Première manifestation sans grand élan unitaire contre la loi travail II

Actualité
Lisa Castelly
13 septembre 2017 22

Première manifestation nationale contre les ordonnances de la loi travail 2, le cortège marseillais de mardi a conforté les espoirs de ses organisateurs. Mais reste la question de la poursuite du mouvement, alors que plusieurs syndicats manquaient à l'appel.

« Une réussite » pour la CGT, un premier round contre les ordonnances a priori implacables de la nouvelle loi travail. Entre 7 500 selon la police, et 60 000 personnes selon la CGT ont manifesté mardi du Vieux-Port à la place Castellane contre les réformes voulues par le gouvernement. L’appel à descendre dans la rue étant lancé par la CGT, rejointe par la FSU, Sud, Solidaires et des syndicats étudiants, l’UNEF notamment.

Présent pour « montrer au gouvernement qu’on n’est pas satisfaits de cette casse du code du travail », Pierre-Marie Ganozzi, secrétaire général de la FSU pointe l’enjeu : faire converger les luttes actuelles à la fois contre la loi travail, le gel du point d’indice pour les fonctionnaires, mais aussi sur des problématiques plus spécifiques à certaines branches. Une premier rendez-vous comme un « tremplin » selon le syndicaliste, vers une mobilisation plus générale et unitaire. Car ce mardi, peu de membres de FO, la CFDT ou l’UNSA. « On espère que FO va nous rejoindre, tout le monde est le bienvenu sur ces thématiques ! »

Parmi la nuée de drapeaux rouges qui flottent sur le centre-ville toute la matinée, Michel Pinci, de la fédération du livre résume ses craintes : « les patrons pourront faire ce qu’ils veulent avec les contrats et accentuer la pression sur les salariés ». Employé de l’entreprise vitrollaise Méditerranée offset presse, il confirme en tout cas que son entreprise était complètement à l’arrêt pour la journée, comme 300 autres « entreprises, services et collectivités du département », annonce la CGT.

« Il n’y a pas eu de ralliement »

Mais parmi les manifestants, certains concèdent bien que le mouvement démarre presqu’en solitaire pour le syndicat. « C’est vrai qu’aujourd’hui, des syndicats il n’y en a pas beaucoup. Les autres choisissent d’autres jours, il n’y a pas eu de ralliement … d’un côté comme de l’autre », reconnaît Éric, retraité de l’entreprise Shell – devenue LyondellBasell – à Vitrolles. Même s’il compte sur la mobilisation du jour pour impulser un mouvement, après « 40 ans à la CGT », il s’avoue pessimiste sur les résultats potentiels de cette lutte qui démarre.

Une poignée d’étendards siglés FO ont tout de même pris place dans le cortège, tenus par les membres de la fédération des transports. « Chez FO, ils ont l’air d’avoir un souci entre leur direction et la base », souffle un militant CGT. « La confédération a fait un travail au plan national qu’on ne conteste pas, pour influer sur les ordonnances, mais nous on conteste le fait de ne pas appeler à manifester, reconnaît le secrétaire général départemental FO pour la fédération transports, Laurent Casanova. Contre la loi El Khomri on est rentrés tardivement, mais en force. Et là, c’est la suite logique ». La fédération chimie de FO appelait aussi à participer au mouvement, mais ses représentant locaux n’ont pas été aperçus à Marseille.

La police a compté 7500 manifestants, la CGT 60 000. (LC)

Les emplois aidés s’invitent dans la manif

Au delà de la dénonciation des ordonnances et de leur impact global, des revendications plus spécifiques à chaque branche se font entendre. Pour Éric, le retraité de l’usine pétrochimique de Berre-l’Étang, la fusion des délégués du personnel, des CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) et des comité d’entreprise (CE) pourrait « diluer les compétences« , avec des représentants du personnel « moins pointus dans leurs domaines. Le CHSCT, c’était une des branches de la sécurité, et c’était des spécialistes ».

La question de la réduction drastique des emplois aidés, pas directement liée aux ordonnances, mais mise en oeuvre récemment a aussi trouvé sa place dans le cortège, avec notamment le lycée Saint-Exupéry, qui dénonce la suppression annoncée de 28 emplois aidés d’ici à la fin de l’année scolaire dans l’établissement. Une petite banderole tenue par des agents du collège Mignet à Aix pointe de son côté la suppression de cinq emplois. « Certaines l’ont appris à leur retour de congés, explique une titulaire venue en soutien. Ce sont des gens avec des postes comme nous, en cuisine ou à l’entretien. Ça fait un grand trou autant pour elles que pour nous ».

Jean-Luc Mélenchon, star de la manifestation, a défilé en queue de cortège avec la France insoumise. (LC)

Aux deux extrémités du cortège, les drapeaux de la CGT laissent place à d’autres. Un groupe d’une bonne centaine de personnes, dont certaines cagoulées, faisait la course en tête, hors du cordon de sécurité. « Anticapitalistes » ou « anarchistes » selon les uns ou les autres, « fouteurs de merde » pour un membre du service de sécurité de la CGT. En queue de cortège en revanche, les logos turquoise et rouge de la France insoumise défilaient derrière le député de Marseille Jean-Luc Mélenchon, attraction médiatique du jour. Celui qui organise le 23 septembre une autre journée de mobilisation nationale appelle à “une prise de conscience qui doit monter. On aura des vagues, il faut économiser nos forces pour savoir bien les propulser dans la bataille”. Une bataille qui va néanmoins se poursuivre séparément, puisque la CGT appelle à retourner dans la rue le 21, deux jours plus tôt.

22
commentaires

  1. Félix WEYGAND Félix WEYGAND

    7500 personnes. Mais combien de salariés vraiment concernés et quel son de cloche pour ceux qui ont besoin de s’inclure dans le marché du travail en facilitant son fonctionnement ? Ce n’est pas faire insulte aux manifestant que de remarquer que parmi eux il y avait un nombre conséquent de fonctionnaires (la véritable base de la CGT) et de retraités, catégories qui ne sont pas directement concernées par la réforme annoncée. De même que pour la loi travail, on a également retrouvé hier (avec l’UNEF et Solidaire Etudiant) une tentative de manipulation (j’assume le mot, ce n’est pas une formule rhétorique) des jeunes visant à la mobiliser contre des réformes qui in fine vont favoriser et stabiliser leur accès à la vie professionnelle. Il s’agit là de faire nombre par tous les moyens, la CGT défend un rapport de force institutionnel avec les moyens du bord, pas l’intérêt des travailleurs et encore moins celui des jeunes à l’entrée sur le marché du travail.

    Signaler
    • Julien Houles Julien Houles

      Il n’y avait pas que des fonctionnaires dans la manil, loin de là.
      Et les fonctionnaires qui y étaient n’étaient pas directement concernés mais ont perdu une journée de salaire pour défendre les acquis sociaux si difficilement arrachés par nos parents et grands parents. Il est de notre devoir de les défendre pour nos enfants ou ceux qui nous entourent, que nous soyons fonctionnaires ou pas. Et in fine, après avoir écrasé le privé, on pointera du doigt les « privilèges » des fonctionnaires pour mieux les dépouiller ensuite.
      Faciliter l’accès au marché du travail en cassant le code du travail et le contrat de travail est un leurre. Même s’il devient plus facile de licencier et d’embaucher, si la quantité de travail reste la même, le nombre de chômeurs restera le même et tirera vers le bas ceux qui ont la chance d’avoir déjà un travail… Ce qui ralentira l’activité et diminuera la quantité de travail.
      Je vois plutôt des solutions dans la relance de l’activité par la demande, en partant de nos besoins réels et dans le partage du travail.
      Je pense que beaucoup de jeunes sont beaucoup plus clairvoyants que beaucoup d' »anciens » qui ne font que proposer des solutions qui n’ont fait que nous envoyer dans le mur. Les dire manipulés revient à insulter leur intelligence.

      Signaler
    • corsaire vert corsaire vert

      vous êtes bien sûr de vous pour prétendre que les ordonnances vont favoriser l’embauche !
      Voyez un peu ce qui se passe en Allemagne, 20 % de travailleurs pauvres pour satisfaire aux exigences des chiffres de ce que l’on ose appeler de la croiss

      Signaler
    • Félix WEYGAND Félix WEYGAND

      @Julien et Corsaire. Non je ne suis pas sûr de moi, au sens où être « sûr » des effets d’une politique économique c’est se prendre pour un devin. Je remarque simplement que la France est engluée depuis la milieu des années 70 dans un chômage de masse, qui frappe en premier lieu les jeunes et les moins qualifiés et qui génère un marché du travail tellement bricolé pour qu’il continue à fonctionner qu’il fonctionne forcément mal : quand l’emploi privé augmente c’est en réalité l’intérim qui croit (c’est le cas en ce moment) et le service public est le premier employeur de précaire dans des conditions indécentes fort heureusement interdites dans le privé. Je remarque aussi que les conquêtes sociales qui fondent le droit de travail existant (mais qui n’est en fait appliqué qu’à une partie de la population, les autres -jeunes, peu qualifiés- étant soit totalement exclus, soit précarisés par les différentes solutions bricolées) se sont mises en place dans une société, une économie et des rapports sociaux différents de ceux d’aujourd’hui. Tout changement n’est pas bon en soi mais on ne peut pas améliorer la société en lui refusant de changer.
      La relance par la demande ne fonctionne pas sur une économie qui ne peut pas réagir rapidement et avec confiance, en l’état une relance par la demande relancera d’abord les économie de nos fournisseurs allemands et chinois. Une relance par la demande qui fonctionne suppose que les PME et TPE puissent rapidement déployer les investissements et les recrutements nécessaires, sans crainte d’un retour de conjoncture auquel elles ne pourraient pas s’adapter. C’est un des but de la réforme proposée.
      Je suis d’accord qu’il nous faut maintenant voir le versant « sécurisation » qui doit être le pendant d’un marché du travail plus flexible : extension des droits à indemnisation quand on ne travaille pas, refonte du système de formation professionnelle.
      Cela fait partie des engagements de Macron et jusqu’à présent il tient sa feuille de route.

      Signaler
    • neomars neomars

      Merci pour la qualité de vos commentaires, même si je ne partage pas votre point de vue. Je rebondis sur votre dernier paragraphe: « Je suis d’accord … il tient sa feuille de route. »
      Je me demandais pourquoi les titulaires d’emploi aidé venaient manifester alors que la mesure n’est pas dans le code du travail.
      Premier élément: si le pouvoir divise pour régner, il faut s’unir pour s’en défendre et donc si à une manif ne doivent venir que les gens concernés par tel texte, le pouvoir a déjà gagné sa dictature de fait.
      Second élément: le président a dit qu’il y aurait un volet sécurité et formation, donc qu’on fermait leur emploi de suite. C’est quand même très « deux tu l’auras », ça rend forcément au minimum fébrile … surtout que l’emploi qualifié auquel ils seront formés reste peut être à créer

      Signaler
    • Julien Houles Julien Houles

      @Felix,
      effectivement nos positions sont totalement opposées.
      La précarité dans laquelle vivent beaucoup de jeunes est innacceptable et c’est bien pour cela qu’il ne faut pas la généraliser à toute la population.
      Evidemment, la relance par la demande s’accompagne de beaucoup d’autres mesures : investissements publics massifs pour orienter l’activité, véritable pôle financier public qui prête aux petites entreprises et garantit les avances de trésorerie, taxation des importations produites dans des conditions environementales et sociales inférieurs à nos standards, développement de l’agriculture locale, réorientation du crédit impot recherche inutile dans la recherche publique… la liste des choses à faire serait trop longue.
      Pour l’instant Macron tient sa feuille de route dans la destruction…
      Et quand on voit ce qu’il a promis dans la construction, ça fait peur…

      Signaler
    • leravidemilo leravidemilo

      On a même vu ma bonne dame, c’est à n’y pas croire, une centaine de planquées de la fonction publiques hospitalière, en uniforme, oui!, une palanquée de blouses blanches, de l’hôpital nord qu’elle venaient, c’était marqué sur leur banderole! en train de crier des slogans contre macron, les mêmes, toujours les mêmes, qui gueulaient aussi au temps d’hollande et de sarkosy, en fait depuis que les hôpitaux sont payés à l’acte et que ça au moins c’est du concret et puis ça les met en concurrence et ça les forces à turbiner et d’ailleurs on est bien mieux soignés hein depuis que les directeurs d’hôpitaux sont bien mieux formés à Rennes selon les consignes le l’ifrap, même qu’il a dans son comité de parrains le grand économiste Fillon. Carrément! la cgt leur avait fait croire qu’elles étaient concernées par la loi travail. N’importe quoi! Et en plus elles chantaient, et certaines même dansaient, ah pas le genre qui s’épuise au travail ça non! (sur que Macron and co, ça ratisse large; mon voisin me dit que même les retraités risquent de s’y mettre pour des histoires de tsv ou un truc comme ça et que les jeunes attendent la rentrée parce qu’ils craignent pour leur retraite!!!! J’vous dit pas le catalogue, pourvu que les militaires s’y mettent pas parait qu’ils ont des gilet anti balles d’époque Et en plus c’est du public ça encore, et même leurs chefs pas encore formé par l’ifrap ont l’air de les soutenir en douce…)

      Signaler
    • leravidemilo leravidemilo

      Bon, on est rassuré pour Macron, qui était mal parti; la branche defferriste de ce qui ne reste pas du PS, tendance canebière, sous tendance canal historique, vole à son secours. Bien sur, on est un peu déçu pour les arguments, les mêmes (et pour cause), et il lui faudra mieux chercher chez Périclès ou Hegel un éventuel renouvellement, au risque d’être incompris… Tout d’abord diviser,toujours diviser, le privé (les ceusses qui bossent dans le privé) à droite, le public à gauche (ceux qui bossent pas, encore, pareil, ils produisent même pas de « valeur »-de plus value- bon, ils nous soignent, ils enseignent à nos enfants, y en à même qui éteignent les incendies à 2 pas de notre porte… mais qu’est ce qu’ils (nous) coûtent alors!) Et puis les pas jeunes d’un coté, les jeunes malléables et manipulables de l’autre…ect ect. Félix vous êtes bien pessimiste de ne pas croire ainsi en la jeunesse de notre beau pays, ou vous la confondez avec des générations proches de la votre concernant sa capacité à se faire manipuler. Bien sur, et c’est une première depuis quelque temps, ils ont mal votés. Mais attendez un peu, vous serait pas déçu. Certes, encore faut il qu’ils puissent entrer sur le « marché » du travail, et de préférence autrement qu’en vélo avec le sac delivero sur le dos, mais mon petit doigt me dit que vous vous trompez de sujet, et que vous ne serez pas déçu ni par ce qui attendent à la porte, ni par ceux qui entrent par la grande… Combien de salariés concernés? Oh juste une poignée!

      Signaler
    • Félix WEYGAND Félix WEYGAND

      @Ravi. Je suis prof et mes étudiants (entre 23 et 25 ans pour la plupart) sont exactement au moment où ils passent dans la vie professionnelle. J’ai donc une vision parfaitement optimiste de la jeunesse (à travers eux, ils ne sont pas représentatifs de toute la jeunesse) et parfaitement claire de ce que c’est l’insertion dans la vie professionnelle pour eux. J’ai également été pendant 12 ans élu local dans le 13e arrondissement de Marseille et j’ai donc également une vision bien claire de ce qui constitue les barrières à l’entrée pour une autre partie de la jeunesse : ceux/celles qui sont le plus éloignés de l’emploi et de l’employabilité ; au passage : ceux-là ne risquent pas de mal voter, soit ils ne votent pas du tout, soit ils le font au terme d’un marchandage clientéliste, compréhensible pour eux mais honteux pour les politiques qui s’y livrent. Moi je ne l’ai pas fait.

      Signaler
  2. E Mars E Mars

    Bonjour
    juste un petit rajout pour un oubli sans doute involontaire … a la fin de l’article  » Aux 2 extremités du cortége, les drapeaux de la CGT laissent place à d’autres . [..]  » .. outre le groupe des « anticapitalistes  » et celui de la france insoumise … il y avait quand meme avant ce dernier un grand groupe avec force drapeaux colorés , tous ceux des Solidaires … Sud Rail, Sud PTT, Sud chimie, Sud education, Sud emploi, Sud culture, Sud collectivite territoriale … avec un camion rose une sono et beaucoup de drapeaux … Vous n’avez pas pu le louper …mais vous l’avez oublié dans l’article …Dommage !!!

    Signaler
    • Lisa Castelly Lisa Castelly

      Il est question de Sud et Solidaires dès le premier paragraphe 🙂

      Signaler
  3. mrmiolito mrmiolito

    Pour ma part j’hésitais à m’y joindre, n’ayant pas eu l’occasion de bien étudier le contenu des fameuses ordonnances.
    Mais la question des emplois aidés qui disparaissent brutalement m’a donné un excellent motif de colère (étant touché à plusieurs niveaux : en tant que parent d’élève car il manquera encore plus de personnel dans les écoles publiques, en tant que membre d’association d’ESS dont les emplois sont menacés, etc).
    A l’attention du premier commentaire : je ne suis pas fonctionnaire, et reconnaissez que sur la question de la suppression des emplois aidés, tout le monde est concerné de près ou de loin (cercle professionnel, éducatif, familial …)

    Signaler
    • Félix WEYGAND Félix WEYGAND

      « Suppression des emplois aidés » laisse croire que ceux-ci ont été supprimés en tant que dispositif. Ce n’est pas le cas : le budget prévu pour les emplois aidés pour l’année ayant été consommé au deux tiers au premier semestre, il fallait le rallonger d’autant pour boucler l’année et le gouvernement a arbitré pour une rallonge budgétaire moins importante (mais une rallonge tout de même).
      Faut-il tenir la dérive budgétaire ou pas ? Je sais bien que cela se discute, mais là aussi on ne peux pas reprocher au gouvernement actuel de tenir ses engagements de campagne en essayant de le faire.

      Signaler
    • Félix WEYGAND Félix WEYGAND

      A plus long terme, il est clair que ce gouvernement n’est pas favorable aux emplois aidés pour deux raisons : dans le public, ils sont une forme de précarisation de l’emploi ; dans le secteur associatif, ils sont une subvention « déguisée » (si les associations ont besoins de subvention de fonctionnement pour recruter des personnels, il faut prendre la décision en tant que telle et pas se cacher derrière d’autres arguments).
      L’argument en faveur des emplois aidés est qu’ils sont une solution de réinsertion professionnelle pour ceux qui sont marginalisé par le fonctionnement segmenté du marché du travail (qui exclut et précarise les plus faibles et protège les mieux armés). De ce point de vue là, à long terme, un marché du travail plus dynamique assorti de solutions de protection (les mêmes pour tout le monde !) et de formation professionnelle (avec l’accompagnement social nécessaire pour les plus exclus) semble une meilleure piste que la multiplication des bricolages statutaires

      Signaler
  4. LaPlaine _ LaPlaine _

    Des manifestations qui regroupent tout un catalogue de revendications qui concernent surtout …le secteur public… On a même vu des personnels SNCF en manifestation préventive… On est assez éloigné de la problématique de la loi travail dans son essence. Les organisateurs ont « ratissé » large pour faire masse, il y aurait eu bien peu de monde hors services publics, mais c’est habituel.

    Signaler
    • Julien Houles Julien Houles

      Ravi de voir que Mr @LaPlaine était à la manif pour compter les fonctionnaires.
      Et comme je l’ai expliqué, la loi travail concerne tout le monde : le code du travail a été arraché à coups de luttes pendant des décennies. Sa sauvegarde importe beaucoup plus que le programme d’un arriviste élu par accident.
      L’inversion de la hiérarchie des normes va tirer tout le monde vers le bas. La compétition sera sans freins non plus avec les pays étrangers mais entre les entreprises d’une même branche. Les salaires et conditions de travail de beacoup de salaries vont se dégrader.
      Et les revendications sont bien sûr plus larges que la loi travail : suppression de dizaines de milliers de postes de fonctionnaires, misère absolue dans les hopitaux, surcharge dans les classes, retraite « à points », vaste blague, suppression de l’ISF sur la spéculation… La liste serait longue.
      Et en ce qui concerne les personnels SNCF en grève, ils perdent une journée de salaire pour une mesure qui ne les concerne pas directement. Vous devriez plutôt les applaudir !

      Signaler
    • leravidemilo leravidemilo

      On a même vu ma bonne dame, c’est à n’y pas croire, une centaine de planquées de la fonction publiques hospitalière, en uniforme, oui!, une palanquée de blouses blanches, de l’hôpital nord qu’elle venaient, c’était marqué sur leur banderole! en train de crier des slogans contre macron, les mêmes, toujours les mêmes, qui gueulaient aussi au temps d’hollande et de sarkosy, en fait depuis que les hôpitaux sont payés à l’acte et que ça au moins c’est du concret et puis ça les met en concurrence et ça les forces à turbiner et d’ailleurs on est bien mieux soignés hein depuis que les directeurs d’hôpitaux sont bien mieux formés à Rennes selon les consignes le l’ifrap, même qu’il a dans son comité de parrains le grand économiste Fillon. Carrément! la cgt leur avait fait croire qu’elles étaient concernées par la loi travail. N’importe quoi! Et en plus elles chantaient, et certaines même dansaient, ah pas le genre qui s’épuise au travail ça non! (sur que Macron and co, ça ratisse large; mon voisin me dit que même les retraités risquent de s’y mettre pour des histoires de tsv ou un truc comme ça et que les jeunes attendent la rentrée parce qu’ils craignent pour leur retraite!!!! J’vous dit pas le catalogue, pourvu que les militaires s’y mettent pas parait qu’ils ont des gilet anti balles d’époque)

      Signaler
    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Je n’étais effectivement pas à la manifestation mais j’aurais pu appliquer le principe à celle de Paris (que j’ai connue), Rennes ou Lille. Les cortèges sont systématiquement « meublés » par les militants syndicaux « disponibles » donc travaillant dans la fonction publique ou assimilée (il suffit de lire les banderoles). Mais on sait bien bien que les militants de la fonction publique (je parle bien des militants syndicaux pas des agents) défendent par solidarité les 5 millions de personnes qui n’ont pas de travail… Et puisque l’on parle d’injustice de la loi, pour moi elle se situe en termes de temps de travail, de nombre de congés, d’absentéisme injustifié (21j dans les collectivités territoriales) et du calcul et montants des retraites et cette injustice là elle est flagrante et se chiffre en milliards d’euros (de quoi créer des emplois aidés). Non la loi travail ne concerne pas tout le monde, surtout pas la fonction publique, elle concerne avant tout ceux qui sont en prise avec les réalités d’un marché et une concurrence bien au-delà de nos frontières et qui est une formidable machine à broyer. Alors on essaye de s’adapter ou on fait le village de Mélanchon/Astérix.

      Signaler
  5. julijo julijo

    Macron tient sa feuille de route… en partie seulement. Pour l’instant il supprime, durement. Pas de feuille de route pour les APL par contre, mais ce n’est pas le sujet…il supprime pour l’instant tout ce qu’il peut, partout où il peut.
    Bientôt on aura …la formation…les emplois…etc. C’est sur la feuille de route.
    Son programme, plutôt évasif, n’était pas une somme infernale, on a pu en prendre connaissance, c’était prévu OK. Pas dit non plus qu’il commencerait par supprimer…mais il faut bien commencer quelque part.

    J’étais sur la canebière mardi matin…je vais probablement y retourner. C’est dire si je suis hostile aux « ordonnances »… toutes les explications techniques ne me suffiront pas pour croire que pour embaucher il faut licencier plus facilement…pas la peine d’argumenter, je suis bloqué sur le contraire !
    Mais j’ai une question
    COMMENT LE PLAFONNEMENT DES INDEMNITÉS PRUD’HOMMALES POURRAIT IL CRÉER DES EMPLOIS ?????
    Ces indemnités sont prévues en cas de licenciement à caractère abusif en principe….donc en dehors des cas prévus (et élargis) par les ordonnances….donc quid des emplois ?
    Les tribunaux des prud’hommes n’ont jamais eu la réputation de distribuer des sous aux salariés….comme ça ! Bien au contraire.. bizarre non ?

    Signaler
  6. Electeur du 8e Electeur du 8e

    J’entends bien que le chômage de masse ravagé la France depuis des décennies. Mais le remède à ce mal mériterait d’être plus sérieux que ceux du Dr Diafoirus. Les clystères

    Signaler
    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      … administrés pour assouplir le Code du travail ont servi une bonne quinzaine de fois ces trente dernières années : l’effet sur le chômage ne saute pas aux yeux, et plus personne de sérieux ne soutient que ce Code est le frein essentiel à l’embauche (https://www.lesechos.fr/economie-france/conjoncture/030397017010-le-code-du-travail-nest-pas-la-premiere-barriere-a-lembauche-2096140.php).

      D’ailleurs, même un organisme aussi peu suspect de gauchisme que l’OCDE estime que les salariés ne sont pas plus protégés en France qu’en Allemagne, pays si souvent érigé en modèle – surtout quand on ne garde du « modèle » que ce qui va dans le sens qu’on souhaite (https://www.alternatives-economiques.fr/non-nest-difficile-de-licencier-france/00079429). Il doit donc y avoir autre chose : un problème de stratégie économique et industrielle, un problème de carnet de commandes, peut-être…

      On peut estimer que la CGT est bloquée sur des postures idéologiques éloignées de l’intérêt des salariés. Mais on a du mal à voir en quoi cette Nième réforme (pardon : transformation) du droit du travail n’est pas elle-même idéologique, tant elle paraît si peu indispensable et si éloignée de certains enjeux pourtant cruciaux : elle ne contient pas une ligne sur les nouvelles formes de travail, qui se développent rapidement en l’absence, pour l’heure, quasi totale de cadre social.

      Ceci étant, ce serait bien qu’à Marseille, on évite désormais d’afficher une différence de 1 à 10 entre le comptage de la police et celui des syndicats. Ça fait rire. Se contenter d’un écart de 1 à 2 ou 3 comme ailleurs, ce ne serait pas moins crédible.

      Signaler

Ajouter un commentaire

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire