Alexandre Guérini a été mis en examen et écroué cette nuit

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le 2 Déc 2010
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C’était le pire des scénarios que redoutaient Alexandre Guérini, son avocat Emmanuel Molina et ses proches, dont évidemment son frère ainé, tenu toute la journée au courant de l’évolution des interrogatoires : une mise en examen avec de lourdes accusations assortie d’une incarcération. Le pire n’est jamais sur mais cette fois il s’est produit. C’est au début de la nuit, selon nos confrères de La Provence, que la foudre s’est abattue sur « Alex ». Toujours selon les journalistes du quotidien de l’avenue Salengro, Denis Trossero et Fred  Guilledoux, il a été mis en examen pour « détournement de fonds publics, recels et blanchiment, abus de biens sociaux, trafic d’influence, corruption active et détention d’un chargeur de pistolet glock », et immédiatement écroué, en détention provisoire. Retour sur « une journée en enfer » pour le clan Guérini.

Après ses 48 heures de garde à vue , entre lundi et mardi,dans les locaux de la Gendarmerie avenue de Toulon, Alexandre Guérini avait été emmené au Palais de Justice de Marseille hier matin, mercredi. Faussant compagnie une fois de plus aux nombreux photographes et caméramens qui l’attendaient, en sortant par une porte à l’arrière du batiment. Même discrétion au Palais de Justice, où il arriva via un parking souterrain, dans une voiture banalisée.

Info, intox ont alors couru dans la ville et aux abords du Palais de Justice, où de très nombreux journalistes, étaient à l’agachon au café « Le Citizen », idéalement placé, en face de l’entrée du fourgon pénitentiaire, qui fait régulièrement la navette entre le Palais et les Baumettes.

Si en début de matinée les pronostics étaient plutôt pour une accusation légére avec une simple mise en examen sous contrôle judiciaire, notamment parce que la femme d’Alexandre Guérini avait été mise en examen la veille pour « recel d’abus de biens sociaux », au fur et à mesure que les heures s’écoulaient, plus beaucoup étaient ceux qui doutaient parmi les observateurs, que l’addition risquait d’être très, très lourde.

Notamment à la mi-journée quand Michel Pezet, avocat de Michel Karabadjakian, directeur de la propreté à MPM et mis en examen la veille pour  » trafic d’influence, corruption passive », répondait fort opportunément aux journalistes de France 3 et de La Provence.com, en chargeant Alexandre Guérini « mon client a été un peu subjugué par le personnage ». Et ce proche de Jean-Noël Guérini – il est vice-président du conseil général en charge de la culture et de 2013 – d’ajouter « le nom de JN Guérini a été évoqué, mais mon client a répondu qu’il ne l’avait jamais vu, et qu’il n’avait jamais eu de pression de sa part ». Ah bon, nous voilà rassurés.

A partir de là, le message était limpide. « Alex » allait prendre cher, et il fallait au plus vite commencer à installer un cordon sanitaire autour du bateau bleu, le siège du conseil général des Bouches-du-Rhône. Et quelques minutes plus tard, le Président du CG13 s’exprimait pour la première fois lors d’un déplacement à ST Rémy de Provence, toujours auprès de la Provence : « Mon frère est mon frère et le demeurera toujours. Mais lui c’est lui, et moi, c’est moi. Je ne suis concerné ni de près, ni de loin par les affaires et les entreprises de mon frère ». Au dela de cette bien curieuse et largement hors sujet référence à la fameuse phrase prononcée par Fabius sur ses relations avec Mitterrand, on comprenait que la messe était dite, et que Alex n’allait vraisemblablement pas dormir dans son lit le soir même.

Si rien ne filtrait du côté du Palais de Justice, Emmanuel Molina, l’avocat d’Alex, affichant un flegme pourtant très british,et sans répondre aux questions des journalistes, trahissait par sa consommation de plus en plus forte de café et de cigarettes, faisant les 100 pas, entre le Citizen et le Palais, donnant des nouvelles sur son mobile aux proches, que la journée allait être très longue et sans doute mal se terminer pour son client.

Alors que la plupart des journalistes pliaient bagages pour aller voir OM-Rennes, et que Le Citizen fermait ses portes, un peu avant 19 heures, Alexandre Guérini n’avait pas encore été entendu par le juge Duchaîne. Seul l’infatigable et pugnace Jean-François Giorgetti, spécialiste de cette affaire pour France 3 restait posté devant l’entrèe du Palais, et au rythme de sortie des avocats, comptait les blessés lourds : Daniel Pinna ex-directeur général des services de la Communauté d’Aubagne mis en examen pour « détournement de fonds publics et complicité » laissé libre mais sous contrôle judiciaire, Philippe Rapezzi, bras droit d’Alex, mis en examen pour « abus de biens sociaux, détournement de fonds publics et recel », et écroué. Puis, peu après minuit Alexandre Guérini, après avoir été entendu par Duchaîne, prenait  la direction du carré VIP de la prison de Luynes. Fin du premier acte.

Un lien Retrouvez tous les protagonistes de cette enquête dans notre carte interactive, remise à jour

Un lien « Mon client était subjugué par Alexandre Guérini » Michel Pezet, sur laprovence.com

Un lien Affaire des déchets, Alexandre Guérini écroué, sur laprovence.com

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