Fillonistes du 13 : "C'est vrai, on ne sera pas légion mais…"

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Jean-Marie Leforestier
25 Août 2012 6

"C'est vrai, on sera pas légion mais on ne part pas battus d'avance", lâche le conseiller général Maurice Rey qui soutient François Fillon comme candidat à la présidence  de l'UMP. Demain, Jean-François Copé lancera officiellement sa campagne lors de la fête de Châteaurenard dans la circonscription de Bernard Reynès et espère accueillir 2000 militants.

Dans la foulée de l'appel à candidature largement relayé lancé par des grands élus au début de l'été, pas grand monde ne manquera à l'appel de ce raout estampillé Génération France, le think tank de la vedette dominicale. Même le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin traversera le département pour prononcer un petit discours en prélude à celui du secrétaire général.

Certains partisans de François Fillon y seront "car c'est avant tout une fête UMP", glissent-ils. Ils l'admettent assez aisément : ils ont pour le moment bien du mal à exister et, selon eux, rien n'est fait pour les y aider. "Beaucoup des cadres et des élus de la fédération ont été surpris que l'appel se passe au siège de la fédération, qui n'est pas restée neutre", glisse Hervé Fabre-Aubrespy, ancien membre du cabinet Fillon à Matignon en charge de la carte électorale. L'ex maire de Cabriès poursuit : "Les listes des militants nous sont inaccessibles. A Cabriès, je connais l'ensemble des adhérents, encore que je ne sais pas s'ils sont à jour. Mais en dehors de ma commune, je ne les connais pas !"

Moins européiste ?

Même réflexion pour un des animateurs du collectif des jeunes fillonistes du département, David Ytier : "Les choses ne sont pas simples. On fait avec nos contacts directs, ceux dont on a les numéros. On est loin des multiples relances que l'on reçoit pour aller à Chateaurenard ce week-end". Du coup, les objectifs locaux restent modestes, notamment en terme de parrainages. "On ne va pas faire la compétition avec Copé là-dessus sur les Bouches-du-Rhône", écarte Pascal Montécot, le maire de Pelissanne qui a lui aussi choisi le premier ministre de la Sarkozye.

Ces élus et militants veulent miser sur "la capacité de travail" et "l'expérience" de celui qui "a su mener le gouvernement pendant cinq ans avec le soutien de la majorité des Français, contrairement à d'autres", lâche Maurice Rey. L'adjoint de Gaudin envoie ainsi une belle pierre dans le jardin de Nicolas Sarkozy avec lequel Fillon a, ces jours-ci, pris ses distances.

Sur le fond, un sujet revient régulièrement : l'Europe. Elu député européen sur la liste de Villiers en 1994, proche de Charles Pasqua, Hervé Fabre-Aubrespy étaye l'argument d'un candidat moins européiste : "Moi, j'ai fait campagne pour le non à Maastricht. Dans la campagne, Nicolas Sarkozy a repris des choses, certains des arguments de l'époque : François Fillon est plus marqué que Jean-François Copé par cela".

Rénover le parti

Le sujet des consignes de vote dans les duels qui opposent la gauche et le Front national ne fait pas recette. Les cantonales 2011 lors desquelles François Fillon défendait le front républicain contre Sarkozy et Copé semble loin. "Lors des législatives, la position des deux [ndlr, ne pas choisir] a été la même", estime Montécot. La question de voter PS dans ces cas-là serait-elle devenue tabou ? "Vous savez, rétorque Fabre-Aubrespy, les militants sont toujours plus à droite que l'électorat. Il y a toujours des personnes qui disent que ce n'est plus possible que la droite fasse 55 % des voix et d'avoir un député de gauche." Et l'on comprend que le moment n'est pas venu de les froisser.

Pour convaincre les adhérents, l'accent est davantage mis sur la gestion interne. La ritournelle, commune à nombre d'organisations, est connue : il faut plus écouter la base, les retours du terrain, éviter le centralisme départemental et national. Concrètement, cela donne des primaires pour désigner les candidats aux régionales, dans les grandes villes comme Marseille et à la présidentielle sur le modèle du PS notamment.

Fabre-Aubrespy va même plus loin sur les investitures : "Certaines pour les législatives ou les sénatoriales ont été mal gérées. Pour le Sénat, l'UMP soutenait parfois deux listes : ce n'est plus possible. Il faut s'interroger sur le fonctionnement de la commission d'investiture. […] Un exemple, il ne faut plus reconduire automatiquement les sortants."

Que feront Teissier et Boyer ?

Voilà qui fera certainement très plaisir au président de la dite commission, un certain Jean-Claude Gaudin. Ce dernier a choisi Copé très tôt et il n'est pas interdit d'y voir un retour de bâton. On dit Fillon très énervé par ce ralliement de Gaudin alors qu'il estime ne pas avoir lésé Marseillle en lui offrant notamment le premier musée national décentralisé avec le Mucem. Surtout, chiraquien puis sarkozyste, Copé n'a pas tout à fait le même parcours que Gaudin, note Fabre-Aubrespy. "Politiquement, il serait plus proche de François Fillon", tranche-t-il définitif avant de se rassurer : "S'il se rend compte que les militants sont plus partagés, il ne pourra peut-être pas s'engager trop fortement."

L'influence des poids lourds locaux dans une élection, si elle n'est pas totale, reste très importante. Quoiqu'ils avancent, les fillonistes manquent d'une tête de pont malgré l'apport du maire saussetois Eric Diard qui a loupé sa réélection à l'Assemblée nationale en juin. Ils espèrent donc beaucoup des deux députés qui ne se sont pas encore prononcés, les Marseillais Guy Teissier et Valérie Boyer.

L'élue de l'est de la ville, désignée nouvelle secrétaire départementale adjointe de l'UMP à la suite d'une réunion parisienne houleuse convoquée par Copé, sera à Chateaurenard mais n'a toujours pas fait son choix attendant "de voir les programmes et la façon dont le parti s'organise à Marseille". Le député-maire du 9/10, quant à lui, se décidera selon ses proches "dans le courant de la semaine prochaine". Il pourrait bien faire le choix de François Fillon. Une option qui ramènerait dans le débat la prochaine échéance électorale : les municipales.

Actualisation le 3 septembre : Guy Teissier a confirmé dans La Provence son soutien à François Fillon.

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