« Le conseil municipal doit montrer la même ville que celle que l’on voit dans les rues »

Interview
le 29 Août 2019
24

Plus de 200 militants associatifs, syndicaux ou politiques appellent à remettre les citoyens au cœur d'un projet politique d'alternance à Marseille. Leur but ? Influer sur une éventuelle liste unitaire de gauche aux municipales pour s'assurer que "les professionnels de la politique" ne monopolisent pas le label.

À sept mois de l’élection d’un nouveau maire, plusieurs militants associatifs, syndicaux et politiques de gauche proposent un « pacte démocratique » pour Marseille (à lire dans l’Agora, notre espace d’expression libre). Ses signataires souhaitent faire de « la co-décision entre citoyens et politiques » la matrice d’une municipalité d’alternance de gauche. Ils se posent ainsi en aiguillon des démarches unitaires déjà engagées, et notamment de la dernière en date, l’appel à « un rassemblement inédit » lancé début juillet dont la concrétisation paraît toujours compliquée.

Ancien délégué régional de la Fondation Abbé-Pierre, aujourd’hui président de la communauté Emmaüs Pointe-Rouge, Fathi Bouaroua est un des initiateurs de ce texte.

Marsactu : pourquoi cet appel ?

Fathi Bouaroua : Nous sommes les héritiers des mouvements sociaux de cette année dont le 5 novembre a été le déclencheur et nous nous inscrivons sur une dynamique. Ce pacte est dans l’esprit des états généraux de Marseille, c’était le moment où on disait aux Marseillais « prenez en charge votre destin ». Il n’est plus question de confier notre destin à des professionnels de la politique. Nous sommes là pour poser un certain nombre de questions et nous avons vocation à disparaître. Notre texte insiste sur la démocratie locale avant, pendant et après les élections avec la création d’assemblées de territoire pour que tous les citoyens puissent se prononcer.

Nous voulons ensuite un conseil municipal ouvert, qu’il soit réellement représentatif des Marseillais, de toutes les communautés de cette ville. Il faut que quand on aille au conseil municipal, on voie la même ville que celle que l’on voit dans les rues de Marseille. Moi, j’ai poussé pour intégrer le conseil économique social et environnemental régional [une instance consultative de la région, ndlr]. Vous savez combien il y avait de basanés, de gens de couleur ? Aucun sur 148 conseillers. Il faut agir.

Le point suivant, c’est que l’on ne veut pas de système basé sur l’affairisme, le clientélisme, ou le népotisme. Il faut voir comment les discours se mettent en place pour dire aux gens ce qu’ils veulent entendre et préparer les petits arrangements. On continue à faire plaisir au petit neveu comme une certaine présidente de la métropole. On le voit avec le Fortin de Corbières, emblème des emblèmes. On privatise une voie pour les VIP marseillais. De l’autre côté, un petit passage où passent des centaines de personnes. Il y a encore ce bus caché dont vous avez parlé. On n’en peut plus et il faut que les élus et avant les candidats se tournent vers l’ensemble des Marseillais et pas seulement vers quelques lobbies.

Votre objectif, c’est d’influer sur l’union de la gauche ?

On s’adresse d’abord aux forces de progrès qui sont sur des valeurs sociales, écologistes, que ceux qui s’occupent des questions de solidarité s’emparent des questions que l’on pose. Nous faisons le constat qu’il n’y a pas un parti porteur de toutes ses valeurs aujourd’hui. La démarche du « rassemblement inédit », que j’ai personnellement signée, est celle avec qui nous discutons le plus naturellement. Nous sommes dans une relation où nous appelons à renforcer cette liste-là mais nous voulons qu’elle tienne compte de ce qu’on dit. Mais pour nous, il est évident que les partis de gauche doivent révolutionner leur façon de faire car des milliers de personnes ne vont pas voter. Les gilets jaunes sont aussi arrivés sur le fait de pas se sentir représentés !

En quoi n’est-ce pas un énième appel à une liste d’union de la gauche ?

