“Laissez-moi sortir de la rue d’Aubagne”, la supplique de Jean-Claude Gaudin

Actualité
Jean-Marie Leforestier
22 Jan 2019 23

Lors de ses vœux à la presse, le maire de Marseille a dû une nouvelle fois se justifier de sa communication après le drame de la rue d'Aubagne et de sa politique de l'habitat indigne.

“Allez, on fait encore quelques questions”. Jean-Claude Gaudin s’amuse des vœux à la presse, exercice annuel au cours duquel il mélange lecture ostensible de fiches écrites par ses communicants et bons mots tout en prenant soin de ne quasiment jamais répondre aux questions qu’on lui pose. Il en réclame toujours plus mais celles-ci tardent à venir : Jean-Claude Gaudin est déjà en décélération politique et place l’an neuf comme celui de l’écriture de son bilan.

Depuis novembre, il sait que celui-ci est durablement terni par l’effondrement de trois immeubles rue d’Aubagne. “Cela restera à jamais gravé dans ma mémoire de maire et il le restera tout autant dans ma vie d’homme”, dit-il. Mais, comme les élus de sa majorité, il cherche à passer autre chose. Certaines phrases sonnent comme des suppliques. “Vous connaissez l’histoire. Permettez-moi de sortir de la rue d’Aubagne !”, lâche-t-il à une journaliste qui l’interroge une nouvelle fois sur sa communication catastrophique à l’issue du drame.

Ce n’était pas la pluie

Depuis lors, il cherche pourtant à redresser le tir. Il raconte que la mairie a dépensé “14 millions d’euros – c’est quand même pas mal”, pris “137 arrêtés de péril grave et imminent”, mobilisé “500 fonctionnaires” depuis le drame. Juste avant de réclamer la clémence de l’assistance, il était revenu sur le rôle de la pluie dans l’effondrement des immeubles, justification prestement avancée alors que les recherches de victimes se poursuivaient encore. “Je pense que dans ces immeubles très anciens l’automne que nous avons eu où il avait plu abondamment a peut-être aussi contribué. C’est pas la raison majeure bien entendu, [la raison majeure] c’est que ces immeubles étaient dans un tel état”, a-t-il formulé.

“Je voyais ce matin le maire de Courchevel qui avait des difficultés lui aussi”, glisse-t-il au détour d’une phrase après l’incendie d’un immeuble et la mort d’un saisonnier dans la station de ski. Il montre ainsi qu’il a conscience de la mauvaise passe qu’il traverse. Mais il ne souhaite plus réellement développer sur le sujet et renvoie les importantes manifestations contre sa politique à un simple jeu politicien : “Ce n’est pas loin de la Plaine où nous avons eu des contestations à n’en plus finir. Nous sommes dans la deuxième ville de France, il y a des ambitions.

“Jusqu’au bout”

“Ma majorité est forte et je resterai jusqu’au bout”, assure-t-il si “Dieu [lui] prête vie”. La phrase répond bien sûr aux “Gaudin démission” mais elle s’adresse aussi à ses propres élus. Face aux doutes exprimés sur le partenariat public-privé (PPP) des écoles, notamment par le seul candidat officiellement déclaré à sa succession Bruno Gilles, Jean-Claude Gaudin n’entend pas reculer. “Dans les quinze mois qu’il me reste je n’aurai pas le temps de faire beaucoup d’écoles, assure-t-il. Mais je veux amorcer cela. Et ceux qui m’ont beaucoup critiqué sur la rue d’Aubagne me critiqueraient sans doute davantage si on avait un drame dans une école. On a trop attendu. Le temps est venu de construire des écoles neuves là où il y a un danger.”

Le maire sait bien qu’un éventuel successeur pourra s’arrêter là et ne pas activer la suite de ce PPP, comme l’envisage déjà Martine Vassal. Mais il a pour les aspirants à la mairie de tout poil un avertissement : “Ceux qui croient qu’il suffit de se présenter pour être élus, qu’ils commencent par avoir un peu d’humilité. Qu’ils bossent, qu’ils travaillent, qu’ils soient à l’écoute, qu’ils dialoguent, alors peut-être le sacrement du suffrage universel viendra les conforter. Allez mes amis, on a encore une année pour se mettre d’accord.” Une année durant laquelle Jean-Claude Gaudin entend bien peser sur la suite et ne pas laisser piétiner son bilan : “Je soutiendrai la liste sur laquelle il y aura le plus d’adjoints au maire qui m’ont aidé à transformer Marseille.”

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