Derrière la « situation saine », l’audit financier de la RTM alerte sur des « risques majeurs »
Marsactu a récupéré l'audit de la Régie des transports métropolitains (RTM) commandé par sa nouvelle présidente, Samia Ghali, à son arrivée. Ses conclusions éclairent les inconnues à venir dans le financement des transports en commun sur Marseille et sa métropole.
Samia Ghali, la présidente de la RTM, en juin 2026. (Photo et montage : Marie Lagache)
Dès son élection à la présidence de la Régie des transports métropolitains (RTM), en avril, Samia Ghali annonce le lancement d'un audit sur la RTM. Quatre mois plus tard, Marsactu vous en livre les conclusions en exclusivité. L'objectif pour l'adjointe (divers gauche) au maire de Marseille était de trouver des leviers économiques en pleine crise budgétaire métropolitaine, notamment sur le financement des transports, mais également de vérifier l'état de la régie, principalement de son matériel, avant de prendre toute décision sur les sujets de transports en commun d'Aix-Marseille-Provence. Et, qui sait, de mettre au jour des errements dans la gestion de la précédente mandature, sous la houlette de Catherine Pila (Les Républicains) et Martine Vassal (divers droite).
En juin, un peu moins de deux mois après son lancement, Samia Ghali réunit la presse pour une "restitution" de cet audit après sa présentation au conseil d'administration. "J'avais dit que je serais dans la toute transparence avec vous", lance fièrement Samia Ghali aux journalistes. Alors, Marsactu a demandé à le consulter, en intégralité. Après plusieurs relances ces derniers mois, nous avons pu récupérer auprès de la RTM le support visuel synthétique d'une trentaine de pages ainsi que le rapport complet d'une centaine de pages réalisés par la société Finance Consult, cabinet français spécialisé dans le conseil budgétaire, qui a épluché pendant trois semaines les comptes de la régie et ses rapports d'activités.
Si Samia Ghali se limite à une présentation sommaire de l'audit aux journalistes — évoquant "des points positifs et des points négatifs" —, la lecture complète du document permet de mieux comprendre la situation financière à la RTM au regard de la crise budgétaire à la métropole. Et livre des informations inédites, comme une mise en garde quant à une dégradation . . .
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En conclusion c’est bien parti pour le métro à pédales.
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@Marie Lagache
Vous indiquez « nous avons pu récupérer auprès de la RTM… le rapport complet d’une centaine de pages « . Bravo !
Mais vous ne dites rien sur les informations qui devraient y être données sur le taux de fraude et le taux de recouvrement des amendes. Ces sujets n’y seraient-ils pas évoqués ?
Ce serait un manque étonnant.
Si des chiffres sont fournis cela donnerait un éclairage intéressant sur des ressources complémentaires dont la RTM pourrait (devrait !) disposer pour :
– faire fonctionner le système,
– revoir la tarification, comme vous l’indiquez, pour mieux tenir compte des revenus des voyageurs.
On aimerait donc en savoir plus sur ce point.
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Bonjour, sur ce sujet je vous renvoie à cet article qui détaille des données RTM/métropole et un précédent rapport de la chambre régionale des comptes https://marsactu.fr/en-2023-un-voyageur-sur-trois-a-fraude-dans-les-transports-de-la-metropole/
J’ajoute que l’audit note que « le taux de fraude dure est estimé à 24 % à Marseille, ce qui est élevé ». L’impact de la diminution d’un point est estimé à « 0,5 à 1,5 million d’euros ». Une « grille tarifaire adaptée » est préconisée. A noter que le contrat avec la RTM intègre aussi un bonus/malus sur ce sujet avec des objectifs de baisse chaque année, qui fait en partie porter la responsabilité de l’amélioration sur la régie.
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Merci Julien pour cette information.
Un voyageur sur 4 qui « fraude dur » c’est absolument énorme.
J’ai repris les taux de fraude dure par mode de l’article que vous m’indiquez (chiffres 2023) et les ai comparés avec les mêmes chiffres pour Île De France Mobilités (l’année n’en est pas précisée, ils ont été donnés en février 2025 donc probablement 2023 aussi).
Taux fraude dure
Bus : Paris 15% Marseille 33%
Tram : Paris 16% Marseille 24%
Métro : Paris : 5% Marseille 16%
A la vue des chiffres parisiens IDF Mobilités avait lancé un « grand » plan de lutte contre la fraude » en 2025.
Vu les chiffres à Marseille lancer un « énorme » plan de lutte contre la fraude ne serait pas du luxe. Mais il faudrait que l’intendance (taux de recouvrement des amendes) suive…
Diviser par deux la fraude à Marseille (pour seulement arriver à des taux qui sont considérés comme inacceptables à Paris…), permettrait donc d’améliorer les recettes de 6 à 18 millions d’euros par an. Disons 12. On y ajoute les 10 millions de la suppression de la gratuité sans conditions de revenus, et 4 millions (sur la fourchette de 2.5 à 6 indiquée) pour la réorganisation des services et on est déjà à 26 millions, soit la moitié des « 50 millions à aller chercher » de votre titre.
Pas besoin d’inventer la poudre, juste du sérieux dans la gestion, sans clientélisme, et de la rigueur dans le fonctionnement, sans abandon du système de transport aux fraudeurs.
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Le retard pris dans le renouvellement du matériel roulant, bus, métro, autocar, est inquiétant : les pannes et donc les retards vont se multiplier. Quid des accidents ?
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L’augmentation du VM (entreprises) semble s’imposer ?
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C’est une piste mais si j’ai bien compris, la décision ne dépend pas de l’échelon local.
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Merci à Marsactu pour l’effort de transparence et de pédagogie (qu’on serait en droit d’attendre de la RTM elle-même, s’agissant d’un service public). A force de résumer des données complexes, je ne suis pas sûr de comprendre l’équation en 2033 : le contrat entre la RTM et la Métropole prévoit une baisse de subvention de 35 M€ ; l’audit cumule des « impacts » (=besoins supplémentaires) pour 79,3 M€ ; mais au final le besoin de financement annuel ne serait « que » de 47 M€ ?
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Bonjour et merci pour votre réaction. Effectivement 79 millions moins 35 ne font que 44. Nous n’avons pas développé deux points intermédiaires pour arriver à 47 millions de besoin de financement annuel : la nouvelle offre de transports, si elle rencontre son public, doit apporter 14 millions d’euros par an de recettes supplémentaires à la métropole. En revanche, si le renouvellement du matériel roulant est confié à la RTM, sa rémunération devra augmenter encore de 17 millions par an.
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Les tarifs de la RTM n’ont pas augmenté, pour l’essentiel, depuis des années, ce qui revient à une baisse réelle compte tenu de l’inflation, très significative, observée durant la décennie passée. Et cette baisse réelle a été aggravée par les cadeaux électoralistes non financés « offerts » par Mme Vassal, les gratuités sans condition de ressources. Dans le même temps, on a ajouté des kilomètres de tramway et de BHNS qui coûtent plus cher que le kilomètre de bus standard.
La réforme de la tarification fait, avec la lutte contre la fraude, partie des leviers de financement beaucoup plus sûrement qu’une hypothétique hausse du Versement Mobilité. Avant que celle-ci se produise, il faudra expliquer pourquoi le taux plafond actuel de ce Versement suffirait à Lyon mais pas à Marseille.
Dans la métropole d’Aix-Marseille, le taux de couverture des dépenses par les recettes issues des usagers n’atteint pas 20 % : c’est plus du double à Lyon.
La lutte contre la fraude est certainement perfectible à effectif constant. Rien ne sert de mobiliser une équipe pour contrôler les 3 pelés qui descendent du bus au Rond-Point du Prado le samedi à 8 h quand il n’y a jamais de contrôleurs aux arrêts « open bar », qui sont parfaitement connus.
Un point que ne semble pas aborder le rapport d’audit, c’est la productivité globale de la RTM. Le coût du kilomètre produit par celle-ci est notoirement supérieur à celui du kilomètre produit par d’autres transporteurs opérant sur le territoire de la métropole, à mode comparable évidemment. Il y a plusieurs explications à cet écart, dont une vitesse commerciale des bus insuffisante à Marseille (où il y a trop peu de couloirs de bus et pas de priorité aux carrefours pour les véhicules de transport en commun) et l’existence de fonctions assurées par la régie pour le compte de l’autorité organisatrice ; mais au-delà de ces facteurs, il y a aussi une organisation interne insuffisamment efficace.
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La demande d’augmentation du versement Mobilités hors Paris est une demande récurrente de toutes les grandes villes de France, de gauche comme de droite…
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Différence de coût Lyon/Marseille : ayant résidé 3 ans à Lyon, à Marseille le reste du temps, je vois deux facteurs qui n’expliquent pas tout mais sont importants : 1.La voirie et la circulation lyonnaises sont beaucoup plus rationnelles que le labyrinthe marseillais. 2.A Lyon la fraude existe mais est plus sévèrement réprimée.
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Ok mais la comparaison avec Lyon est problématique à plusieurs points dont le tarifs pour les usagers : prix du ticket solo 1,70 euros à Marseille contre 2,10 euros (avec un système de zones assez illisible).
Le pouvoir d’achat d’un habitant lyonnais n’est pas celui d’un marseillais moyen (à la louche)…
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Revenir sur le principe de gratuité partielle des transports serait une grave erreur alors qu’il s’agit plutôt de généraliser cette gratuité face au défi climatique et au blocage de la circulation mais surtout pas d‘augmenter ces tarifs (les véhicules électrique produisent aussi des embouteillages …).
Madame Ghali préfère sans doute renforcer la pratique des parents-taxis qui encombre la circulation en période scolaire. Par ailleurs les personnes « âgées », fortement secouées par les mouvements brusques du métro ou des bus, sont des utilisateurs occasionnels des transports en commun et le manque à gagner doit être assez réduit. Perdant la gratuité ces personnes agées perdraient la gratuité de l’usage combiné des parkings RTM et des transports. D’ailleurs à partir de quel revenu une personne « âgée » serait-elle considérée comme aisée ? (ils ne sont pas tous propriétaire d’un appartement et un certain nombre doivent faire face aux loyers)
L’Etat est responsable de la situation tendue des finances de la métropole qui est aggravée par les aides irrégulières à certaines communes. Les riches sont toujours plus riches et moins imposés alors que les services publics pourraient être aisément financés par leur contribution.
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Le meilleur outil pour inciter a l’utilisation des transports collectifs, cest l’augmentation de l’offre de service, pas une gratuité que l’on voit rarement en Europe…
Et il y a pas mal de retraités, dont je fais partie, qui ont tout a fait les moyens de payer un abonnement. La. Mesure prise par MV, sans consultation aucune du groupe de travail de la Métropole qui avait travaillé sur le sujet est totalement démagogique
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Pour avoir travaillé récemment sur le sujet de la gratuité des transports publics dans un cadre professionnel, je ne peux que confirmer que la demande archi-prioritaire des usagers porte sur l’offre de transport : celle-ci, pour être convaincante, doit être efficace, fiable, confortable et concurrentielle par rapport à la voiture individuelle.
La question de la tarification, voire de la gratuité, vient loin derrière : tout le monde a conscience que se déplacer en voiture individuelle coûte cher, plus cher que le prix d’un abonnement (qui, pour les salariés, est pris en charge à moitié par les employeurs). Bien entendu, créer une tarification différenciée en fonction des revenus (avec, pourquoi pas, des gratuités ciblées) est nécessaire pour que le réseau soit accessible à tous. A Clermont-Ferrand, il existe des tarifs « solidaires » en fonction du quotient familial, avec un premier niveau d’abonnement à 4,30 € par mois.
Rien ne sert de rendre gratuits des bus rares, lents et saturés aux heures de pointe : on ne convaincra pas un usager supplémentaire d’y venir. Or c’est exactement la situation de l’offre de transport public ici.
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Je suis totalement d’accord avec les commentaires de Charles Albert et Electeur du 8e : la gratuité « non ciblée » n’est pas du tout la solution, il suffit de lire le récent rapport de la cour des comptes (septembre 2025) à ce sujet.
Il indique que la gratuité est peu efficace dans les grandes villes, coûteuse pour les finances publiques et ne garantit pas un report modal significatif depuis la voiture et qu’une hausse des tarifs couplée à une amélioration de l’offre est préférable.
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je suis étonnée de votre silence sur l’utilité des transports en commun face au réchauffement climatique et la santé. On sait tres bien ce que coute pour la santé la pollution aux particules fines, les maladies liées aux canicules et le cout des voies publiques, aujourd’hui d’abord pour la voiture! je suis déçue de ce manque de réflexions un peu plus globales de la métropole, de la RTM mais aussi de marsactu!
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Entièrement d’accord. L’audit est orienté par la logique libérale de Mme Ghali (divers gauche ?? ? ). La planète brûle et ils font comme si de rien n’était.
Est-ce au finances de conduire la politique où à la politique de conduire les finances ?
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Le politique peut toujours faire le fanfaron les poches vides mais c’est le financier qui décide. À moins d’employer la méthode Philippe le Bel avec les Templiers. Mais ça, c’était le bon vieux temps.
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Ben on pourrait employer la méthode Piketty avec les rentiers …
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Où sont passés les millions voire les milliards qui devaient ruisseler du plan Marseille en grand ?
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Bonjour, ce sont des subventions d’investissement (et avances remboursables) ponctuelles et non une aide pérenne pour faire fonctionner les lignes financées.
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Tellement à dire, oui la fraude est forte mais aucune volonté de la réduire. Vous ne risquez aucun contrôle sur 90 % du réseau, les gens le savent notamment dans les quartiers Nord soi disant mal desservis. En espérant que Mme Ghali est lectrice, elle sa feuille de route dans les commentaires… merci à tous. Elle peut faire mettre des contraventions aux parents-taxis qui sont une des causes essentielles du bordel dans notre ville. Il est vrai que la ville est mal foutue ce qui ne facilite pas la tâche. Si augmentation du Versement Mobilité il faut tracer les recettes sur de l’investissement et pas pour payer la fraude… La fin de la gratuité est une évidence mais comme la cantine on paiera pour les autres… on a compris… avant encore une grosse louche de foncier en 2027 puisque la première augementation de l’ère Payant pourtant forte est passée crème…ah oui j’oubliais le métro ancien comme nouveau ça sent pas bon…
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