Non, ce n’est pas un énième appel. Pourquoi ? Parce qu’on n’appelle pas à fonder une liste. On dit « ras-le-bol d’une démocratie représentative qui ne représente pas les gens ». Cela fait 40 ans que je fais de la politique dans cette ville, sans être élu. Vu ce qui s’est passé, je ne peux pas ne pas m’engager. Nous ne voulons pas créer des listes mais porter une exigence politique et éthique. Le rassemblement inédit, c’est pour gagner les élections : ce n’est pas la même chose. Nous demandons que dans cette liste, il y ait des représentants qui ne sont pas des professionnels de la politique. Qu’ils aient autant ou plus de places que les politiques. Pas des strapontins. Autant de têtes de liste de secteur, un partage des responsabilités.

Concrètement, cette démocratie permanente, cela veut dire quoi ?

Donner le pouvoir aux citoyens à toutes les étapes. Aujourd’hui, quand on parle de concertation, on nous dit qu’il y a les comités d’intérêt de quartier, mais ils ont quel pouvoir ? Celui, très faible qu’on veut bien leur donner. Cela a surtout servi à créer de petites notabilités locales. On veut que les gens soient consultés beaucoup plus régulièrement. Aux élections, on vend un programme. Une fois élu, on n’est pas libre de le changer. Si celui-ci est amené à changer en chemin, il faut demander à la population de s’exprimer.

Il y a six ans, lors des municipales 2014, vous proposiez une charte d’engagement sur l’accès à l’eau et aux toilettes publiques. Patrick Padovani, futur adjoint au maire à la santé, l’avait signée pour Jean-Claude Gaudin. C’est un changement radical de méthode.

J’y croyais, je n’y crois plus. J’ai basculé sur le fait qu’on ne pouvait plus avoir confiance dans ce système, même s’il peut y avoir des individus aux engagement sincères. Nous sommes à un moment de participation réelle pour choisir la ville de demain. On ne peut plus laisser le destin entre les mains de gens en qui on n’a globalement plus confiance. C’est pour ça que la proposition du pacte, c’est de dire que c’est ce système, du clientélisme et de l’affairisme, ne peut plus nous gouverner. Ce système qui s’est constitué à la suite de Jean Cristofol et dont Gaston Defferre a été le développeur, Gaudin et Vigouroux étant restés sur la même base. Il faut faire en sorte de redonner le pouvoir au peuple.

Vous reprenez une revendication des gilets jaunes, le referendum d’initiative citoyenne. Comment, cela peut fonctionner à l’échelon local ?

On n’a pas encore tous les éléments. Ce que l’on sait, c’est qu’il y a des modèles qui ont été mis en place de gestion plus directe, comme à Porto Alegre au Brésil. On pourrait construire une forme nouvelle pour diriger la ville, donner plus de pouvoirs aux mairies de secteur. Notre logique est municipaliste.

Si je prends un exemple comme la création du boulevard urbain Sud, comment vous auriez imaginé la réflexion ?

On fait une consultation en partant de tous ceux qui sont touchés par ce boulevard. Il faut revenir au territoire de vie des gens. L’assemblée de territoire devra se prononcer. Parfois, bien sûr, ça ne marchera pas, il y aura des contradictions entre les uns et les autres, mais, au moins, la voix de chacun sera entendue.

Concernant la préparation d’une campagne, vous dites que vous voulez une démarche qui donne la parole aux citoyens. Pourtant, il reste sept mois avant les municipales et l’on sait qu’il ne suffit pas de dire qu’une assemblée est ouverte à tous pour que chacun se sente à même de prendre la parole. En si peu de temps, est-ce que ce ne seront pas des assemblées de professionnels de la prise de parole publique ?

Bien sûr que ce ne sera pas parfait. Mais, puisque certaines formations ne se décideront pas avant mi-octobre, nous avons un mois et demi devant nous. On n’aura pas le temps de tout faire mais on proposera une méthode. Nous irons le plus possible vers la démocratie permanente. Il faut notamment écouter les gens des quartiers qui ont été les plus défavorisés depuis des années. Dans un mois et demi, il faudra que les représentants de la base puissent se positionner sur les listes comme sur le programme. Nous savons qu’il faudra faire des compromis si nous voulons une liste commune. Cette liste ne sera peut-être pas complètement représentative mais elle entendra la parole de ceux qui ne l’ont pas, qui sont issus des quartiers et des luttes. Et il faudra que l’on n’ait pas que des candidats issus des classes moyennes et supérieures. Dans tous les cas, à l’arrivée, ce sont les assemblées qui décideront.

