Garo Hovsepian : "Je suis le candidat légitime aux municipales dans le 13/14"

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Benoît Gilles
22 Oct 2013 27

Sur le chemin de la mairie de Saint-Joseph (13/14), les gens arrivent par petites grappes détachées. "Il nous convoque pour nous remercier, tu crois ?", questionne un homme à la dame qui l'accompagne. "Jamais de la vie, rétorque-t-elle à la cantonade. C'est parce qu'ils veulent nous enlever Garo de la mairie pour mettre Christophe Masse en tête de liste. Nous, on veut garder Garo, c'est un bon maire". Visiblement, l'indéfectible maire des 13e et 14e arrondissements n'a pas convoqué que la presse pour lui faire part de sa réaction à la lecture de la presse du lundi : Patrick Mennucci lui préfére Christophe Masse comme tête de liste socialiste pour les prochaines municipales.

Effectivement, la salle des mariages est pleine de militants de la candidate Ghali, d'employés municipaux, d'habitants du secteur plutôt remontés. Entouré d'une partie de ses adjoints, il attaque fort : "Patrick Mennucci a toute légitimité pour être le candidat du parti socialiste en mars prochain. Mais les municipales, ce n'est pas une élection mais huit. Avec la majorité des élus nous avons soutenu avec force conviction et détermination la candidature de Samia Ghali. Nous sommes arrivés en tête dans nos arrondissements avec 60% et nous avons atteint la barre de 70% dans le 14e. Et quand je dis nous, c'est vous"

La salle acquise à sa cause scande son nom. Il en vient au fond de son message : il a appris "par voie de presse que le secteur serait dévolu à Christophe Masse avec l'assentiment d'Eugène Caselli qui voulait aussi être ici alors qu'il n'a jamais été élu sur son nom". Des propos que Patrick Mennucci avait tenus devant nous durant la campagne de l'entre-deux tours. "Pourtant Patrick Mennucci a expliqué tout le long de la campagne qu'il voulait en finir avec les arrangements, martèle-t-il. Le soir même de son élection, le mot d'ordre était le rassemblement." Et la "collégialité". Or, "le lendemain du second tour, on exclut ceux qui ont la légitimité et lors d'une certaine réunion dans un certain lieu, on se distribue les postes et les fonctions"

Garo loco

Après avoir figuré en deuxième place derrière Sylvie Andrieux lors des deux dernières municipales et avoir gagné les huit élections auxquelles il a participé, il pense que c'est son tour : "Je suis le seul candidat socialiste légitime à mener la lutte dans ce secteur municipal, quoi qu'il en soit". Pas question d'être le premier wagon au profit duquel on se désiste, Garo veut être la locomotive. Avec l'assentiment de Samia Ghali dont il fera scander le nom.

"Une certaine" réunion aurait été mise sur pied par Félix Weygand, soutien de Christophe Masse et conseiller général du 13e arrondissement. Il aurait réuni des militants autour de lui pour un premier contact informel autour de la candidature de Christophe Masse. Le principal intéressé nie toute conférence autour de son nom. "La seule réunion que nous avons eu hier au conseil général était d'ordre budgétaire, répond l'ancien candidat aux primaires. La seule question qui se pose est celle du rassemblement autour de Patrick Mennucci. Je ne varie pas d'un iota, j'irai là où je suis le plus utile. Je ne n'ai rien à négocier. Les voix qui se sont portées sur mon nom ne sont pas à vendre". De son côté, Félix Weygand reconnaît qu'il a bien réuni ses partisans dans son bureau "mais plus pour faire le point sur l'élection passée que celle à venir". Pour lui, la candidature Masse est une "hypothèse robuste" même si, d'après lui, "il est aussi légitime dans le 11e/12e où il est arrivé en tête".  

Au-dessus de Garo Hovsepian

En passant, Christophe Masse rappelle tout de même qu'il est conseiller général du 13e arrondissement, qu'il a fait 15% dans tout Marseille au premier tour. Surtout, il a fini en tête dans trois arrondissements, le 11e, le 12e et "largement dans le 13e avec 40% des voix". Il insiste encore : "Le 13e rassemble les deux tiers des inscrits du secteur. Le 14e est un petit arrondissement en termes d'inscription sur les listes". Cette avalanche de chiffres positifs sur l'implantation de Christophe Masse dans la vallée du Jarret et ses abords a pour but d'asseoir une légitimité. "Mais je suis aussi légitime que Denis Rossi ou Félix Weygand. Tout ceci est de la gesticulation. Ce qui se passe aujourd'hui est au-dessus de cela, au-dessus de Garo Hovsepian. C'est une démarche d'unité autour de Patrick Mennucci". Qui le lui rend bien.

Pourtant, dans la salle des mariages, les partisans de Samia Ghali et par ricochet de Garo Hosepian ont l'impression qu'une histoire s'écrit d'avance, sans eux. "On parle de lutter contre le clientélisme mais on ne sollicite pas les militants, proteste un jeune homme. J'ai l'impression que c'est une nouvelle famille qui s'arrange en son sein. On passe au-dessus de nous. Garo, tu nous a regardés comme des citoyens, pas des clients. On continuera le combat". Une autre participante est venue du 2/3 pour apporter son soutien et rappeler que Lisette Narducci a fait campagne "et qu'elle a été mise de côté. Notre maire aussi est légitime"

Effet tutelle à la Fédé ?

Effectivement, la procédure habituelle prévoit que les têtes de listes soient au moins approuvées par les sections de chaque secteur lors d'un vote avant d'être validées par la fédération puis Paris. "Or, comme la fédération est sous tutelle, on ne sait pas comment ça se passe, explique un proche du maire. Mais, en tout cas, cela passe par une concertation entre tous les candidats aux primaires, au premier rang desquels Samia Ghali". De son côté, l'heure est à l'apaisement. Elle attendra vendredi pour s'exprimer sur son avenir. Elle devrait y formuler des exigences en termes de programmes (logement, emploi, transport) et de présence de ses alliés sur les futures listes.

Quant aux militants du 13/14, ils sont persuadés que si tant d'élus ont soudain une passion pour leurs arrondissements, c'est qu'ils lorgnent tous sur la circonscription de Sylvie Andrieux, condamnée pour détournement de fonds publics mais qui a fait appel. "Christophe restera maire deux ans et sera candidat sur la circo de Sylvie ensuite, croit savoir un socialiste des quartiers nord. C'est pour ça que Karim Zéribi, Richard Miron ou Eugène Caselli veulent tous venir dans ce secteur. Mais, avec l'appel et [éventuellement] la cassation, Sylvie est encore là jusqu'en 2016 et il ne peut pas y avoir de législative partielle à un an du renouvellement de mandats. Ils se font des illusions". 

Aujourd'hui même Samia Ghali a rencontré le secrétaire national du parti socialiste, Harlem Désir, pour parler de la situation marseillaise. C'est donc désormais à Solférino d'indiquer la marche à suivre afin d'éviter la zizanie.


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