[C’est sa tournée] À Marseille et Pertuis, François Fillon en quête de « remontada »

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Julien Vinzent
16 mars 2017 8

Pour couvrir les déplacements des candidats à la présidentielle, Marsactu a choisi de les mettre sur la grille. François Fillon essuie les plâtres de ce nouveau format avec une visite minimaliste, au lendemain de sa mise en examen.

Le lieu, comme toile de fond voire comme prétexte. Dans une campagne nationale, la ville d’accueil des candidats n’est bien souvent qu’un théâtre. Pour couvrir la présidentielle depuis Marseille, Marsactu a choisi de les mettre sur la grille. À chaque déplacement, nous vous raconterons par le prisme de thèmes imposés leur venue. De passage à Marseille puis en meeting à Pertuis, en Vaucluse mais toujours dans la métropole, François Fillon essuie les plâtres de ce nouveau format. C’est sa tournée.

La séquence

15 mars. Lors d’une conférence de presse au début du mois, François Fillon avait lui-même annoncé cette date comme celle de sa prochaine convocation par les juges chargés de l’instruction sur les emplois de sa femme Pénélope. Ils ont finalement anticipé d’un jour, lui signifiant mardi sa mise en examen pour détournements de fonds publics, manquement aux obligations déclaratives auprès de la Haute autorité, recel et complicité d’abus de biens sociaux.

Annoncé dans la même journée, le meeting de Pertuis était donc le premier du candidat LR depuis sa mise en examen. « On m’a dit qu’à Pertuis ce soir il y avait une réunion, que les militants de la France étaient rassemblés et qu’ils étaient plus déterminés que jamais. Alors j’ai décidé de venir, pour vous dire que je ne baisse pas la tête devant les balles de mes adversaires », a-t-il lancé devant la modeste salle des fêtes, comble pour l’occasion. Sans préciser l’identité de ceux qui tiennent le revolver. Parmi les orateurs, le député de la circonscription Julien Aubert a résumé l’enjeu : « la remontada », en référence au considérable écart que devait remonter le FC Barcelone face au PSG. C’est dire si son candidat n’est plus le favori du scrutin.

Le cadre

Comme beaucoup d’autres, la rédaction de Marsactu a bondi à l’écoute de la matinale de France Inter. François Fillon sera de passage à Marseille, avant son meeting vauclusien. « Je ne suis pas au courant », nous répond rapidement un de ses soutiens locaux. Même embarras du côté du directeur de la communication des Républicains, l’Allaudien Lionel Moisy de Cala. Plus habiles à cet étrange jeu du chat et de la souris, des confrères finissent par avoir des bribes. Le cadre sera hautement symbolique : l’hôtel de ville de Marseille et une rencontre avec Jean-Claude Gaudin, soutien de Nicolas Sarkozy pendant la primaire.

Sous la grande arche, un ruban rouge fixe une frontière que la police municipale et les communicants se chargent de faire respecter : d’un côté le candidat salue les quelques élus et militants venus l’accueillir, de l’autre la presse peut observer, prendre des photos. Mais pas échanger. Quant à l’entretien avec le maire, la présidente du conseil départemental Martine Vassal et plusieurs parlementaires, seuls quelques photographes « poolés » seront admis à assister aux prémices, le temps d’immortaliser la belle image. Las, un journaliste taquin en préférera une autre, celle d’un candidat débarquant rue de la Prison au lendemain de sa mise en examen.

Pris au mot

« Ici au Pertuis, nous sommes dans le Vaucluse… » « À Pertuis ! » « À Pertuis… Mais on est bien dans le Vaucluse. » « Oui ! » « Et dans le Vaucluse il y a Avignon. » « Oui ! » « Et Avignon c’est la patrie du théâtre, c’est le berceau de Jean Vilar. Eh bien j’affirme ici qu’il y a une culture française. C’est un fleuve qui irrigue notre langue, nos arts, nos coutumes et notre imaginaire. Bien sûr il y a d’autres sources mais le fleuve central il est là. »

Pour le reporter de Marsactu en quête d’une mise en récit du lieu du déplacement, principe de cette case de la grille, cet échange avec un public pertuisien acquis au « récit national » mais tatillon sur la toponymie sera l’unique élément à griffonner. Pas étonnant, pour un candidat qui cherche à pouvoir dérouler son projet. Même Jean-Claude Gaudin, au cours de ses six petites minutes de discours, a éludé toute référence locale, préférant louer le « courage » de François Fillon et fustiger en Emmanuel Macron un « François Hollande saison 2, sans le casque de scooter ». Peut être aurons-nous l’occasion de remplir davantage notre grille lors du traditionnel meeting de dernière ligne droite à Marseille ?

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  1. patrick patrick

    fantomas lutte contre la loi…

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  2. LaPlaine _ LaPlaine _

    Nous assistons à la campagne d’un homme traqué, derrière son cordon sanitaire, sortant par des portes dérobées, gérant ses rendez-vous au jour le jour pour échapper à la presse et à ses opposants, un regard fuyant et parfois teinté d’une indicible morgue. Est-ce l’image d’une candidature qui doit fédérer un pays sur un projet? Que sommes-nous en train de vivre comme déni et comme dédain? Quel aveuglement ou motivation guident ses supporters face à l’injustifiable (la réponse est sûrement un peu dans la question)? Que ce triste sire retourne vite sur ses terres.
    Et notre Gaudin qui fait de l’humour à deux euros alors qu’il est à la tête d’un territoire qu’il a rendu exsangue et abandonné. On parle de dégoût?

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  3. mrmiolito mrmiolito

    Dommage Julien Vinzent : bel article mais la photo de l’AFP rue de la Prison vous vole la vedette ! 😉

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    • Laurent MALFETTES Laurent MALFETTES

      De l’évéché à la rue de la prison, quel parcours mes amis !

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  4. corsaire vert corsaire vert

    il a peur des Français … c’est un comble pour un candidat à la présidentielle !
    Veut il transformer l’Elysée en bunker ?
    J’espère qu’il aura l’accueil casseroles .

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  5. barbapapa barbapapa

    Qu’il ait trompé les français sur sa droiture morale et qu’il renie sa parole, qu’il soit vénal, véreux, obstiné, ne pense qu’à lui et pas à la France, etc. ça peut arriver, il y a des êtres que l’on découvre pas si jolis qu’ils n’y paraissent… Mais que la quasi totalité des auto-dénommés « Républicains » trempent là dedans, c’est inacceptable et irresponsable ! Veulent-t-ils vraiment ce type comme président ?????

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Le problème est qu’il y a une telle volonté de revanche sur l’élection perdue de 2012 que certains hystériques sont prêts à tout pour…perdre à nouveau?

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  6. ALAIN B ALAIN B

    Dans le troisième arrondissement de Marseille la candidate de la droite, élue municipale mais qui n’est pratiquement jamais dans le quartier, n’affiche pas le portrait de Monsieur FILLON alors que son parti soutien ce candidat
    Pourtant Monsieur FILLON est reçu par Monsieur GAUDIN, alors honte de ce candidat, pas sûr.
    Mais sachant que Monsieur FILLON lui porterait préjudice on préfère l’ignorer mais si elle était élue elle appliquerait le programme politique de Monsieur FILLON qui ne parle plus dans son programme de l’indépendance de la justice

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