Vous critiquez Gaston Defferre, vous axez vos critiques sur le clientélisme et on constate qu’il n’y a pas de socialistes signataires de votre appel alors que des insoumis ou des écologistes sont présents. Il y a un problème ?

Les socialistes ne se sont pas proposés pour signer. Mais la question du PS dans nos débats pèse lourd car il a des responsabilités quand il était aux affaires dans cette ville. Il y a aussi les histoires quand il gérait le conseil général : le clientélisme, le népotisme, l’affairisme… Toutes ces questions ne se posent pas de la même façon avec les autres signataires car ils ne gouvernaient pas ou alors avaient un poids négligeable dans les décisions. Certains participants ne souhaitaient pas aller avec le PS malgré les gages donnés par son leader, Benoît Payan, sur le côté progressiste. Benoît Payan était au front sur les PPP avec Jean-Marc Coppola, s’est fortement impliqué sur la question des Roms avec l’association L’École au présent. Est-ce suffisant pour effacer le passif à l’égard du PS ? C’est un débat qui n’est pas tranché. À mon avis, on ne peut pas complètement écarter les militants socialistes ad vitam æternam. Aujourd’hui, qui plus est, il fait partie du rassemblement inédit. À nos yeux, il est clair qu’il ne peut pas être la tête de liste sur la ville. Si c’est le cas, le pacte n’ira pas.

On retrouve en revanche plusieurs figures des insoumis dans votre appel dont Lise Maillard, assistante parlementaire de Jean-Luc Mélenchon, Prune Helfter-Noah et Mohammed Bensaada désignés « animateurs de la campagne » du mouvement ou encore Sébastien Delogu, ex candidat aux européennes et un temps candidat déclaré à la mairie. Êtes-vous une forme de faux-nez ?

Certains utilisent cet espace pour régler un certain nombre de comptes. C’est suffisamment ouvert pour que certains prennent ce biais pour faire passer des messages et instrumentaliser l’outil. C’est sûrement aussi valable pour les écologistes. Mais tout ça me dépasse un peu. Le but des initiateurs, c’est de faire progresser et faire reprendre nos idées de démocratie directe et permanente et d’aider les plus faibles. Il ne faut pas oublier qu’ils signent des éléments d’un texte ! Les partis ont des représentants des deux côtés, dans le rassemblement inédit comme au sein du pacte. Espérons que ça contribue à une liste unique pour gagner les élections.

Vous critiquez les professionnels de la politique. Cela veut-il dire qu’une liste unitaire à gauche doit être représentée par un novice en politique. Pourriez-vous être celui-là ?

En tout cas, il y a beaucoup de citoyens qui n’ont jamais fait de politique et qui pourraient représenter une liste comme celle-là. Personnellement, un certain nombre de personnes m’ont suggéré de réfléchir à cette idée. Si, dans le cadre que nous proposons, c’est la volonté des assemblées citoyennes et si je peux apporter, en me présentant à la candidature un avantage à cette liste, je prendrai mes responsabilités.

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE DÉCOUVERTE – 1€ LE PREMIER MOIS

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.

Commentaires

Vous devez être vous-même abonné pour écrire un commentaire sur un article réservé aux abonnés.

  1. lilicub lilicub

    « la matrice d’une municipalité d’alternance de gauche ».. la même matrice qui s’organisa autour du PS et de Nono avec le sociologue fumeux Jean Viard, quelques affairistes véreux dans leur domaine.. et la bénédiction de l’archevêque qui plaçait ses quelques bonnes amés dans les tissus associatifs .. 200 militants qui se positionnent en clientélistes potentiels et promus par l’agence de com Madmars.

    Signaler
    • juH juH

      Vous devriez venir à ces réunions. Rien à voir avec ce qui peut être mis en place chez madmars.
      Vous changeriez d’avis.

