La guerre des services entre la Ville et l’État laisse pourrir les logements insalubres
Depuis 2016, ce sont près de 1400 signalements de logements insalubres qui se sont perdus dans la nature entre les services de l'État et ceux de la Ville. Si l'État estime que le service de la mairie est défaillant, la Ville lui retourne le reproche. Et pendant ce temps, la situation continue de se dégrader.
Depuis plus de dix ans, la cour intérieure du 7 rue de Versailles sert de dépotoir. Depuis 2014, les balcons sont frappés d'arrêté de péril.
1392 fiches. 1392 signalements arrivés sur l’un des bureaux du service communal d'hygiène et de santé de la Ville depuis 2016 et dont l’État estime n’avoir plus de nouvelles. 1392 appartements signalés au guichet unique du pôle de lutte contre l’habitat indigne (voir encadré), qui dépend de l'État, et restés sans suite.
1392 fiches comme autant de familles contraintes de vivre dans des conditions indignes - rats, cafards ou punaises, humidité, absence d'aération, de fenêtre ou de chauffage, plomb, moisissures diverses. La responsabilité de ce qui s’apparente à un échec fait l’objet d’une bataille de chiffonniers entre les services de l’État et ceux de la Ville.
Cette tension est montée d’un cran avec le rapport Nicol qui dressait un bilan sévère de la lutte contre l’indignité du logement à Marseille (lire notre article). Depuis le drame de la rue d’Aubagne et la crise humanitaire qu’il a enclenché, cette tension est devenue permanente.
Depuis 2016, l’État anime le plan départemental de lutte contre l’habitat indigne qui réunit la caisse d’allocations familiales, les associations, l’agence régionale de santé et les différents services communaux d’hygiène et de sécurité. Depuis cette date, l’État, via le service habitat de la direction départemental des territoires et de la mer (DDTM) sert de guichet commun aux signalements reçus par chacun de ces acteurs. À Marseille, au vu de la situation du logement privé, ils se comptent par centaines par an. Ces signalements de locataires, de travailleurs sociaux, d’agents des différents services publics sont ensuite transmis par la DDTM au service compétent, le service d’hygiène piloté par la Ville. Puis ils semblent se perdre dans des limbes administratives.
Quatre jours après le drame, une note non signée d’un agent de l’Agence régionale de la santé (ARS) a fuité dans Le Monde, jetant une lumière crue sur . . .
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Le personnel du service communal d’hygiène et de santé est donc insuffisant, incompétent, refuse de se former et est incapable de rendre compte de son action.
Cet article est accablant pour les services municipaux et les élus.
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Rassurons nous, ce n’est pas comme si tous ces « dysfonctionnements » avaient entraîné des morts… Ah, ben si, en fait…
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A Marseille, on peut mourrir chez soi dans son sommeil à cause de l’insécurité liée à l’insalubrité de l’habitat. La mairie refuse toute remise en question et se drape dans une attitude de défi vis à vis de l’état. C’est la seule grande ville ou les habitants défilent et demandent la tutelle de la ville mais cela ne provoque au mieux chez les élus qu’un agacement amusé.
Dans cette ville ou chaque jour fait son lot des révélations scandaleuses où ceux qui sont sensés représenter la population se servent sur le dos de sa misère. Rien ne fonctionne correctement ni reglementairement. la liste des dysfonctionnements est longue mais la seule réponse est toujours celle de l’échappatoire et du laisser aller. On peut s’insurger contre l’incompétence des services, mais celle ci n’est que la conséquence de l’absence de maitrise des dossiers de l’équipe politique.
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C’est ça la décentralisation si chère au « libéral » Gaudin et à ses comparses qui de puis 25 ans foutent en l’air l’argent public sans que le représentant de l’ Etat puisse y faire grand chose
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