Plan écoles : « Quand on annonce un chantier, on doit pouvoir le livrer en quatre ans »

Interview
le 15 Avr 2024
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Avec 83 projets lancés sur les 188 prévus, le carnet de commandes de la société publique des écoles marseillaises commence à se remplir. Dans un premier entretien accordé à la presse locale depuis son arrivée en 2022, son directeur général Vincent Bourjaillat dresse les enjeux à venir du plan qui enjambera le mandat municipal en cours.

Vincent Bourjaillat, directeur de la Spem, le 10 avril 2024. (Photo : Emilio Guzman)
Vincent Bourjaillat, directeur de la Spem, le 10 avril 2024. (Photo : Emilio Guzman)

Vincent Bourjaillat, directeur de la Spem, le 10 avril 2024. (Photo : Emilio Guzman)

Elle a la lourde charge de mettre en œuvre un plan de rénovation des écoles à 1,6 milliard d'euros. De donner corps à cette grande cause municipale, dotée d'un soutien inédit de l'État, après l'émergence d'un consensus ces dernières années : les établissements marseillais ne faisaient pas seulement honte à la ville mais à la République elle-même. Restée discrète depuis sa création en février 2022, la société publique des écoles marseillaises (SPEM) commence à s'installer dans le paysage.

Dans ses bureaux situés au-dessus de l'office de tourisme, sur la Canebière, la petite équipe de départ a grossi et frôle désormais la trentaine de salariés. En novembre dernier, pour la première fois, une cheffe de projet SPEM flanquait l'adjoint Pierre-Marie Ganozzi, pour suivre la visite de l'école Marceau, prise en main par la société en cours de route. Alors qu'une nouvelle liste de 39 écoles promises à rénovation a été dévoilée (retrouvez notre carte au bas de l'article), le directeur général Vincent Bourjaillat a accepté de présenter à Marsactu sa feuille de route, sa méthode et de commenter les enjeux du moment.

La Ville et l'État ont annoncé récemment le lancement d'une troisième vague de projets. Pouvez-vous revenir sur ce découpage en "vagues" ? Et où en est-on de l'objectif initial de livrer 80 écoles avant la fin du mandat et 188 dans les 10 ans ?

Nous en sommes encore au démarrage du plan et nous restons dans l'organisation générale qui a été pensée, à savoir de faire 188 écoles sur 10 ans - plus ou moins 188 écoles parce que le chiffre final sera peut-être différent - par des vagues d'opérations lancées une année après l'autre. Une programmation globale a été faite, qui donne un volume prévisionnel de chacune des vagues, mais ensuite, à chaque exercice, la Ville de Marseille ajuste la liste des opérations.

Sur quelle base ?

Le critère de départ reste celui des difficultés techniques et fonctionnelles [manque de locaux par exemple, ndlr]. Il y a aussi la répartition géographique, qui s'analyse à l'échelle de la Ville et de chaque secteur. Par exemple il y a certains secteurs où on sait qu'on va devoir refaire quasiment toutes les écoles, donc on ne va pas toutes les mettre en chantier en même temps. Et le dernier critère qui joue c'est le financement ANRU [agence nationale pour la rénovation urbaine], qui doivent avoir un début d'engagement avant 2026.

Ce qui explique le démarrage très "ANRU"...

Oui on a un démarrage très ANRU, quartiers centre et Nord... La troisième vague a commencé à se répartir plus également. Je pense que la Ville de Marseille a eu le souci de montrer que le plan écoles concernait tout le monde.

Donc la programmation du contrat est souple et à un moment vous recevez une . . .

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Julien Vinzent
Journaliste.

Commentaires

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6 commentaires


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  1. habitant du 1er

    Et hop! On construit une structure pour gérer les problèmes des structures…curieux de connaître de combien le fonctionnement des 30 salariés ampute le budget des’ecoles ?
    Et d’autre part, je suis étonné de la réponse sur les maires de secteur…on a l’impression qu’il parle d’une ville où il n’y en a pas…

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  2. toto

    Il n’y a pas de foncier…
    Il suffit de le payer. Il fallait prévoir l’acquisition de foncier dans le coût global.

    Forcément, si on a de l’argent pour construire des école mais pas d’endroits pour les construire, ça coince à moment donné.

    Un bon exemple: le cercle St Michel au Camas qui appartient au diocèse (il est partout!). Un des derniers endroit disponibles dans le quartier, parfait pour faire une école ou des terrains de sport pour les écoles alentours qui sont à l’étroit. Mais la mairie ne veut pas acheter… La deuxième ville de France n’est pas capable d’acheter un des rares endroits qui a échappé à la promotion immobilière dans le quartier. On a échappé à un immeuble de 8 étages de justesse. Jusqu’à quand ?

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  3. julijo

    au moins on a des nouvelles !
    belle initiative de marsactu de nous informer.

    il semble bien qu’un flou éventuellement maîtrisé préside à l’activité de cette nouvelle structure « spem »
    je reste un peu inquiet quand même, malgré les asssurances émises, des pressions entre la mairie, la sous-ministre, et les parents, et les mairies, et les mairies de secteur…..et le nombre d’écoles concernées.
    il semble bien que ces dossiers avancent un peu, pas très vite mais bon ! au bout de presque 3 décennies d’oubli des écoles publiques….compliqué !

    en gros on a des infos, mais l’avenir n’est pas très clair.

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  4. ALAIN B

    Après le désintérêt de GAUDIN pour les écoles publiques il y a un grand pas en avant. Sûr ce n’est jamais assez rapide mais cela va dans le bon sens.
    Quand on voit que VASSAL et ses amis vont faire construire un collège privé dans le 15ème dans le prolongement d’EUROMED alors que les collèges publics sont insuffisants
    .Alors c’est déjà important d’avoir des informations ce qui n’était pas le cas sous GAUDIN
    D’ailleurs dans les écoles et les collèges ainsi que les lycées il faudrait qu’ils soient complètement gratuits et surprenant de payer 400 € pour un uniforme qui ne résout pas les problèmes d’inégalité

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  5. Pussaloreille

    Oui : On part de tellement loin, et dans un contexte politique de bataille rangée , que Ça ne risque pas d’être facile… Merci pour cet article plein d’infos.

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  6. Oreo

    Beaucoup d’informations dans ce long entretien… Mais peu de concret. Ce serait bien si Marsactu pouvait avec cette société nous proposer un suivi. Par exemple un dossier par mois pour chaque école concernée en cours ou à court terme avec un dossier avec le programme et l’esquisse du projet. Idem les dossiers ANRU d’ailleurs avec la Métropole et autres projets urbains. Une énorme travail des archis et des bureaux d’études est fourni aux collectivités et à l’Etat (tous payés par nos sous) . Ce serait bien, normal même, d’y accéder pour l’information des citoyens. Sûr, ce serait beaucoup de boulot pour Marsactu !

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