Un an après l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne, dont un était propriété d’une société publique gérée par la Ville, zoom sur l'incurie de la politique de Jean-Claude Gaudin dans l'habitat dégradé, entre prébendes et laisser faire coupable. Premier volet d'une enquête inédite réalisée en partenariat avec Mediapart, le Ravi et La Marseillaise.

L'enjeu

68 immeubles vacants sont passés entre les mains de la Ville ou sont toujours propriété municipale. La majeure partie d'entre eux relève de l'habitat dégradé. Certains sont en péril.

Le contexte

Près d'un an après le drame de la rue d'Aubagne, la responsabilité de la Ville de Marseille apparaît sous un jour nouveau. Une partie du patrimoine communale relève directement de l'habitat dégradé.

Les habitués du centre-ville ne lèvent plus le nez en passant devant ces façades décrépies, aux volets clos, où des plantes s’accrochent le long des gouttières. Parfois les entrées sont fermées par des portes anti-intrusion, les premiers étages bloqués par des parpaings. Ils forment le visage multiple, anonyme, de l’habitat indigne dont le centre-ville de Marseille est devenu un symbole, depuis les effondrements de la rue d’Aubagne, voici près d’un an.

« Cela relève avant tout de la propriété privée”. Cette phrase, le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin la répète sur tous les tons depuis le 5 novembre 2018. À Libération, en avril, il disait encore : « Je vous rappelle que ce sont des copropriétés privées et non des logements de la ville ». L’enquête conjointement réalisée par quatre médias, La Marseillaise, Marsactu, Mediapart et le Ravi, prouve que cette affirmation est fausse.

Parmi ces façades glauques, 51 immeubles au moins sont la propriété directe de la Ville de Marseille. Et ce, rien que dans le 1er et 2e arrondissements. Certains font partie de son patrimoine depuis plusieurs décennies et sont aujourd’hui à l’état de ruines. D’autres, dont nous avons pu remonter la trace, ont été cédés à des partenaires privés et publics dans des conditions parfois troubles. Bon nombre d’entre eux sont restés en l’état, vacants, murés.

68 immeubles vides, à l’abandon

En tout, ce sont 68 immeubles aujourd’hui vides et à l’abandon qui sont entre les mains de la Ville ou qui y sont passés. Nous sommes en mesure d’avancer ce chiffre car nous avons minutieusement croisé deux méthodes : une enquête de terrain et une compilation de données sur les transactions immobilières de la Ville depuis 2003. À l’endroit de ce croisement, se trouve Nourredine Abouakil. Infatigable militant de la lutte contre l’habitat indigne, cet habitant du centre-ville connaît bien ces rues et ces immeubles. Au fil des années, il a repéré bon nombre d’entre eux.

Nous avons choisi de creuser ces données empiriques en vérifiant l’histoire de ces biens et des transactions dont ils ont fait l’objet, enregistrées sous forme de formalités hypothécaires. Elles officialisent auprès des services de l’État les transactions immobilières réalisées par la Ville et les filiales publiques ou privées qu’elle a créées pour mettre en œuvre sa politique d’aménagement.

La carte des 68 taudis

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Cliquez sur les immeubles pour afficher l’adresse, la date d’acquisition et de vente (lorsque nous la connaissons) et la photo. Il est possible de passer en plein écran.

Enquête de données, enquête de terrain

Avec lui, nous avons également parcouru toutes les rues de Belsunce, de Noailles, du Panier et du Chapître. Ces quartiers forment une grande partie du centre historique de la ville. Ils ont aussi été le théâtre de la plus longue opération de rénovation de l’habitat dégradé menée par la Ville.

Le résultat est sans appel. Dans le très touristique Panier, le verso de la carte postale est plus qu’inquiétant : des immeubles menacent de s’écrouler. C’est par exemple le cas montée des Accoules, une des entrées de ce quartier situé à proximité du vieux-port, derrière l’hôtel de ville. Au numéro 5, juste en face d’une boutique de souvenirs, l’immeuble sert de nichoir à pigeons depuis son expropriation en 2007. Propriété de la Ville depuis 2009, le 28 a lui aussi « pourri » sur place selon le mot d’un ouvrier qui y travaille désormais. L’immeuble n’a plus de toiture, les murs et fondations sont imbibées. Mais il a fallu attendre les effondrements de la rue d’Aubagne pour que la mairie réagisse et le fasse expertiser, puis encore trois mois pour qu’elle agisse : le 26 mars, la rue est fermée.

