"Les universités d'été du FN à Marseille, un symbole fort"

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Jean-Marie Leforestier
16 avril 2013 11

Marsactu : L'université d'été du Front national aura lieu les 14 et 15 septembre prochains. Pourquoi avoir choisi Marseille ?

Nicolas Bay : Les universités d'été 2013 seront un rendez-vous important dans l'optique des municipales. Venir à Marseille, c'est l'occasion de montrer que le Front national n'abandonne pas les grandes villes comme cela a été dit. Nous souhaitons incarner une alternative face à une UMP décrédibilisée au niveau national après le quinquennat Sarkozy comme au niveau local et un parti socialiste qui connaît un échec au gouvernement et qui, à Marseille, est englué dans les affaires. C'est aussi une ville où, après nos bons scores aux élections législatives, nous allons y aller dans la perspective de l'emporter ou tout au moins d'entrer massivement dans les conseils d'arrondissement et le conseil municipal. Un tel résultat serait un signal très fort pour montrer que nous pouvons accéder aux responsabilités.

Votre candidat Stéphane Ravier est moins médiatique, moins connu, que le député Gilbert Collard un temps pressenti pour la candidature. Avez-vous des regrets ?

Stéphane Ravier est un très bon candidat, il incarne la génération Marine Le Pen. Aux dernières législatives, il a réalisé 49 % des voix au second tour, soit notre deuxième meilleur score sur toute la France. A l'évidence, il peut encore davantage se révéler au cours de la campagne.

Dans Le Monde, vous déclariez qu'à Marseille, "les vases communicants entre UMP et FN sont plus forts qu'ailleurs". Une alliance est-elle envisageable ?

Il n'y aura pas d'alliance locale, pas plus qu'au niveau national. Il y a une fracture très, très forte entre la base et la tête de l'UMP. Aujourd'hui, une grosse majorité des militants de l'UMP – 65 % – sont favorables à un rapprochement entre nos deux partis : cela veut dire qu'ils partagent au moins en partie nos idées.

Mais comment cela se traduit-il ?

Il peut y avoir un dialogue avec la base, oui, et quand je dis la base, cela veut dire les militants mais aussi des cadres, des élus, des personnalités locales qui peuvent se rapprocher de nos idées. D'ailleurs, cela peut être valable avec des gens de droite comme de gauche.

Peut-on imaginer le FN comme une composante d'appoint dans une majorité avec l'UMP ?

On ne veut pas entrer dans des combinaisons politiciennes. Ce genre d'alliance, je vous le redis, est tout à fait exclu. En aucune façon, nous ne pouvons entrer dans cette configuration électorale.

La question se pose tout de même dans une région où la droite populaire est très forte…

Il n'est pas possible d'avoir une alliance avec une frange de l'UMP. La droite populaire n'a de cesse de dire qu'elle constitue une digue vis-à-vis du Front national. 

Stéphane Ravier a exprimé un discours un peu plus ouvert. Qui prend la décision finale ?

Nos candidats peuvent avoir des contacts avec des membres de l'UMP. Ils ont bien sûr leur mot à dire mais la décision, ce sera au bureau politique, à l'exécutif, à la présidente, de prendre la décision, surtout pour un enjeu aussi important.

Peut-on faire un score important sur les seuls thèmes de l'insécurité et du clientélisme ?

Un projet municipal est un projet global car il s'inscrira, deux ans après l'arrivée des socialistes au pouvoir, dans une dimension politique nationale. Mais il traitera de tous les aspects de vie municipale, de l'insécurité et du clientélisme bien sûr mais aussi du développement économique. C'est un projet national qui n'est pas encore arrêté et qui aura une coloration locale selon les villes.

Les gestions municipales du FN ont laissé des bilans particulièrement désastreux dans la région. Comment apparaître comme une force de gestion crédible ?

On parle de choses qui ont quinze ans. Je crois que le FN a considérablement gagné en crédibilité depuis lors. Et puis, il faut dire que le bilan est beaucoup moins mauvais qu'on ne l'a dit. Les impôts ont baissé, la sécurité a augmenté alors que tout le monde – l'État, les collectivités – avait la volonté de mettre en échec cette municipalité.

L'embûche principale du FN n'est-elle pas la faiblesse de ses forces militantes ?

La fédération des Bouches-du-Rhône est une des plus importantes de France. La section s'est renforcée depuis deux ans. Il est vrai qu'auparavant, le FN avait une faible base militante mais ce n'est plus le cas. Qui plus est, il y aura de nombreux déplacements, notamment de Marine Le Pen, à Marseille. Le fait qu'on y organise notre université d'été est un premier symbole fort.

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commentaires

Commentaires

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  1. Aux frontières du monde soviétique

    Sa mère … (oui je sais, pas très constructif comme commentaire, mais c’est ce qui me vient à l’esprit, là de suite)

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  2. julijo

    Pour les exemples de municipalités telles que Toulon ou Vitrolles, le FN n’a eu besoin de personne pour organiser des galères pas possibles…c’est vite oublier l’histoire.
    Espérons qu’à Marseille les citoyens soient moins oublieux !
    En même temps les citoyens votent, démocratiquement ; je n’ose imaginer les dégâts qui sont envisageables si le FN gagne quelques arrondissements…mais après tout ! les gens voteront….au vu des quelques rares élus qu’on peut croiser à la région, ou ailleurs ces quelques inquiétudes sont sérieuses !

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  3. ALAIN PERSIA

    Il est certain que GAUDIN sera prêt à faire n’importe quoi pour conserver son trône jusqu’à 80 ans .
    Déjà en 1986 il a été élu président de Région grâce aux voix du FN auquel il accorda dans la foulée des vice présidences.
    Puis il a toujours eu pour coutume de recycler des élus ou ex élus du FN au sein de l’UMP.

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  4. Marseillais indigné

    Pour Mémoire
    Daniel Simonpieri est élu maire de la ville de Marignane en 1995 sous l’étiquette Front national, En 2001, il est réélu maire de Marignane Réélu conseiller général du canton de Marignane, en mars 2004 national, Daniel Simonpieri rejoint le groupe UMP-UDF et apparentés du conseil général des Bouches-du-Rhône. Le 9 novembre 2011, Daniel Simonpieri est condamné à un an de prison avec sursis dans un dossier de favoritisme, fausses factures et emploi fictif1 ainsi que cinq ans d’inégibilité2. Démis d’office de son mandat électif par le préfet, il a attaqué cette décision en justice, en vain. Par arrêt du 20 juin 2012 – N° 356865 – 3 le Conseil d’État a rejeté le recours de M. Daniel SIMONPIERI contre le jugement du Tribunal Administratif de Marseille validant l’arrêté du Préfet des Bouches du Rhône4.

    Jean-Marie Le Chevallier est élu maire de Toulon lors des municipales de 1995, à la faveur d’une triangulaire contre un candidat UDF et contre un candidat PS, sous l’étiquette Front national.Jean-Marie Le Chevallier est condamné, le 19 janvier 2001, à un an de prison avec sursis et à 100 000 francs d’amende pour détournement de fonds publics et complicité d’abus de confiance, dans l’affaire de la Jeunesse toulonnaise, qui concernait la création d’un emploi fictif au sein d’une association para-municipale. Le 6 avril 2001, il est également condamné à un an de prison avec sursis, cinq ans d’inéligibilité et 30 000 francs d’amende, pour subornation de témoins, dans l’affaire Poulet-Dachary.

    Question : Madame Le Pen siège-t-elle comme chef de l’opposition municipale à Henin Beaumont ?

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  5. zeimanolito

    @ Marseillais indigné
    C’est très amusant cette énumération de déboires des municipalités FN… en plein débat sur la “moralisation”
    Il est sur que la gauche marseillaise ou nationale est blanche comme neige
    Quand à la droite… n’en parlons pas et à Marseille bonjour la gérontocratie

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  6. Anonyme

    Pourquoi donner un espace d’expression au representant du Front National? Pourquoi lui poser des questions aussi techniques et chiantes, au lieu de lui mettre le nez dans la m… de son propre parti et de ses idees politiques? Pourquoi choisir l’entretien, plutot que l’enquete? Pourquoi, Marsactu, pourquoi?

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  7. MP

    Stéphane Ravier, il est curieux . dans le film sur la campagne des législatives ,il rentrait dans les magasins de Chateau-Gombert en disant” Bonjour Madame , c’est l’enculé…”
    Cela m’a plongé dans des abimes de réflexion, sur son humour, son autocritique…?

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  8. Céhère

    Au fait il y a l’université d’Été d’EELV aura lieu à Marseille également. C’est peut-être moins symbolique.

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  9. Anonyme

    Ce que je vois c’est que la France est entrain de disparaître!
    A qui la faute? pas au FN écarté dans une république bananière et anti démocratique, venez à la proportionnelle et vous verrez et puis si le FN est mauvais ce ne sera que pour 5 ou 6 ans, alors pourquoi pas tenter! On ne sait jamais , courage Français chômeurs!!

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  10. pierolito

    et elle est où la “démocratie” dans notre belle France ?….
    les écolos : 2% 20 députés
    le FN 18% et 2 députés
    cherchez l’erreur ! si ce n’est la collusion d’une caste UMPS et leurs “alliés” pour se opartager le pouvoir et conserver leurs privilèges

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  11. Félicien Leblanc

    Il aurait fallut étayer par des exemples précis l’assertion :” Les gestions municipales du FN ont laissé des bilans particulièrement désastreux dans la région. ”

    C’est Polemia qui dit que pour Toulon par exemple, la gestion du FN aurait mérité un triple A.

    http://archives.polemia.com/article.php?id=4765

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