Pauvreté
Explosion de la précarité alimentaire : « J’ai peur de devoir voler pour mes enfants »
Au local du Secours populaire de la Belle-de-Mai, la file d'attente des bénéficiaires de l'aide alimentaire ne cesse de s'allonger. Auprès de Marsactu, ils partagent leur crainte de ne plus être à même d'aligner les deux bouts.
Alors que le jour n'est pas encore levé, chaque matin, la distribution du Secours populaire de la Belle-de-Mai a déjà bien avancé. (Photo : Roxanne Machecourt)
"La file d'attente va parfois jusqu'à l'auto-école, dès 6 h le matin, alors que le local est situé 150 mètres plus loin", évalue Nadia Zeraibi en secouant la tête. Les traits de son visage sont marqués d'une fatigue imparable. À 6 h 30, chaque matin, à l'exception du dimanche, elle ouvre les portes du Secours populaire, rue du docteur Léon-Perrin, à la Belle-de-Mai, en exhortant les bénéficiaires les plus matinaux à revenir un peu plus tard. Elle n'a pas la capacité de les accueillir tous à la fois et ne veut pas que les invendus récupérés la veille dans des supermarchés du quartier partent dès la première demi-heure.
Contraints de "classifier la pauvreté"
Bénévole depuis quarante ans au sein de cette antenne du 3e arrondissement, elle affiche aujourd'hui sa détresse face à une demande qui ne fait qu'augmenter et des provisions qui ne font que s'amoindrir. "Les dons ont largement baissé et comme tout coûte plus cher, nos paniers alimentaires ont été divisés par deux. À côté de ça, les supermarchés vendent les produits avec des dates courtes au lieu de nous les remettre, commandent des volumes moins importants avec la baisse à la consommation, et on récupère de moins en moins d'invendus", détaille Nadia.
À contrecœur, elle doit désormais appliquer la politique du "premier arrivé, premier servi". "On aimerait pouvoir aider tout le monde, mais il y a tellement de bouches qu . . .
Merci de rendre toute leur humanité à ces personnes dont certains politiques ou commentateurs parlent, se permettent de les juger, sans les connaître, ni connaître leur situation réelle.
Et bravo aux bénévoles.
Les valeurs de la République sont là.
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C’est là-dedans que devraient aller nos impôts…
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