C’est aussi le cas, au cœur de Noailles, à deux pas de la rue où s’est produit le drame il y a un an. Dans le domaine Ventre, aux 19 et 24 de la rue d’Aubagne, la mairie est propriétaire depuis 16 ans d’un appartement « fantôme », un T2 de 33 mètres carrés dans un état de total abandon, ouvert à tous les vents.

Immeubles invendables, trop dégradés

C’est encore le cas, rue Bernard du Bois, dans le secteur de la Gare Saint-Charles, un quartier en complète mutation. Achetés en 2010 (100 000 euros), en 2011 (199 000 euros) et 2013, les numéros 78, 80 et 82 de cette rue proche de la gare Saint-Charles ont été déclarés bons à démolir le 4 février de cette année, après une visite effectuées en décembre 2018, dans la foulée de l’effondrement des 63 et 65 de la rue d’Aubagne. Entre-temps, la Ville a été approchée par un investisseur de sa connaissance, qui a finalement jeté l’éponge, et a lancé un appel à projets en bonne et due forme, qui n’aboutira pas plus. « Les candidats n’ayant pu à terme financer le projet de réhabilitation des immeubles, compte-tenu de leur état de dégradation avancé”, explique la délibération du 4 février.

Dans ces cas précis, des immeubles publics menacent directement des biens privés, obligeant les propriétaires à quitter leur appartement en catastrophe. Au Panier, en plus de la fermeture de la rue, c’est l’entrée de l’école d’à côté qui est rendue inaccessible. Les habitants des immeubles mitoyens et ceux de la rue Puits Baussenque, située juste derrière, qui sont évacués. Rue Bernard du Bois, ironie du sort, l’état des trois immeubles propriété de la Ville était tel qu’il a entraîné l’évacuation des locataires de deux immeubles voisins rénovés par le bailleur social Marseille Habitat, sous le coup d’une “injonction d’interdiction d’habiter”. Le Royaume de la grillade, un snack qui a ouvert au début de l’été n’a pas eu plus de quelques semaines d’exploitation.

Chaque ligne représente un immeuble. Pour ceux dont nous ne connaissions pas la date d’acquisition nous avons indiqué la date de la première transaction connue.

Le bilan désastreux du Périmètre de restauration immobilière

Ce résultat est à mettre au bilan de la politique menée par la ville pendant plus de 25 ans,  dans le centre-ville : le périmètre de restauration immobilière (PRI). Il permet via un dispositif issu de la loi Malraux aux propriétaires privés de défiscaliser l’intégralité du montant des travaux. Réalisés sans contrôle a posteriori, ces travaux ont donc consommé des millions d’argent public en toute opacité, « sans procès-verbal contradictoire » des travaux réalisés et sans bilan du ministère de l’économie et des finances sur les montants défiscalisés. Dans son rapport de 2013 sur Marseille Aménagement, la société d’économie mixte chargée de cette opération, la chambre régionale des comptes écrivait : “Il est donc tout aussi impossible de porter une appréciation sur l’effectivité et la qualité de la restauration immobilière opérée”.

En cas de non réalisation des travaux, Marseille Aménagement était en droit de préempter les biens. Ce qu’elle a peu réalisé et très tardivement, comme le notait toujours la chambre régionale des comptes. Mais elle s’est souvent montrée incapable de réhabiliter ces quelques biens préemptés. « À la clôture des périmètres de restauration immobilière (PRI), 47 immeubles propriétés de la Ville ou de ses sociétés, certains depuis 1996, sont restés en déshérence, rappelle Noureddine Abouakil. Ce qui induit des charges, sans qu’aucun loyer rentre, avec un bâti qui se dégrade et peut devenir dangereux pour les passants« .

Le PRI a été clôturé dans la précipitation à partir de 2010. C’est à ce moment-là qu’une partie du patrimoine de Marseille Aménagement, a été transféré à la Ville et ensuite à Marseille Habitat. En majeure partie, ce sont ces biens que l’on retrouve dans l’inventaire mis au jour par cette opération #LaGrandeVacance.

Des immeubles achetés, revendus aujourd’hui en péril

Une partie d’entre eux ont été vendus par le biais d’appels d’offres. D’autres sont partis dans des conditions d’une grande opacité vers des bénéficiaires que nous dévoilerons dans un deuxième volet de notre enquête. On retrouve certains biens parmi ceux frappés par de récents arrêtés de péril. La Ville a pu exproprier des biens, les revendre à perte à des investisseurs censés les réhabiliter pour qu’ils se retrouvent à nouveau dans le parc d’habitat indigne à traiter.

C’est le cas des numéros 12 et 19 de la rue Longue des Capucins. Revendus par Marseille Aménagement le 21 décembre 2006 à une SCI, le 19 est sous arrêté de péril depuis février dernier. Porte d’entrée cassée, il est sinistré et inoccupé depuis près d’un an, selon un employé de la boucherie en face. Au numéro 12, les fenêtres sont béantes ou murées.

“La CRC [chambre régionale des comptes, ndlr] s’était étonnée dans un rapport de ces opérations d’achat à des prix assez élevés et de revente des années après à prix cassé à des investisseurs privés, rappelle Florent Houdmon, le directeur de l’antenne régionale de la fondation Abbé Pierre. La Ville oppose une question de rentabilité pour les investisseurs, mais normalement ce type de déficit n’est acceptable que pour faire du logement social ou conventionné, ce qui n’est pas toujours le cas”.

Une vente à perte pour financer d’éventuels travaux

C’est effectivement ainsi qu’un cadre de la Ville, aujourd’hui parti, défend sous couvert de l’anonymat la politique menée : “Dans le cas d’une expropriation, nous sommes contraints par le prix des domaines qui fixe une valeur aux biens sans se préoccuper de sa destination, ni même parfois de son état. Or, si un propriétaire veut faire du loyer conventionné par l’Agence nationale d’amélioration de l’habitat (ANAH) avec un loyer plafonné pendant 9 ans, il ne va gagner de l’argent que s’il a un prix d’achat extrêmement bas. On parle de 3,5 à 4% de marge, pas plus. C’est la même chose pour un propriétaire qui veut faire du prix libre ou même du logement social. La décote sur le prix de vente correspond au financement du déficit de l’opération”.

D’autres sont restés dans le patrimoine municipal en l’état de délabrement. Comment expliquer un tel état d’abandon ? “La réponse, c’est l’incurie, juge un ancien cadre de la ville. On ne prend pas conscience de l’état du patrimoine parce que le service en charge des travaux ne fait pas partie de la direction qui gère le patrimoine à la Ville.” Et de pointer un fonctionnement en silos : “Il y a d’un côté la direction du patrimoine, et de l’autre la DGAVE (architecture et valorisation des équipements). Du coup quand la direction du patrimoine dit qu’il faut faire des travaux dans des immeubles qui lui appartiennent, il y a un arbitrage, et ces immeubles passent après les travaux réalisés dans les équipements publics. C’est comme ça et c’est désastreux.”

« Cela relève un défaut d’organisation »

C’est ainsi qu’Arlette Fructus, adjointe au logement (mouvement radical) du maire de Marseille Jean-Claude Gaudin et présidente de Marseille Habitat, affirme ne pas avoir connaissance du nombre d’immeubles possédés par la Ville. “Cela concerne des directions qui ne sont pas sous ma responsabilité, explique-t-elle. Le patrimoine municipal, c’est André Malrait puis Robert Assante. Cela relève effectivement un défaut d’organisation où un même sujet, l’habitat, va être traité par plusieurs directions sans forcément de communication”. L’élue assure que cette désorganisation apparente appartient désormais au passé, depuis une nouvelle réorganisation des directions.

« La Ville oubliait régulièrement des immeubles [lui appartenant –Ndlr], se souvient Sandra Comptour, une architecte et urbaniste qui a travaillé sur une étude urbaine de Noailles commandée par la Soleam, puis enterrée en janvier 2018. Parfois j’interpellais la Ville sur un immeuble dégradé, ils répondaient l’avoir oublié. »

Pour Noureddine Abouakil, la raison est plus politique. « Il y a certes de l’incompétence, mais je constate que sur d’autres thématiques, comme la rénovation du Stade Vélodrome, il n’y a pas la même lenteur, ni les mêmes difficultés. C’est une question de priorité, la réhabilitation de ces immeubles est plutôt subie, comme la municipalité ne sait pas qui va les habiter. Ce n’est pas sa clientèle politique. »

Un inventaire en tout hâte

En novembre 2018, après les effondrements de la rue d’Aubagne, l’état-major de la ville se réunit. L’un des immeubles effondrés, le n°63, est dans le giron public depuis plusieurs années. La Ville lance donc une enquête en urgence dans son patrimoine à la recherche d’immeubles “menaçant ruine”. Les experts du centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), un établissement public rattaché entre autres au ministère du logement, qui expertise déjà les immeubles de la rue d’Aubagne, ont même été dépêchés en urgence pour statuer sur l’état du bâti et le risque d’effondrement.

Selon la réponse que la Ville a fait par courriel à nos demandes d’entretien, celle-ci évalue à 70 le nombre d’immeubles “potentiellement dégradés”. Certains sont encore habités. Tous seront traités, promet la municipalité.

En décembre 2018, la Ville a confié dans l’urgence des biens à la Soleam, son nouveau bras armé, pour être traités. Ils s’ajoutent aux 24 immeubles que la société publique locale possède déjà dans le cadre de l’opération grand centre-ville. “Certains sont en portefeuille depuis 2011, d’autres ont été acquis récemment, sans doute après le drame de la rue d’Aubagne”, reconnaît Gérard Chenoz, adjoint au maire et président de la société publique locale. Du côté de Marseille Habitat, on justifie l’écart entre la date d’achat et celle de la livraison par la complexité des procédures. Qu’il s’agisse des propriétaires récalcitrants ou de projets qui tardent à voir le jour.

Le 13 rue de l’Arc a attendu pendant six ans que l’acquisition du 15 voisin soit bouclée, afin de faire émerger un projet commun.

Pour le reste, la liste exacte des biens publics et leur état est l’un des secrets bien gardés de cette municipalité. Interrogée par Marsactu lors d’un débat, Arlette Fructus a confirmé qu’un inventaire a bien été réalisé après la rue d’Aubagne, sans pouvoir chiffrer le patrimoine municipal menaçant ruine. “Nous, à Marseille Habitat, étions volontaires pour recycler le patrimoine communal dans le cadre de la concession d’éradication indigne, indique la présidente de la société d’économie mixte. Force est de constater que nous avons été très peu sollicités”.

Ces immeubles sont cités dans un courrier révélé par La Marseillaise entre le nouveau directeur général des services de la métropole, Domnin Rauscher, et son homologue à la Ville, Jean-Claude Gondard, le 8 janvier dernier.

“Les collectivités et leurs opérateurs, par les procédures publiques engagées souvent trop lentes à aboutir, sont propriétaires de foncier dégradé. La ville de Marseille possède des immeubles issus d’expropriation ou de préemption sur lesquels il a fallu intervenir en urgence ces dernières semaines”.

Le chiffre de 100 biens publics est cité dans plusieurs documents de la métropole, mais celle-ci met en avant une erreur de rédaction. Là encore, mairie comme intercommunalité sont incapables de rendre publique la liste de ces biens publics qu’elles ont laissé parfois pourrir sur pied.

Louise Fessard (Mediapart), Benoît Gilles (Marsactu) et Jean-François Poupelin (Le Ravi) et Julien Vinzent (Marsactu)

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Les coulisses de Marsactu
Pour la première fois, quatre médias, Le Ravi, Mediapart, La Marseillaise et Marsactu  s'associent pour une enquête inédite sur la place de l'habitat dégradé dans le patrimoine de la Ville. En appui à cette enquête, chaque média publie un article d'éclairage décrivant différents exemples d'abandon. Le Ravi revient sur la façon dont trois immeubles promis à la démolition rue Bernard du Bois ont forcé Marseille Habitat à évacuer deux immeubles voisins (à lire ici). Mediapart revient sur un immeuble abandonné par la Ville, rue Longue des Capucins, en plein cœur de Noailles (à lire ici). La Marseillaise détaille le patrimoine abandonné du père Sanchez au Panier, l'abandon du 26 montée des Accoules, à l'origine d'évacuations en cascade et l'appartement fantôme du domaine Ventre, à l'origine d'un péril grave sur deux immeubles à Noailles (à lire en kiosques).
Benoît Gilles
Journaliste

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Commentaires

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  1. barbapapa barbapapa

    On a quelquefois des doutes ou des hésitations à utiliser des mots très forts comme « incurie »pour qualifier la municipalité Gaudin / Vassal / Gilles i tutti cuanti, mais on est en dessous de la réalité !

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    • Vincent Squale Vert Vincent Squale Vert

      Sans vouloir défausser l’équipe municipale sortante, c’est surtout l’absence de responsabilité qui me choque. Oui, il y a une responsabilité collective. Mais personne ne le reconnaît et plus malheureusement rien ne change. D’ailleurs, est ce que l’habitat indigne est un thème de la campagne électorale ? Circulez, il n’y a rien à voir. Le tout avec la complicité de l’état pour des raisons pragmatiques et ou politiques que nous ignorons. Sommes nous bien sûr le territoire national et métropolitain ? Peut-on encore sauver Marseille et peut être la métropole, qui semble être également contaminée par capillarité…

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  2. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Remarquable travail d’investigation ! Une fois de plus, on voit le décalage entre les discours et les actes de Jean-Claude et de son gang (« C’est pas nous, c’est les autres »…).

    Le laisser-faire aura été de bout en bout la marque de fabrique de ce roi fainéant. Un quart de siècle perdu pour Marseille.

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  3. Otox Otox

    Que font les journalistes de La Provence ?!? Le dernier article que j’ai lu sur Gaudin dans La Provence concernait ses habitudes alimentaires et ses anecdotes dans les différents restaurants de la ville…
    Merci à tous pour votre travail d’investigation.

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    • Tarama Tarama

      Ils gagnent un salaire, et pour ça on est content pour eux, mais pour le reste, ça doit être bien difficile quand on veut faire du journalisme, de travailler dans cette rédaction.

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  4. Tarama Tarama

    Et sinon une démission en masse de toute cette bande d’escrocs, toujours pas ?

    Mais l’incurie est tellement généralisée qu’à 6 mois des élections et après un règne calamiteux de 26 ans de la droite, la gauche n’est même pas prête alors que ça devrait lui tomber tout cuit entre les mains.
    C’est désespérant…

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  5. MarsKaa MarsKaa

    Bravo et merci pour ce travail de fond, nécessaire.

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  6. Tarama Tarama

    Alors que revoilà André Malrait…

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  7. MarsKaa MarsKaa

    Ce qui m épate, c est qu ils se connaissent tous, ont fait campagne ensemble, se croisent aux mêmes endroits, autour des mêmes buffets petits fours, se refilent de bons tuyaux, placent chacun des « proches » dans leurs services, mais quand il s agit boulot, là, on ne communiquerait plus ?
    Ils savent pertinemment ce qu ils ont fait de Marseille. Ils ont fait des choix. Ensemble. Y compris d omerta.

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    • Tarama Tarama

      Bien sûr.
      C’est pour ça que ce n’est pas que de l’incompétence, ce qui serait déjà grave. Mais là c’est voulu, c’est pire.
      C’est la mafia, comme en Italie du sud, où certains prospèrent sur une misère qu’ils n’ont aucun intérêt à résorber, bien au contraire.

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  8. Brallaisse Brallaisse

    Une fois de plus au travers de cet article la démonstration est faite sur la stratégie de cette équipe. Je laisse pourrir la situation et je fais un cadeau aux copains de la promotion immobilière.
    Concernant la responsabilité des élus et des équipes on s ‘abrite derrière ce terme ectoplasmique qu’ est la Ville. C’est le fameux monsieur ‘on:.
    Povre de nous

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  9. Éric Schulthess Éric Schulthess

    Bravo pour ce travail collectif ! Pourvu qu’il éclaire Marseillaises et Marseillais en mars prochain au moment de choisir une nouvelle équipe municipale…

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  10. caroline garcia caroline garcia

    bravo, excellente initiative 🙂 !

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  11. Tarama Tarama

    Le lexique en « i », cher aux commentateurs assidus de Marsactu, est présent en entier dans les lignes de l’article :
    #Incurie
    #Incompétence
    #Incapacité
    #InvestiseursPrivés

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      Irresponsabilité (« C’est pas moi, c’est les autres »)
      Inhumanité

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    • Brallaisse Brallaisse

      Nous pouvons si vous le voulez attaquer les qualifications en ON.
      Mai en vérité ,ces gens là sont tellement tout qu’ils en deviennent proprement inqualifiables.

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      Pendant ce temps, l’héritière désignée, au lieu d’annoncer son plan pour attaquer les retards marseillais en matière d’école, d’équipements sportifs de quartier, d’habitat indigne, et tous les autres, nous pond une petite diversion à base de « je ne vendrai pas le stade », sujet capital s’il en est !

      J’oubliais, pour l’école elle a annoncé un « plan Charlemagne » qui, comme le « plan école réussite » de son mentor ou les fameux « plan piscines » ou « plan gymnases », tient en quelques phrases non chiffrées. Des promesses comme celle-là, il en a plu des seaux en 2014, sans aucun effet.

      Indignité.

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    • barbapapa barbapapa

      des Z’InQlés

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    • Alain Dex Alain Dex

      Le plan bibliothèques, aussi, pendant qu’on y est.

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  12. Thémismassilia Thémismassilia

    Edifiant ! On ne peut plus élire une bande d’incapables et d’irresponsables. La justice doit passer et prendre de lourdes sanctions à l’encontre des élus qui semblent dormir sur leurs deux oreilles. Je voterai pour une nouvelle équipe même inexpérimentée mais qui a le sens de l’intérêt général et non pas de ses propres intérêts. Huit victimes ont payé l’incurie de ces hommes et femmes qui ont le culot de se renvoyer la balle.

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  13. jean-marie MEMIN jean-marie MEMIN

    D’emblée, quand je vois  »une enquête inédite réalisée en partenariat avec Mediapart, le Ravi et La Marseillaise, je prends et j’applaudis. Faut que la situation soit bien pourrie pour que des journalistes divers collaborent !
    Pourquoi ne pas inclure cet article en affiches ou dans tout autre medium qui permettraient aux personnes qui ne veulent  »rien » savoir au moins d’être informé à l’heure des élections?
    Continuez…!

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  14. Brallaisse Brallaisse

    Si vous comptez sur la Provence en tant qu’agent électoral de Gaudin et de Vassal pour diffuser ce genre d’info c’est que vous êtes d’un naturel optimiste.
    En revanche ce dernier quotidien est très au fait de savoir si Jean Clôôôôôôde préfère les pieds et paquets ou le muge. Du vrai journalisme d’investigation à la Provence !

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    • barbapapa barbapapa

      surtout le muge

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  15. daniel daniel

    Un très grand merci â vous tous pour avoir communiqué toutes ces informations qui meritaient d’être connues et divulguées. Espérons quelles ne resteront pas sans suites…

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  16. julijo julijo

    Tous les commentateurs ont dejà commenté comme il se devait. rien à ajouter vraiment.
    Juste un mot donc :
    Intervention parfaite ce matin de benoit gilles sur france bleue provence !!!!
    quel plaisir au petit déjeuner…., et une fierté d’être abonné à marsactu !

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    • Tarama Tarama

      Il était sur France Inter un peu plus tôt. Et oui, c’est une fierté que de soutenir ce journal et son équipe.

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  17. David David

    Bravo marsactu et tous les autres médias, c’est du vrai travail de journalisme ! On n’attend plus que les premières mises en examen(on peut rêver en rajoutant. « avant que le principal intéressé ne casse sa pipe »?)

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  18. Zumbi Zumbi

    Ceci attire particulièrement mon attention :
    « Réalisés sans contrôle a posteriori, ces travaux ont donc consommé des millions d’argent public en toute opacité, « sans procès-verbal contradictoire » des travaux réalisés et sans bilan du ministère de l’économie et des finances sur les montants défiscalisés. Dans son rapport de 2013 sur Marseille Aménagement, la société d’économie mixte chargée de cette opération, la chambre régionale des comptes écrivait : “Il est donc tout aussi impossible de porter une appréciation sur l’effectivité et la qualité de la restauration immobilière opérée”.
    J’ai souvent posé la question, y compris sur un blog de Marsactu, à propos des travaux effectués sur la voirie : apparemment on paie mais on ne vérifie jamais si le travail a été fait convenablement ; et c’est ainsi que dans des rues dont on vient de refaire la chaussée au bout de deux mois apparaissent de considérables fissures, et en moins d’un an des trous extrêmement dangereux pour les pneus des voitures et pour la vie des cyclistes. J’avais signalé aussi, ce n’est qu’un détail mais un détail de plus, ces passages piétons repeints et devenus invisibles deux heures après, car à peine la peinture posée on enlève les plots et les pneus passent sur de la peinture fraîche. De la plus grande échelle au moindre détail, on fait n’importe quoi des deniers publics.
    On me racontait aujourd’hui même l’histoire d’un petit cabinet d’architectes contracté par la Mairie pour faire un certain nombre de travaux de remise en état d’immeubles dégradés, y compris périlleux ; notre homme embauche du personnel, refuse d’autres commandes et… au bout d’un an la mairie n’a effectivement engagé des fonds que pour deux des chantiers prévus, le cabinet a dû licencier le personnel surnuméraire et sa pérennité est en danger.

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  19. LN LN

    Je me joins aux éloges ci dessus pour ce travail remarquable. Il est voulu sur un périmètre bien défini. On l’élargirait que le constat en serait plus marquant et affligeant.
    Ca me réjouis que tout ceci sorte avant les élections. Pourvu que…
    Entendu ce matin sur France Inter Philippe Pujol pour la sortie de son livre. A la fin, la journaliste lui dit, « on vous sent déprimé ».
    Ben ouais, on est déprimé, dépité, dégoutté…

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  20. Pirate Pirate

    Merci infiniment pour cette enquête. Quand y aura t il procès des élus et cadres fonctionnaires ??? ( toujours en place)

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  21. Tarama Tarama

    J’attends avec impatience les articles montrant qui sont les grands bénéficiaires de cet abandon.
    J’avais dit, au moment de la catastrophe : « ils sont à Perrier, au Roucas Blanc, et se gavent de petits-fours et chocolats pendant que les cadavres sont encore chauds sous les décombres ».

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  22. brimadu brimadu

    Merci,

    Un autre patrimoine est à l’abandon, il est beaucoup plus facile d’en déterminer le/la propriétaire : il s’agit des écoles …
    Retrouvez l’enquête du collectif des écoles de Marseille ici :ecoles-marseille.fr
    Même le recteur

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    • brimadu brimadu

      [fausse manip]… convenait  qu’un quart des écoles avait besoin de travaux (même s’il y en  a certainement plus que ça) :
      Merci aussi donc :  https://marsactu.fr/bref/des-travaux-a-faire-dans-un-quart-des-ecoles-de-marseille-selon-le-recteur-dacademie/

      Là aussi, un travail de terrain approfondi serait nécesaire…

      En tout cas, vivement les prochains volets de l’enquête..

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  23. Raymond Dayet Raymond Dayet

    Bravo aux journalistes pour la qualité de cet article. Ce qui est incroyable dans cette tragédie, c’est que cet état de délabrement généralisé, ces immeubles entiers qui étaient indignes et en état de péril n’aient pas été repérés avant. Comment un constat aussi accablant et massif a-t-il pu échapper à tout le monde? Les habitants devaient bien se plaindre, interpellés les responsables, les syndics, les propriétaires, les élus du quartier qu’ils soient d’ailleurs de la majorité ou de l’opposition. Qui étaient au conseil d’administration de cette fameuse société d’économie mixte et qu’ont-ils fait? Tout ça ressemble malheureusement quand même à une passivité généralisée? Tous ces immeubles, ils ne sont quand même pas devenus insalubres et indignes du jour au lendemain? Il est difficile pour le quidam de comprendre comment tout cela a pu passer inaperçu pendant des années.

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