Père et Mère” ( c’est une métaphore , bien sûr) deux ou trois fois.

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  7. Félix WEYGAND Félix WEYGAND

    Pendant ce temps la Métropole Lyonnaise (qui a absorbé sur son territoire les compétences du Département) a élu son premier conseil au suffrage direct… Bravo les clowns continuez à creuser au fond de la piscine.

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  8. Richard Mouren Richard Mouren

    Faire élire Vassal serait pour Joissains une formidable opportunité d’indirectement prendre la main sur l’intercommunalité qu’elle abhorre. Le vieux crocodile Gaudin n’étant plus dans le marigot, Vassal la blanche cherche un nouveau suzerain pour la protéger après son échec cuisant à Marseille. Ainsi va la vie chez ces animaux qu’on appelle les hommes…….

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  9. Orsu Orsu

    Elle a perdu le 6.8 , elle a a fait perdre Guy Tessier , et elle ose se présenter à la Métropole
    Etonnant cette faculté à ne point se remettre en cause §

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  10. Brallaisse Brallaisse

    Elle a au moins une compétence reconnue : échouer .
    Echouer en tant que cheffe d’entreprise
    Echouer en politique en perdant le 6/8 ( une performance !).
    Echouer au sein des LR en mettant le pàti .
    Nous avons là une valeur sûre de l’échec.

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    • ruedelapaixmarcelpaul ruedelapaixmarcelpaul

      ajoutons qu’elle s’est mis le diocèse à dos, perdre l’electorat catho est un autre échec
      echec de gestion du département, dont le vote du budget est reporté sine die depuis 6 mois, probablement pour couvrir des investissements à perte ou un emprunt mal négocié

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  11. pascal pascal

    Pour la Métropole, les communes limitrophes de droite sortent renforcés et vont pouvoir compté sur le chéquier du département…
    Les difficultés du leadership de Marseille sur la métropole provient de la mauvaise gestion de la ville qui est perçu comme un gouffre financier. Ils n’ont pas envie de partager leurs recettes, ce qui a conduit l’Etat à l’imposer avec 20 ans de retard.

    Il y a pour ma part quelques dossiers à mettre en avant pour la Mairie actuelle : le financement de l’opéra (14 millions) et stade vélodrome (8 millions) qui ont un rayonnement bcp plus large. A transférer d’urgence, pourquoi nos impots servirait à financer ces structures utilisées par un public large. On pourrait rajouter les piscines, pourquoi la métropole à financer la piscine de Cassis alors que le rayonnement est très local (sauf pour les marseillais qui ont pu découvrir à quoi ressembler une piscine et horaires d’ouverture aux normes actuelles).

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    • ruedelapaixmarcelpaul ruedelapaixmarcelpaul

      18 millions pour l’opéra. Mais prétexter que parce que le public vient de toute la métropole le financement doit etre métropolitain est une fausse solution à un faux problème. Sou pretexte d’audience internationale va-t-on exiger que l’UE finance aussi ? Il faut que l’opéra soit en EPCC et non en régie directe, obtienne le label national, diversifie les ressources (sub ville + metropole + dept + Etat) et augmente les ressources propres (billetterie, co productions, mécénat). . Un budget metropolitain doit par conséquent s’accompagner d’une politique artistique de décentralisation des productions.

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    • pascal pascal

      @ruedelapaixmarcelpaul

      Je vois que vous maitrisez bien le sujet. l’Opéra permet de faire rayonner Marseille et son territoire. Toutefois l’argument des maires de la métropole est de ne pas vouloir contribuer aux charges de la ville alors que cette dernière assume aussi des services publics utiles à un public plus large. Il me semble utile de le rappeler. Le reste une question de choix et de priorité qui ne peuvent s’analyser que sur l’ensemble du budget.
      Effectivement l’EPCC est peut être plus adapté pour diversifier les sources de financement et diminuer la charge de la ville.

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  12. Pitxitxi Pitxitxi

    Il serait bien que, comme pour la métropole de Lyon, l’électeur puisse agir directement sur sa composition. En gardant ce système archaïque de fléchage, l’électeur s’en désintéresse (sait-il au moins qu’il vote également pour ses représentants ?), ça permet les petits arrangements entre blocs aixois/blocs marseillais ou blocs petites communes/blocs grosses communes, ça favorise une sorte de clientélisme (que l’on a beaucoup trop vu au département également), et la métropole continue de tourner au ralenti du fait de la mainmise des antis et de l’opposition entre clans.

    Si Vassal reste à la métropole, nul doute qu’elle va faire tout son possible pour rendre la vie impossible au PM… Sachant que de nombreuses compétences clés seront entre ses mains.

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      L’absence d’élection directe des conseillers métropolitains, outre qu’elle fait de la métropole l’otage des égoïsmes communaux, a un autre effet délétère : il n’y a ni lieu, ni moment pour débattre publiquement des priorités et des projets de celle-ci.

      La campagne électorale se faisant au périmètre des communes, on attend des conseillers municipaux “fléchés” qu’ils veuillent bien se mettre d’accord sur ces priorités. Et visiblement, on va attendre longtemps. Une fois de plus, Lyon montre l’exemple pendant que Marseille cultive son retard.

      Il va de soi qu’il n’est pas la peine de tendre la sébile à l’Etat quand on a les moyens de reverser aux communes la moitié des ressources disponibles ! Ce qui tue de fait toute possibilité d’investissement sur un réel projet métropolitain.

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    • GlenRunciter GlenRunciter

      Plus globalement si la droite (Vassal ou autre) garde la Métropole on est reparti pour 6 ans de marasme. La Métropole maitrise de grands sujets de la vie quotidienne des marseillais : propreté, voirie, transport et mobilité… Les écolos vont vouloir développer le vélo je suppose : comment faire si la métropole refuse de faire les pistes cyclables ? Le PM a-t-il analysé tout ça ?

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    • GlenRunciter GlenRunciter

      Electeur, dans la métropole lyonnaise le role central de la ville de Lyon ne fait pas débat une seule seconde. Cellui de Marseille au sein de cette métropole dessinée à Paris (Aix et Marseille ensemble !!) a posé problème d’emblée. Personne autour de Marseille ne veut récupérer le poids de ses dettes et de ses carences. L’Etat l’a imposé, mais ne parviendra pas a imposer a ses protagonistes de travailler ensemble.

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  13. Brallaisse Brallaisse

    Cette Loi de décentralisation , du moins dans sa version actuelle , est une véritable catastrophe. Nous sommes quasiment face à un suffrage censitaire , sans contrôle , sans programme , c’est un véritable chèque en blanc donné à des petits marquis qui arrosent les municipalités au gré des copinages ,afin de conserver leurs marquisats, et bien sûr tout cela avec nos sous. Quand vous additionnez Vassal+Joissains mère et fille vous imaginez le montant de l’addition. Alors 8e je vous rejoins , rien à fiche du 20 e jeu de boules à Carry alors que le transport ici est une véritable catastrophe.

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    • PromeneurIndigné PromeneurIndigné

      La décentralisation, c’est en moins de 40 ans le retour à l’Ancien régime avec ses privilégiés, ses suzerains et leurs vassaux qui parlent de « leur » ville, « leur » département. Maurras le royaliste antisémite la souhaitait , Mitterrand a répondu à cette attente, lui qui au cours de sa « jeunesse française » fréquenta l’action française. Gaston Defferre en la mettant en musique a permis aux élus locaux d’utiliser l’argent des contribuables, avec un minimum de contrôle, au nom du principe de la libre administration des collectivités locales. Hollande en a fait une usine à gaz. Autrefois on disait : « Parlement, mistral et Durance sont les trois fléaux de la Provence ». La Durance a été canalisée, le mistral ne souffle plus guère, en revanche la Métropole a sans difficulté remplacer le troisième fléau : le Parlement.

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