Marseille capitale et désert musical

À la une
le 17 Jan 2013
13

Mundo Kfé ? Fermé. Le Paradox ? Fermé. Enthropy ? Fermé. La liste est encore longue… "Il y a toujours eu très peu de petites scènes à Marseille, mais depuis quelques années elles se font de moins en moins nombreuses", constate Papet J du Massilia Sound System. Le groupe s’est impliqué pour la survie du Balthazar, où de nombreux artistes marseillais ont fait leurs armes. Véritable contre-exemple, la salle, qui avait fermé en 2008 pour difficultés financières, a rouvert quatre ans plus tard sous le nom de Molotov avec une autre équipe.

« Tenir aussi longtemps que possible »

Bien d’autres cafés associatifs ou bars qui organisaient des concerts n’ont pas eu cette chance. Le Molotov organise une fois par mois une soirée de soutien à ses homologues qui ont dû mettre la clé sous la porte. À deux pas, El Ache de Cuba, scène bien connue des amateurs de musique latino-américaine depuis une quinzaine d'années, ne peut plus organiser de concerts depuis juin 2012 suite à une décision de justice relative à un conflit avec le voisinage. Proposition de décaler les heures de concert, renforcement des matériaux d’insonorisation, rien n’y a fait. L’Enthropy, rue Consolat et le Mundo Kfé, sur le cours Ju, ont également fermé boutique.

Non loin, d’autres prennent la question plus à la légère comme l’association Kuzca qui intitule sa soirée de fermeture début février "Fête la mort, pas la guerre". Faute de subventions, impossible d'embaucher un salarié. Le lieu s’éteint donc après un an et demi d’existence. Seule solution envisagée : partager les locaux avec d’autres associations pour pouvoir les conserver.

Berlin, c'est loin

"Mes premiers concerts, je les ai faits à la Plaine, raconte Fred Nevchehirlian, c’étaient les seuls lieux à Marseille où un jeune artiste pouvait se lancer". Sans ces petites scènes-là, les artistes ne pourraient jamais émerger et lui-même n’aurait sans doute pas eu la carrière qu’on lui connaît. "J’avais imaginé au contraire que ces endroits allaient prendre leur envol", confesse t-il, avant d’évoquer les difficultés qu’avait déjà la Maison hantée dans les années 80.  "Avant toute comparaison de Marseille avec des villes comme Rio ou Barcelone, il faut prendre en compte le fait que la législation y est beaucoup plus souple", s’insurge Papet J, pour lequel il y a en France "une volonté politique de restreindre la fête dans les centres villes". Globalement, tous les lieux de fête seraient touchés. Pour Chantal Vasseur, de l’Embobineuse, autre scène alternative à la Belle de Mai, "les pouvoirs publics cherchent à faire disparaître la culture alternative car elle échappe à la Ville".

François Pecqueur, créateur du Point de Bascule, avait lâché son job de communicant pour créer ce café associatif rue de Breteuil. Il a bien tenté de lancer un collectif entre ces "lieux citoyens" en vue de Marseille Provence 2013 mais sa proposition d’action n’a pas été retenue. Il relance l’idée, avec le collectif des Petits lieux.

Personne n’a les moyens d’être aux normes. Il faut que la Ville reconnaisse notre fonction.

Aux yeux de Daniel Hermann, adjoint à la culture de la Ville, les petites scènes ne sont pas en danger et doivent se plier aux normes en vigueur : "Les problèmes de voisinage dépassent les compétences de la ville, c’est à la préfecture de gérer cela. Il revient aux salles de se doter d’équipements de sécurité et d’insonorisation importants conformément à la loi." On est bien loin des politiques plus permissives de Berlin ou de Barcelone, paradis des scènes alternatives.

>> Voilà le tout résumé dans une petite carte. Comme on n'est pas chiens, on vous a aussi mis (en vert, que c'est original) les endroits qui résistent. N'hésitez pas à nous signaler les adresses que nous aurions ratées.


Afficher Lieux de concerts marseillais sur une carte plus grande

Mundo Kfé ? Fermé. Le Paradox ? Fermé. Enthropy ? Fermé. La liste est encore longue… « Il y a toujours eu très peu de petites scènes à Marseille, mais depuis quelques années elles se font de moins en moins nombreuses », explique Papet J de Massilia Sound System. Le groupe s’est impliqué pour la survie du Balthazar, où de nombreux artistes marseillais ont fait leurs armes. Véritable contre-exemple, la salle, qui avait fermé en 2008 pour difficultés financières, a rouvert quatre ans plus tard sous le nom de Molotov.

 

« On tient la barre aussi longtemps que possible »

Bien d’autres cafés associatifs ou bars qui organisaient des concerts n’ont pas eu cette chance. Le Molotov organise une fois par mois une soirée de soutien à ses homologues qui ont du mettre la clé sous la porte. A deux pas, El Ache de Cuba, scène bien connue des amateurs de musique latino-américaine depuis une quinzaine années, ne peut plus organiser de concerts depuis juin 2012 suite à une décision de justice relative à un conflit avec le voisinage. Proposition de décaler les heures de concert, renforcement des matériaux d’insonorisation, rien n’y a fait. L’Enthropy, aux Réformés et le Mundo Kfé, sur le cours Ju, ont également fermé boutique.

Non loin, d’autres prennent la question plus à la légère comme l’association Kuzca qui intitule sa soirée de fermeture début février « Faites la mort pas la guerre ». Faute de subventions, que l’association n’a jamais réussi à obtenir, impossible de salarier un des bénévoles. Le lieu s’éteint donc après un an et demi d’existence. Seule solution envisagée : partager les locaux avec d’autres associations pour pouvoir les conserver.

 

Jeune artiste, demain, tu débuteras dans la rue

« Mes premiers concerts, je les ai fait à la Plaine, raconte Frédéric Nevchehirlian, c’était les seuls lieux à Marseille où un jeune artiste pouvait se lancer ».  Sans ces petites scènes là, les artistes émergents ne pourraient jamais débuter et lui-même n’aurait sans doute pas eu la carrière qu’on lui connaît. « J’avais imaginé au contraire que ces endroits allaient prendre leur envol » confesse t-il, avant d’évoquer les difficultés qu’avait déjà La Maison Hantée dans les années 80. « Avant toute comparaison de Marseille avec des villes comme Rio ou Barcelone, il faut prendre en compte le fait que la législation y est beaucoup plus souple » s’insurge Papet J, pour lequel il y a en France « une volonté politique de restreindre la fête dans les centres villes ». Globalement, tous les lieux de fête seraient touchés. Pour Chantal Vasseur, de l’Embobineuse, autre scène alternative à la Belle de Mai, « les pouvoirs publics cherchent à faire disparaître la culture alternative car elle échappe à la Ville ».

 

François Pecqueur, créateur du Point de Bascule, café associatif situé rue de Breteuil, avait tenté de lancer un collectif entre ces « lieux citoyens » alors que Marseille Provence 2013 se tramait mais sa proposition d’action n’a pas été retenue. Il relance l’idée, avec le Collectif des Petits Lieux. « Personne n’a les moyens d’être aux normes. Il faut que la Ville reconnaisse notre fonction ». Daniel Hermann, adjoint à la culture de la Ville, les petites scènes ne sont pas en danger et doivent se plier aux normes en vigueur : « Les problèmes de voisinage dépassent les compétences de la ville, c’est à la préfecture de gérer cela. Il revient aux salles de se doter d’équipements de sécurité et d’insonorisation importants conformément à la loi ». On est bien loin des politiques de Berlin ou de Barcelone, paradis des scènes alternatives. 

 


Afficher Lieux de concerts marseillais sur une carte plus grande

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE DÉCOUVERTE – 1€ LE PREMIER MOIS

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

  1. Scotto Scotto

    Toutes ces salles et celles qui les ont précédé tiennent souvent grâce à la passion d’une ou plusieurs personnes, passion qui faute d’avoir permis de vivre correctement, s’émousse puis disparaît . Problèmes de bruit, dedans mais aussi dehors, problèmes de vente d’alcool, de paiement en règle des groupes etc…sont le lot commun et je suis émerveillé de voir chaque saison des candidats au martyre se bousculer.
    Cette activité doit être aidée , un aménagement urbain peut être pensé en ce sens, il ne reste qu’à trouver la 42eme rue et quelques subsides bien loin des débauches du stade ou de la patinoire.

    Signaler
  2. vidal de la blache vidal de la blache

    je ne vois pas la Meson sur la carte. Or ce lieu situé rue Consolat est très actif et bien vivant….

    Signaler
  3. Philipep Philipep

    Alors chère Clémentine, y’a du boulot là !!

    A première vue il manque :
    – Le Dan Racing, rue Poggioli (on le voit en zoomant bien la carte mais il n’est pas pointé), super petite salle qui fait scène ouverte depuis le siècle dernier.
    – Le Lounge, rue des 3 Rois, super petite salle de concert qui résiste vaillamment elle aussi (juste à côté de Cubaila Café),
    – Le Bar de la Plaine (non je ne vous ferai pas l’insulte de vous dire où c’est), qui programmé de temps à autre de super concerts sur le pouce,
    – La Maison Hantée, rue Vian, qui n’a plus le droit qu’ à un ou deux concerts par an, mais reste une scène mythique,
    – L’Oustau du Pais Marselhes, rue des Trois Mages, qui organise régulièrement un concert aussi ;
    – tout comme le snack « Chez Gilda » dont les mini-show sont fameux ! ;
    -le Pussy Twisters, rue Crudère, a organisé longtemps des petits concerts super (à vous de vérifier s’ils le font toujours !)
    – en plus grande salle, un peu moins hyper-centre, le Poste à Galène (rue St-Pierre, en limite de votre carte)
    – Le Planet Express, rue de l’Arc, salle alternative à ouverture épisodique ;
    – La Salle Gueule, ex O-Bundies, rue d’Italie (léquipe qui a repris le Balthazar en Molotov depuis, cf un autre article sur votre site)
    Rajoutez déjà ces 10 ENDROITS-là, on vous prendra bien mieux au sérieux (l’article n’est pas mal par ailleurs !)

    Signaler
  4. Mystic Punk Pinguin Mystic Punk Pinguin

    Bon article qui rend hommage au travail de fond de ces activiste qui font vivre la musique à Marseille. Il faudrait aussi évoquer les répartitions des subventions publiques au sein du milieu culturel, qui privilégient les « grosses machines » et les notables culturels sans trop leur demander des compte, laissant quelques miettes à ces petites salles (quand elles en ont).
    Pour retrouver la programmation de toutes ces salles indépendantes (ils en manquent quelques unes sur votre carte), n’hésitez pas à aller sur http://www.concertandco.com/marseille . Y aller c’est le meilleur moyen de les soutenir, d’autant que la programmation y est éclectique et de qualité.

    Signaler
  5. Pirlouiiiit Pirlouiiiit

    Je trouve le titre insultant pour les acteurs de la scène musicale (artistes, salles, promoteurs et journalistes qui la défendent) sinon en otut cas terriblement contre-productif (et pire -pas à l’image du contenu de l’article). Faites gaffe, ça contribue à ruiner le travail de tous ceux qui se bougent et conforter les personnes pas curieuses dans de fausses certitudes …

    ps : en 2012 : http://www.flickr.com/photos/pirlouiiiit/6937841143/in/set-72157629108681192/

    Signaler
  6. missjwl missjwl

    Et l’Enthropy a rouvert un espace bar/disquaire au 38 rue Jean Roques et organise soit des show ceses, soit des concerts sur les autres scènes (Salle Gueule, Machine à Coudre…etc…) Est ce que en fin de compte tout cela ne ressouderai pas les liens existants entre tous ces acteurs précaires mais indispensables aux courants de la scène Marseillaise? Est ce que les Préfectures ne devraient pas instaurer des normes moins restrictives et mieux adaptées à des lieux accueillant de la musique live en public restreint? Les normes européennes et Françaises en matière de sécurité que ce soit dans le milieu de la culture ou alimentaire ne seraient là que pour raboter les spécificités? et la vraie Vie, la vraie culture territoriale de terroir, quod est?

    Signaler
  7. Jade Jade

    Je ne comprendrais jamais la décision de justice au sujet de l’Ache de Cuba… Le couple ayant acheté l’appartement au dessus de la salle de concert savaient pertinemment où ils emménageaient! Personne ne les a obligé a habiter au desus d’une salle de concert ouverte depuis 15 ans!

    Signaler
  8. Jade Jade

    Au sujet des lieux de concerts qui subsistent, il y a les Demoiselles du Cinq, au 5 rue de l’Arc, 13001.

    Signaler
  9. jeandomtom jeandomtom

    Le Nomade Café à Bougainville…

    Signaler
  10. Aline Aline

    Et la machine à coudre???!!

    Signaler
  11. toine toine

    Et sur la carte, manque aussi data, 44 rue des bons enfants.
    Ce soir (8 fév), France Sauvage à 18h30.

    Signaler
  12. BiSuS BiSuS

    Le paradox à fermé car ils se sont endettés dans tout le quartier, ne payaient pas leurs employés ni les artistes et employaient au max au block, comme la majorité des lieux a marseille. Le jour ou il y aura ENFIN des controles pour le travail illegal les choses iront mieux.

    Signaler
  13. Anonyme Anonyme

    Au « grand méchant voisin » :

     » En fait, moi, je suis dans cette histoire la seule personne qui a été assez naïve pour se dire qu’il faudrait plutôt essayer de trouver une solution amiable, quitte à ce que j’en souffre pendant quelques temps.  »

    Mais personne t’a obligé à quoi que ce soit qu’on sache!!!
    C’est toi qui t’es imposé ça toute seule comme une grande! Alors plutôt que de faire ta victime, t’avais qu’à déménager au lieu de faire chier des centaines de gens, tu crois pas?

    Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire