Depuis 25 ans, Pakito Bolino pousse son Dernier cri
La Friche accueille jusqu'à la fin mars Mondo DC, une exposition rétrospective d'un quart de siècle d'édition du Dernier cri. Rencontre avec son co-fondateur, Pakito Bolino, sérigraphe en série d'oeuvres cul, crues et mal-polies.
Depuis 25 ans, Pakito Bolino pousse son Dernier cri
"20 minutes pour 25 ans, tu es sûr d'avoir tout vu ?" Pakito Bolino ricane. La réplique était écrite d'avance. Mauvaise idée de lui proposer l'interview dans la foulée de la visite de son exposition monstre après l'avoir croisé à l'entrée. Non, il n'est pas possible de tout voir en 40 minutes (la durée exacte de ma visite). Certains dessins à eux seuls méritent allègrement cette durée de contemplation. Le tout explose en forme et couleurs. Lithographies, sculptures, films et collages rendent hommage au slogan de l'expo Mondo DC : "vomir des yeux. 25 ans d'infection graphique". Amateurs de bon goût, de beaux-arts et d'harmonie, mieux vaut vous tenir à l'écart.
Mondo DC offre un bouquet de fleurs putrides au parfum vénéneux. Une palette de couleurs façon Fukushima. C'est terriblement beau et insupportable. On se perd dans un dédale de zones dont certaines interdites aux moins de 18 ans. Il faut se pencher sur les vitrines pour lire les noms d'auteurs sur de tout petits cartels. "C'est voulu, sourit Pakito, œil bleu et poil blanc. Au Dernier cri, tout repose sur le collectif. L'idée de l'expo est de montrer du dessin. Mettre des cartels aurait tout foutu en l'air. Il faut faire un effort pour relier les dessins exposés aux livre parus. Mais y en a marre aussi de tout prémâcher. Aux gens de faire des efforts."
Voir le reportage d'Arte :
L'exposition présente certains des 391 livres conçus et façonnés dans l'atelier de la Friche où Pakito travaille depuis 25 ans. Impossible d'en dénombrer les auteurs (une centaine ?), du Ghana au Mexique en passant par l'Indonésie et le Japon. Il ressort de l'ensemble une impression contradictoire de prolifération cancéreuse et d'unité esthétique. "Le procédé sérigraphique y est pour beaucoup. La couleur c'est moi. Je choisis en fonction de leur travail . . .
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Très bon article ! Pakito est dans un monde presque à part, c’est un révélateur. Même si aujourd’hui une « petite cours » ce crée autour de lui, on peut le croiser au marché de la belle de mai, le regard rêveur. Caroline à prit un autre chemin, pas si éloigné ; elle à un atelier rue Saint Savournin. ET QUE VIVE LE DERNIER CRIS !
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Perso j’admire le travail qui est fait et regrette le désengagement des institutions. Mais je comprend aussi la polémique de 2015, j’avais vu les images et ça pose question sur la limite aux possibilités de représentations de la pédo-pornographie, même fictionnelle.. Je pense d’ailleurs que l’argumentation à ce propos de Pakito concernant les gens qu’il a édité et qui le lui ont reproché témoigne bien de la complexité de la chose.
Reprocherait-on a Charlie Hebdo de ne pas montrer de pédo-pornographie fictive, au titre de la liberté d’expression? Quel intérêt à cela? Montrer que l’on ne peut pas s’attaquer aux enfants? Que la pédophilie est un tabou? Oui, et alors? …
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