"Il y a un changement d'échelle de l'entreprenariat social dans cette région"

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le 21 Nov 2014
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Pupille de la nation, éducateur de rue, le "chti" André Dupon est devenu un "serial" entrepreneur social, par nécessité. "J'en avais marre de passer mon temps dans le bureau des juges avec des jeunes délinquants, j'ai donc essayé de trouver des entreprises qui pourraient accepter et tenter de les réinsérer, par le travail". C'est ainsi qu'André Dupon est devenu un des pionniers de l'entrepreneuriat social en France. Il y a 15 ans, il est entré chez Vitamine T, une entreprise du Nord dont il a contribué à faire l'une des plus importants groupes de ce secteur avec des filiales spécialisées dans le nettoiement, la médiation sociale ou le recyclage des déchets électroniques.

Nous avions à l'époque 600 salariés et 55% de notre chiffre d'affaires était de l'argent public. Nous avons aujourd'hui 3000 salariés, pour 50 millions de CA, dont 11% est apporté par de l'argent public.

Car une des principales critiques faites à ces entreprises sociales serait de n'exister que grâce à des fonds publics. Elles concurrenceraient par là-même, et d'une façon parfois déloyale, des entreprises issues du secteur marchand. Le président du Mouves s'en défend :

C'est un dogme qui est en train de tomber, dans la mesure où la majorité des entreprises sociales génèrent elles-mêmes les ressources issues du marché pour exercer leur impact social. Quand elles ont des aides – chez nous c'est 11% – cela revient beaucoup moins cher que de laisser des gens au RSA. On est de plus en plus dans une relation bien comprise entre ce qui relève de la rémunération d'un service payé par la puissance publique et ce qui relève de l'exercice sur le marché.

Un des objectifs du Mouves est justement d'essayer d'établir des passerelles entre entrepreneurs sociaux et entrepreneurs "lucratifs". Lors de leur étape marseillaise, André Dupon et les représentants du Mouves ont rencontré quelques chefs d'entreprises locaux, dont Jean-Luc Monteil, le patron du Medef PACA, qui s'est déclaré publiquement très ouvert à des partenariats avec des entreprises de l'ESS.

La région pourrait devenir, sur le modèle du Nord-Pas-de-Calais, une région phare de cette nouvelle économie avec notamment deux dossiers très médiatisés, la reprise récente de Nice Matin par ses salariés, et la relance de Fralib, sous forme de SCOP, qui doit aboutir dans les prochaines semaines. Ces deux symboles valeurs de tests "évidemment ce sont des challenges difficiles", conclut André Dupon. "Il faut qu'ils ces salariés se forment à la gestion, à la réalité économique, mais il se passe réellement quelque chose en terme de changement d'échelle de l'entrepreuneriat social dans cette région".

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Commentaires

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  1. leravidemilo leravidemilo

    L’E.S.S fait tous les jours , et depuis longtemps, la preuve de son utilité sociale, de sa rentabilité pour l’argent public qu’elle reçoit,et de son incommensurable supériorité éthique sur le secteur marchand. Elle se porte plutôt bien pour certain de ses secteurs,mais son volet associatif est en train de plonger du fait de la politique sarko-hollandaise,c’est à dire de L’U.E,celle de la concurrence libre et bien sur pas faussée du tout du tout : Instrumentalisation par la mise en marché généralisée ,DSP et tout le tsoin tsoin et dégâts collatéraux des fortes baisses des dotations d’état aux collectivités territoriales (le célébrissime Milles Feuilles),sans parler des redécoupages permanents et assassins de la politique dite de la ville…Bref,contrairement au discours dominant aux allures bienveillantes,elle ne rentre pas du tout dans le paysage voulue d’une société de concurrence généralisée, l’U.E veut sa peau et s’y emploie avec une grande tenacité. Pour ce qui est du MEDEF c’est tout comme,la politique de ces deux « institutions » étant strictement la même (mise en marché de tout,concurrence sauvage entre les peuples,les individus,les entreprises point.). Je n’ai pas de conseil à donner à André Dupon,qui accomplit depuis longtemps un travail admirable et particulièrement probant, mais pour ce qui est de futures «  » »coopérations » » » avec le MEDEF qui, en la matière,avance bien évidemment masquée et a bien besoin de trouver quelques cautions éthiques, je m’en méfierai comme de la peste (noire). Si la coopérative FRALIB existe aujourd’hui,c’est bien d’ailleurs à un combat trés déterminé contre le dit MEDEF qu’elle le doit!!!

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