      Signaler
  2. Electeur du 8e Electeur du 8e

    J’espère que de ce bouillonnement d’initiatives sortira quelque chose : il faut à la tête de Marseille un changement de génération, de personnes, de méthodes politiques, de priorités après le règne trop long d’un clan qui a divisé et enfoncé la ville.

    Mais je vois aussi que, du côté de la municipalité sortante, on fera tout pour ne pas être sorti. L’héritière putative de Jean-Claude Vassal, la cumularde Martine Gaudin, utilise sans vergogne les moyens des collectivités qu’elle préside pour s’imposer : en cinq jours, nous avons eu droit dans les boîtes aux lettres à deux plaquettes richement colorées qui vantent « son » action pour Marseille, l’une payée par le département et l’autre par la métropole.

    Il ne reste plus beaucoup de temps pour imaginer une alternative convaincante.

    Signaler
    • Manipulite Manipulite

      A partir du 1er septembre on entre dans la période de décompte des dépenses électorales pour les municipales 2020.

      Signaler
  3. Manipulite Manipulite

    Démarche sympathique et pleine de bonnes intentions. Classique chez les politiques amateurs. Avec ici un noyautage puissant de membres de LR qui avancent masqués derrière . Tout ça finira à 5 % en candidatures de témoignage au bénéfice de la droite /LREM. Hélas.

    Signaler
    • Pacte démocratique pour Marseille Pacte démocratique pour Marseille

      Bonjour,

      Pour être totalement transparents : plusieurs membres de LFI ont signé en effet (Camard, Davi, Bensaada etc). Mais ce sont plutôt les initiateurs qui leur ont demandé de signer que l’inverse. Vous oubliez aussi la présence dans les signataires de membres du pcf et Eelv. Surtout, l’écrasante majorité des signataires sont des GJ, syndicalistes, militants des collectifs et asso etc.
      Venez aux réunions, vous verrez que tout est fait pour que les logiques d’appareils de parti n’ecrasent pas les discussions et que celles ci soient les plus horizontales possibles (même si ce n’est pas toujours facile).
      L’objectif n’est pas de témoigner mais bien de gagner, la période actuelle est un carrefour politique local et une telle liste de rassemblement peut l’emporter.
      Amitiés

      Signaler
  4. Manipulite Manipulite

    Erreur sur mon précédent post : lire FI au lieu de LR.

    Signaler
    • Laurent Lhardit Laurent Lhardit

      pour ma part, j’avais rectifié de fait 😉

      Signaler
  5. Jean Pierre RAMONDOU Jean Pierre RAMONDOU

    Non, Monsieur Fathi Bouaroua, je ne veux pas «un conseil municipal ouvert, qu’il soit réellement représentatif des Marseillais, de toutes les communautés de cette ville. Il faut que quand on aille au conseil municipal, on voie la même ville que celle que l’on voit dans les rues de Marseille.».
    Je veux une représentation de tous les citoyens marseillais et non des représentants de «communautés». Que mettez-vous derrière ce terme de «communauté» qui à ma connaissance n’a pas d’existante dans la République française ?
    Je ne veux pas voir au conseil municipal «la même ville que celle que l’on voit dans les rues de Marseille.». Cela conduirait à retrouver au conseil municipal les mêmes proportions de personnes idiotes, fascistes, mal honnêtes et ne défendant pas mes aspirations morales et politiques.
    Je vous trouve très sévère pour Defferre ,Vigouroux et le PS en général. Pour Defferre il y a eu le résistant, l’homme d’Etat et le maire. Je pense en particulier à la loi-cadre Defferre préparant la décolonisation, à l’approvisionnement et à la distribution d’une eau potable et de bonne qualité, à l’ouverture d’une classe nouvelle par jour pendant deux ans et à la réalisation du métro et des plages du Prado. Pour Vigouroux je pense à Euroméditerranée et au tunnel Prado-Carénage. Pour le PS c’est un gouvernement PS qui réalisa la L2.
    Je vous cite : «Mais la question du PS dans nos débats pèse lourd car il a des responsabilités quand il était aux affaires dans cette ville. Il y a aussi les histoires quand il gérait le conseil général : le clientélisme, le népotisme, l’affairisme… Toutes ces questions ne se posent pas de la même façon avec les autres signataires car ils ne gouvernaient pas ou alors avaient un poids négligeable dans les décisions.». Il est sûr que quand on ne gouverne pas on ne risque pas de se salir les mains. Quant à l’affairisme, il n’a pas encore été jugé.
    Vouloir faire une consultation des personnes «touchées» par un projet conduiras à geler tous projets. Vous évoquez le Boulevard Urbain Sud, il est sûr que personne ne souhaite voir son bout de jardin amputé par un projet ou subir d’éventuels désagréments. Je vous rappelle que le BUS a fait l’objet d’une enquête publique. L’intérêt général n’est pas une somme d’intérêts particuliers. Vouloir «donner plus de pouvoirs aux mairies de secteur» c’est favoriser le clientélisme que vous dénoncez à juste titre.
    Oui à la représentation de la diversité mais pas des personnes élues sur leur compétence politique et gestionnaire.

    Signaler
    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      Je comprends bien le besoin de démocratie et de renouvellement des pratiques, mais je suis également gêné par les limites de la démocratie directe, qu’on ne sait pas bien gérer, me semble-t-il. Comment échapper au phénomène du NIMBY qui, en effet, met les intérêts particuliers au dessus de l’intérêt général ? Comment trancher les contradictions internes, qu’on a bien vues par exemple lors du mouvement des gilets jaunes : ceux-ci (ou certains de ceux-ci) demandaient à la fois une baisse des impôts et un renforcement des services publics ?

      Quant aux mairies de secteurs… Pour ma part, je suis favorable à la création d’une circonscription municipale unique et à la disparition des maires de secteurs : il ne me paraît pas indispensable de favoriser la tentation féodale en maintenant les multiples petits fiefs dont on a vu les effets pervers. Le premier de ces effets étant qu’il suffit de favoriser quelques arrondissements pour gagner la mairie centrale, même en ayant abandonné la moitié de la ville à son sort.

      Signaler
    • Laurent MALFETTES Laurent MALFETTES

      Depuis quelques mois à Marseille, c’est « Rassemblons-nous folleville ». Et de sauter comme des cabris en criant « Rassemblement ! Rassemblement ! »
      Les partis de gauche, tous en perte de vitesse hormis peut-être les écolos (quoiqu’une hirondelle en 2019 ne fasse pas le printemps électoral de mars 2020), sont mis sous pression par de nombreux collectifs, dont on ne connaît ni les effectifs, ni la représentativité, ni les motivations réelles.
      Parmi tous ces Marseillais, d’où qu’ils viennent, il y a des personnes sincèrement exaspérées par l’actuelle équipe municipale et souhaitent son remplacement. Il y a aussi des ambitieux qui avancent masqués et n’aspirent à rien d’autre que de figurer en bonne place sur la prochaine feuille de match.
      Comme Jean-Pierre Ramondou ou Electeur du 8e, je me méfie de ce discours aux accents populistes qui proposerait à l’homme de la rue de prendre le pouvoir et de partir à l’aventure de la démocratie directe. Ras-le-bol du professionnalisme bashing ! La lamentable conclusion électorale de l’aventure des gilets jaunes devrait faire réfléchir les partisans de l’amateurisme. Ne lui avons-nous pas assez donné, depuis 25 ans, au prix que l’on sait ?
      Pourquoi opposer les « pros » aux « amateurs », les « politiques » aux « citoyens » dans une dialectique populiste et démagogique ? Je ne donnerai pas ma voix à une équipe impréparée, sectaire ou revancharde dont le seul programme, au fond, serait de renverser l’équipe en place pour faire la même chose… ou pire. L’anti-gaudinisme, l’anti-guérinisme ou l’anti-je-ne-sais-qui ne sauraient tenir lieu de stratégie pour la ville.
      Nous attend(i)ons une équipe solidaire, des orientations claires, un projet sérieux, un capitaine courageux. Mais à quelques mois de l’échéance, et à quelques jours de l’investiture d’un candidat En Marche qui saura sans doute rassembler les bourgeoisies de gauche et de droite effrayées par une gauche sectaire et radicale– comme au temps de Deferre -, il faudrait un miracle pour que la gauche « populaire » se mette en ordre de bataille pour gagner. Le temps va venir des initiatives personnelles et stériles qui ruineront définitivement ses chances.

      Signaler
  6. Jean Pierre RAMONDOU Jean Pierre RAMONDOU

    Correction
    Oui à la représentation de la diversité mais (pas) par des personnes élues sur leur compétence politique et gestionnaire.

    Signaler
  7. ALIBI ALIBI

    Je vois toujours LE même avec LE micro.
    C’est chiant à la fin.
    Comment parler de changement.
    Et puis un homme.
    Encore.

    Signaler
  8. Raymond Dayet Raymond Dayet

    Ce Monsieur est vraiment naïf ou il est amnésique. Les Coppola, Payan et compagnie sont les incarnations mêmes du système et des politiciens de l’ancien temps qui viennent décrédibiliser toute cette démarche. M. Coppola est un dirigeant du PC depuis plus de 20 ans. Il a des mandats depuis des années et des années que ce soit au conseil régional ou au conseil municipal . Quant à Payan, depuis 20 ans, il a fait toutes les crèmeries du PS; Vauzelle, Guérini, Caselli, Carlotti, Mennucci, Andrieux. Il a été un des plus proche collaborateur de Guérini au Conseil général à la belle époque. Il a été collaborateur de Carlotti dans le gouvernement Hollande ( Loi travail, déchéance de nationalité et j’en passe). Il a été sur les liste d’Andrieux dans le 13-14. Et la droite dit aujourd’hui dans tout Marseille qu’il le tienne par les …… car il a fait embaucher récemment sa compagne par Vassal à la Métropole!! Il s’est jeté dans la gueule du loup tout seul et se plaçant lui même en position de dépendance. . Avec un tel attelage, personne ne pourra croire à la sincérité de votre démarche. Si vous partez avec ces gens là, c’est perdu d’avance car c’est un boomerang permanent que vous allez prendre en pleine tête.

    Signaler
    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      A propos, on attend toujours une preuve de cette embauche « par Martine Vassal » ou, à défaut, quelque chose de plus tangible qu’un « on-dit ». Il me semble gênant d’utiliser les « on-dit », a fortiori quand ils sont utilisés par la droite.

      Signaler
  9. Brallaisse Brallaisse

    Allez, il faut que cela sorte : marre de ces mots « communauté » et « communautarisme » .
    Marre de ce clientélisme des élus divers et avariés tourné vers telle ou telle « communauté » à la recherche de voix et qui a pour conséquence de segmenter et de diviser encore plus . Marre de ces représentants de communautés qui en font quasiment une profession .Quel plaisir et quel honneur d’être reçu par le maire ou je ne sais qui. Encore un problème d’ego , là aussi, et en plus on mange « gratos », alors………..
    « Le communautarisme est une conception qui soutient que « l’individu n’existe pas indépendamment de ses appartenances, qu’elles soient culturelles, ethniques, religieuses ou sociales ».
    De sorte qu’un marseillais avec ce système à la « con » n’est plus déterminé en tant que marseillais mais par son appartenance à une communauté.
    Pourquoi ne pas élire à la mairie non pas des élus de secteurs mais plutôt des élus de « communautés », puisque nous y sommes ?
    Allez , allez occupons nous des Marseillais comme dans les écoles communales marseillaises d’avant, où que vous soyez X,You Z n’avait pas d’importance , vous étiez un « Minot » point barre.

    Signaler
  10. Raymond Dayet Raymond Dayet

    Electeur du 8eme,
    il est facile de vérifier cette information. L’embauche de la compagne du Président du groupe d’opposition municipale, cela ne passe pas inaperçu surtout à quelques mois des élections. Ce qui serait surtout intéressant de savoir, c’est la nature de cette embauche: statutaire? contractuelle? sur quelle base de rémunération? Toutes ces questions sont d’actualité puisque Monsieur Fathi Bouaroua nous parle de la naissance d’un mouvement citoyen basé sur la fin du clientélisme, des passes droits et fondé sur la transparence et la sincérité. Il doit donc être impatient, comme tous les citoyens engagés dans ce mouvement, d’avoir toutes ces réponses

    Signaler
    • Laurent MALFETTES Laurent MALFETTES

      La seule chose qui nous intéresserait vraiment, c’est de savoir si cette embauche (si elle a été faite) est due à une intervention de Benoît Payan, si elle a une contrepartie, et si ou laquelle ? Si elle n’est due qu’aux compétences de la personne concernée, et si elle est intervenue dans le cadre d’une procédure régulière, peu nous importe de connaître son statut et son salaire. Présumer que la compagne de Benoît Payan n’aurait pu être engagée qu’en raison d’une intervention politique (et non pour ses compétences) est assez désobligeant pour elle et l’insinuation, faute de preuve, peut constituer une diffamation. Donc attention !

      Signaler
    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      S’il est facile de vérifier l’information, vérifions. Et en attendant d’avoir vérifié, n’en parlons pas… au risque de dire des bêtises.

      Signaler
  11. Raymond Dayet Raymond Dayet

    Effectivement Malfettes, le recrutement dans la fonction publique obéit à des règles et à des procédures précises notamment basées sur l’égalité de traitement des candidats face à l’emploi public. C’est justement quand cette égalité est rompue que naît le clientélisme. Et c’est pour cela que les recrutements dans la fonction publique, sauf emplois très spécifiques, se font par concours avec une position statutaire et une grille de salaire égales pour tous. C’est d’ailleurs la meilleure façon de respecter et de mesurer les compétences de chacun. Espèrons donc que le recrutement en question se soit déroulé selon cette procédure classique? Dans cet excellent article, les débats tournent autour de la naissance d’un mouvement politique à Marseille qui veut changer les comportements, les pratiques et faire naître une citoyenneté fondée sur la transparence et l’égalité de traitement des habitants face à la puissance publique. Il me parait donc assez logique et sain que cette exigence de transparence s’appliquer en premier lieu à celles et ceux pourraient jouer un rôle important au sein de ce mouvement. C’est simplement une question de crédibilité. Et pour qu’enfin, la théorie rejoigne la pratique!

    Signaler
  12. Danièle Jeammet Danièle Jeammet

    Juste une précision, nécessaire car la formulation n’est pas claire dans l’interview ou dans sa retranscription : Jean Cristofol n’était pas le père du clientélisme à Marseille. Il a existé avant lui et ensuite mais seulement après la brève période où ce résistant communiste a été élu puis réélu maire de Marseille au grand dam de Gaston Defferre. Ce cernier a dû s’allier à la droite (JC Gaudin) face aux communistes pour garantir par la suite sa position. Rendons à César…

    Signaler
    • Zumbi Zumbi

      Il est vrai que le clientélisme faisait rage en particulier dans les années 30, on ne développera pas ici.
      Pour le reste, beaucoup d’inexactitudes.
      Jean Cristofol fut élu en 1945 conseiller municipal mais ne devint maire qu’à la démission de Gaston Defferre en octobre 1945. Les premières vraies élections d’un vrai conseil municipal (fin du régime de la tutelle) ont lieu en 1946 et c’est là qu’il est élu maire jusqu’en 1947 ou battu, il est remplacé par Carlini, du RPF et pas Defferre, qui ne sera maire qu’à partir de 1953. À cette époque, Gaudin, peuchère, il avait 14 ans !

      Signaler
  13. gastor13 gastor13

    Quand je vois quelque soit l’endroit des personnes appelant au rassemblement pour que le peuple ait la parole, et que ces personnes sont systématiquement prêtes à « se sacrifier » en se portant candidates, cela me laisse toujours dubitatif sur les véritables intentions de ces personnes. Et une fois de plus on nous parle plutôt de voter contre des personnes, des partis, etc… et non pas de voter pour un réel projet. Depuis le temps que sont dénoncées toutes turpitudes des anciens partis et des leurs élus, ne serait-il pas temps d’enfin proposer quelque chose de concret, avec de vraies propositions, et pas un projet de communautarisme

    Signaler
  14. Brallaisse Brallaisse

    100000% d’accord avec votre dernière phrase.
    Ras le bol du communautaire et du communautarisme.

    Signaler

Ajouter un commentaire

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire