Treize espaces de lecture en danger, c’est la faute aux coupes de budget

Actualité
Julien Vinzent_
19 Jan 2018 6

Liquidation, tout doit disparaître. Il ne s'agit pas là d'une collection de la saison passée qu'on brade ou d'un commerce étranglé par les loyers, mais de livres. Et de l'association qui tâchait de les mettre entre le plus de mains possibles depuis 21 ans. Ce samedi, C'est la faute à Voltaire tentera de vider sa petite librairie proche des Réformés, avant une audience au tribunal de grande instance pour un redressement judiciaire, mardi 23 janvier, où devrait s'écrire son dernier chapitre.Son président, Jean-Michel Corbineau "ne croi[t] plus au miracle" après l'estocade portée le 15 décembre. Ce jour-là, en commission permanente du conseil départemental, la demande de subvention de 20 000 euros de l'association n'est pas présentée. En deux ans, cette structure qui exporte des petites bibliothèques dans de nombreux lieux d'accueil (centres d'hébergements et de réinsertion, accueils de jour pour SDF, prison des Baumettes...) et mène des ateliers d'écriture dans une quinzaine d'autres (centres sociaux, collèges...), a vu le financement du conseil départemental fondre de 100 000 euros à 0.

Entre trois lignes

Dans un contexte général de raréfaction des subventions, C'est la faute à Voltaire, qui s'inscrivait chez ce partenaire principal dans trois lignes budgétaires - celles de la culture, de la politique de la ville et de la vie associative - a vu toutes les portes du "bateau bleu" se fermer une à une, raconte son président : "La culture nous a expliqué que cela ne relevait plus d'eux. La politique de la ville est désormais prise en charge par la métropole." Quant à la dernière délégation, celle de la vie associative, menée par Solange Biaggi (LR), que nous n'avons pas réussi à joindre, elle n'aurait selon lui pas fourni de motif à son refus complet de financement.Les représentants de l'association ont bien été reçus en décembre par Sabine Bernasconi, maire LR du 1/7 et vice-présidente du département déléguée à la Culture. Mais "leur dossier dépend du service de la vie associative, car dans leur activité la culture est un outil d'insertion sociale", confirme cette dernière. "En octobre, la préfecture a accepté de réunir un comité de pilotage, auquel ont participé pour l'État la direction régionale de l'action culturelle et les services de la politique de la ville, poursuit Jean-Michel Corbineau, qui a alors vu se débloquer 15 000 euros. Le département n'a jamais répondu à l'invitation et personne n'est venu."Déjà fragilisée par le non-renouvellement de cinq contrats aidés entre avril et octobre 2017, l'association estime avoir "repensé son organisation et précisé ses enjeux de développement et d’autofinancement". Mais si les adhésions, dons et autres prestations de service représentent désormais 25 à 30 % de son budget, "c'est surtout par l'effet mécanique de la baisse des autres financements", reconnaît Jean-Michel Corbineau, vaincu par la mécanique des fluides. Quant a savoir à qui la faute, il faudra réinventer le refrain populaire.

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