Rue d’Aubagne : « J’ai été bouleversée par la solidarité et le surgissement artistique »
Marquée par le 5 novembre, Karine Bonjour a voulu immortaliser les œuvres qui sont nées des hommages, de la mobilisation militante et solidaire. Son livre Récit d'une rupture compile photos, affiches, témoignages, articles, banderoles de cet événement, qu'elle voit comme un "point de bascule".
Rue d’Aubagne : « J’ai été bouleversée par la solidarité et le surgissement artistique »
Récit d'une rupture. C'est le titre du livre recueil de Karine Bonjour, paru ce jeudi aux Éditions Parenthèses. Documentariste pour la télévision et les musées, Karine Bonjour a collecté, depuis le 5 novembre, une masse importante de documents en tout genres (articles de presse, photos, affiches, dessins...) en lien avec ce drame qui a coûte la vie à huit personnes, engendré une vague sans précédent d'évacuations et déclenché des mouvements solidaires, militants et de contestation.
Au fils des pages, l'auteure met en scène une narration, qu'elle veut à la fois subjective et fédératrice, pour faire passer son message, politique : ces victimes du 5 novembre, décédées dans les effondrements des immeubles de la rue d'Aubagne ou délogés de chez elles, ces concitoyens solidaires, descendus dans la rue, qui se sont exprimés sont les témoins d'une rupture. Celle qui les séparent irrémédiablement du pouvoir en place. Interview.
D'où part cette envie de faire un livre ?
D'un traumatisme collectif. Je me suis dit "il faut faire quelque chose, je dois faire quelque chose". J'ai commencé par faire comme les autres, aller aux réunions, donner des vêtements, vivre beaucoup plus à Noailles que d'ordinaire... Et puis, à force de vivre à Noailles, au milieu de tous, j'ai réalisé la vague qui montait. Le drame n'est pas une petite chose mais la fusion et la foule qui se forme derrière pour la solidarité, la mobilisation, les revendications... c'est là que j'ai perçu le point de bascule du 5 novembre. Je ne l'ai pas perçu tout de suite d'un point de vue politique. Mais d'un point de vue humain.
Quand percevez-vous cela ?
Cette foule m'a subjuguée assez vite en fait. Dès le 7 novembre, lorsque nous étions tous sous cette même pluie qui, deux jours plus tôt, faisait soi-disant tomber des immeubles. Nous étions là avec nos parapluies . . .
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