Les attentions quatre étoiles de la métropole pour l’hôtel de la Canebière

Info Marsactu
le 7 Fév 2020
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Alors que les travaux du centre-ville doivent s'interrompre le temps de la campagne, un petit chantier poursuit son cours sous le pilotage exclusif de la métropole. Pour 600 000 euros, l'institution refait à neuf les deux rues qui encadrent le nouvel hôtel Mercure de la Canebière.

Les travaux de l'hôtel des Feuillants doivent finir fin mars.

Les travaux de l'hôtel des Feuillants doivent finir fin mars.

Depuis plusieurs mois, les habitants du centre-ville ont appris à slalomer entre les pelleteuses, à sauter à cloche-pied entre les caisses de pavés et les ouvriers affairés au grand chantier de la rénovation du centre-ville de Marseille. Cette fièvre aménageuse débutée il y a tout juste un an doit s’interrompre avec l’arrivée du beau temps, concomitante de l’entrée en campagne officielle.

Cette pause dans le chantier repousse à plus tard quelques gros morceaux de cet énorme chantier divisé en pôles géographiques. Il faudra donc attendre à la fin 2020 pour voir le nouveau visage de la rue Caisserie ou la seconde partie de la Canebière pavée de porphyre.

Les rues de l’hôtel 4 étoiles

Une petite partie du quartier fait exception à cette pause annoncée dans la révolution du centre-ville, portée par la métropole Aix-Marseille Provence et sa présidente Martine Vassal (LR). Il s’agit de deux petites sections qui encadrent l’hôtel Mercure de la Canebière, rue Longue des Capucins et rue des Feuillants. Les deux panneaux qui décrivent cette opération font état d’un chantier qui doit s’étaler de janvier 2020 à la fin mars pour un montant TTC de 600 000 euros.

Mais, curieusement, ce n’est pas le groupement désigné en février 2017, formé par Ingerop, Tangram et Desvignes, qui pilote cette opération. Sur l’affichage officiel, il s’agit du « pôle gestion de l’espace public » de la métropole. La collectivité a donc choisi d’assurer elle-même le suivi de ces travaux. Elle se base cependant sur la charte de qualité urbaine conçue par les paysagistes des deux agences. Selon les rues, places ou placettes, les architectes prévoient le type de pavage, les essences d’arbres et même la forme des trottoirs. « Nous n’avons pas réalisé d’esquisses pour ces deux rues, en revanche nous avons validé le projet d’aménagement proposé par la métropole », répond-on chez Tangram.

La métropole assure le pilotage des travaux

Malgré ce changement de pilote, c’est l’entreprise déjà prévue pour ce secteur qui a dépêché ses ouvriers. Le groupe Grégori Provence est l’une des sociétés choisies pour mettre en application les plans, dans le cadre d’un vaste appel d’offres passé en juillet 2018 pour un montant global de 67 millions d’euros. Elle apparaît sur le panneau.

C’est une des souplesses de l’accord cadre passé par la métropole avec le groupement Tangram – Ingerop – Desvignes pour mener cette rénovation. Il prévoit ce qu’on appelle dans le délicieux jargon technocratiques des « marchés subséquents » qui permettent de lancer ou non des missions. C’est d’ailleurs ce que répond le service presse de la métropole :

La métropole se réserve la possibilité d’assurer elle-même la maîtrise d’œuvre d’exécution, afin de répartir la charge de travail, tout en assurant la coordination de l’ensemble des acteurs, qu’ils soient privés ou publics, avec surtout la volonté d’assurer une cohérence globale des aménagements.

Mais la réponse se garde bien d’expliquer pourquoi ces deux rues font l’objet d’une attention particulière si ce n’est – heureux hasard – qu’elles encadrent le nouvel hôtel Mercure de la Canebière, projet phare de la fin du précédent mandat inauguré il y a quelques mois. À ce propos, la métropole répond qu’il s’agit de « l’aménagement de l’îlot des Feuillants, pour lequel le pôle voirie avait déjà travaillé par le passé, avant la passation de l’accord-cadre ». La même méthode est mise en œuvre rue Dumarsais, entre la rue Paradis et la rue Haxo, dans « un souci d’efficacité ».

600 000 euros pour quelques mètres carrés de pavage

Dernière incongruité, le prix global de ce chantier. En effet, dans des documents du chantier, on trouve le détail, rue par rue, des aménagements à prévoir et le prix estimatif. Pour la rue des Feuillants, l’estimation est de 165 000 euros et de 297 000 pour la rue Longue-des-Capucins, soit 462 000 euros pour la totalité. Avec 600 000 euros, il en coûtera donc 30 % de plus, même si l’estimation date de 2017. Sauf que l’enveloppe initiale prévoyait une réfection globale de la rue Longue-des-Capucins jusqu’à la rue d’Aubagne. Et non pas la petite section qui fait face à l’entrée de l’hôtel, qui correspond à la moins de la moitié de la surface prévue.

C’est donc un joli cadeau fort coûteux en argent public qui va permettre aux touristes de marcher sans que leurs valises ne coincent leur roulette dans les trous du bitume. Quant au reste des rues de Noailles, elles attendront la mise en œuvre d’un projet global qui patiente depuis 2014

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Commentaires

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  1. julguetre julguetre

    Toujours les mêmes méthodes, ils ne font même pas « semblant » pendant la campagne municipale ! C’est dire ce que ça va être après ….

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  2. Zumbi Zumbi

    Et dans mon quartier on continuera de tituber et de slalomer entre les trous, les bouts de goudrons divers plus ou moins bosselés, de traverser sur des passages à la peinture effacée, de marcher sur la chaussée pour contourner les motos garées en travers (jamais de fourrière pour les motos) : bref, malheur aux vieux, aux handicapés moteurs, aux aveugles, aux enfants. Martine Vassal, Marseille va mal.

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  3. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Où il se confirme une nouvelle fois, s’il en était besoin, que cette municipalité et ses extensions (ici, la métropole) n’agissent pas pour les Marseillais, mais pour d’autres : les touristes, les copains du BTP… Les projets pour les Marseillais (plan piscines et plan gymnases de 2008, projet Noailles de 2014…) peuvent attendre. Tout juste s’aperçoit-elle, à un an des élections locales, qu’il faudrait tout de même faire semblant d’en faire un minimum dans la précipitation.

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  4. Jean Peuplus Jean Peuplus

    Arrangements, privilèges et gestion inconsidérée de l’argent public, voilà les trois piliers souterrains de l’ancienne et peut être future équipe municipale. Rien ne changera donc jamais à Marseille?

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  5. Malaguena/Jeannine Malaguena/Jeannine

    moi lorsqu’il parle de pavage je m’inquiète car en principe ils se descellent très vite voir rue st fé!!. Maintenant il n’y a pas que les touristes qui sont concernés par la qualité de la réfection, moi à hauteur de l’arrivée du tram en face de chez C&A j’ai chuté en fin d’année!!

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  6. Mars1 Mars1

    En attendant, c’est un beau bazar pour rejoindre le marché des Capucins par la rue des Feuillants, il n’y a qu’un passage de moins d’un mètre de large devant les marchands de pizza où généralement les clients font la queue, et à l’angle de la rue Longue des Capucins (fermée depuis la Canebière), ce matin il y avait embouteillage de poussettes, piétons et vendeurs de cigarettes de contrebande! De quoi se dire que le confort et la sécurité des habitants locaux n’est vraiment pas le premier souci de nos élus. Quant aux touristes qui fréquentent l’hôtel Mercure, je ne sais pas s’ils sont nombreux, mais si leur chambre donne sur l’arrière ce doit être une vue peu ragoûtante avec les déchets qui s’ajoutent dans les espaces du chantier.

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