Le Bastion social a reçu son préavis de dissolution

Info Marsactu
Julien Vinzent_
27 Mar 2019 1

L'État a invité les différents représentants de l'organisation d'extrême-droite à présenter leur défense avant qu'il procède à sa dissolution. Celle-ci pourrait être effective le mois prochain. À Marseille et Aix, la procédure de ciblage a débouché concrètement sur des sections de l'Action française, vieille organisation royaliste.

Le local du Bastion social, rue Fort Notre-Dame.

Le local du Bastion social, rue Fort Notre-Dame.

Les courriers sont partis dans toute la France. Selon nos informations, le ministère de l’Intérieur a notifié plusieurs sections locales du Bastion social de la procédure de dissolution dont elles font l’objet. Emmanuel Macron avait annoncé sa volonté de dissoudre cette organisation d’extrême-droite lors du dîner du CRIF le 21 février. Mais depuis, aucune suite n’était connue et c’est sous la protection d’une dizaine de cars de CRS que les identitaires marseillais avaient fêté l’anniversaire de leur local Le Navarin, près du Vieux-Port (lire notre reportage).

À Marseille et Aix, la traduction concrète de l’annonce présidentielle a remonté plus en amont les racines de l’extrême-droite locale. Toujours selon nos informations, les deux associations visées sont des émanations de l’Action française, le cercle Frédéric-Mistral et le cercle Honoré-d’Estienne d’Orves.

Localement, la passerelle entre ce mouvement royaliste qui a plus d’un siècle d’existence, et le Bastion social, fondé en 2017 à Lyon, était connue. Le nom du bar tenu par le Bastion social Marseille fait en effet référence au local rue de Navarin qui était animé par l’Action française Provence dans le 6e arrondissement de Marseille. Une partie des militants ont alors adhéré au Bastion social, mais sans création formelle d’association locale. À Aix, des militants de l’Action française ont aussi été identifiés parmi les fondateurs du local La Bastide, affilié au Bastion social. L’organisation y tenait d’ailleurs sa réunion de rentrée en 2017.

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Une législation sur « les groupes de combat et milices privées »

Sur le fond, nous ne connaissons pas le détail des griefs listés dans le dossier monté par le ministère de l’Intérieur. Les membres du Bastion social comme de l’Action française se sont régulièrement signalés par des agressions donnant lieu à des condamnations. En février, Mediapart avançait que cette procédure remontait à décembre, au moment d’un appel du Bastion social à venir grossir les rangs des gilets jaunes avec pour objectif de « recréer le chaos ». Le journal en ligne précisait alors que le cadre est celui de l’article L212-1 du code de la sécurité intérieure sur les « groupes de combat et milices privées ». Parmi les éléments qui peuvent justifier une dissolution, on trouve une définition qui peut coller au Bastion social :

Sont dissous, par décret en conseil des ministres, toutes les associations ou groupements de fait […] qui soit provoquent à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, soit propagent des idées ou théories tendant à justifier ou encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence.

La semaine dernière, ce même texte de loi a été utilisé par Emmanuel Macron pour dissoudre quatre associations qui « légitiment de façon régulière le djihad armé » (voir le décret).

Formellement, la dissolution doit passer par un décret du président de la République, présenté en conseil des ministres. Mais avant cela, une procédure contradictoire doit être menée à terme. Le courrier adressé le 13 mars aux représentants du Bastion social leur donnait huit jours pour émettre des observations. Après ce délai, aujourd’hui expiré, un entretien peut également être organisé, comme cela a été le cas avec l’association Centre Zahra France, l’une de celles qui ont été dissoutes le 20 mars. Si l’on suit le calendrier de ce cas d’école, la dissolution en conseil des ministres pourrait aboutir avant mi-avril.

Contacté, le Bastion social a refusé par principe de répondre aux questions de Marsactu. Nous n’avons pas non plus été en mesure de joindre les représentants de l’Action française dans les délais impartis à la publication de l’article. De son côté, le Bastion social Chambéry donne déjà rendez-vous vendredi à ses militants pour une « noche de la dissolucion » aux curieux accents mexicains.

Capture d’écran de la page Facebook du Bastion social

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