Classes sociales, renouvellement politique : les candidats ressemblent-ils aux Marseillais ?

Décryptage
le 12 Mar 2026
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Marsactu a passé à la moulinette les 446 noms des quatre principales listes à Marseille. Quelle part font-elles aux élus sortants ou aux néophytes en politique ? Laissent-elles une place aux classes populaires, pour rééquilibrer un hémicycle actuellement dominé par les CSP+ ?

Panneaux d
Panneaux d'affichage électoral dans le 2/3. (Photo : JV)

Panneaux d'affichage électoral dans le 2/3. (Photo : JV)

Cent onze sièges et des centaines de candidats. Le 22 mars, le conseil municipal de Marseille sera renouvelé pour un mandat de six ans. Quelle place les élus chevronnés laisseront-ils à des militants ou des nouveaux venus en politique ? Et à quoi ressemblera cette représentation municipale, en termes de classes sociales ? Pour éclairer les enjeux derrière les noms alignés par les principales listes, Marsactu a compulsé 446 profils. Le premier axe, qui reprend notre “renouvellomètre” de 2020, scrute le parcours politique passé des candidats. Le second, que nous inaugurons grâce à un partenariat avec le collectif Démocratiser la politique (voir l’encadré en fin d’article), s’intéresse à la catégorie sociale. Parmi ce panel, 140 personnes ont déjà ...
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Commentaires

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  1. Patafanari Patafanari

    Aussi compliqué que les castes en Inde.

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  2. MarsKaa MarsKaa

    Merci pour ce travail de précision très intéressant, où l’on reconnaît la patte de Julien Vinzent.
    Des enseignements à tirer, et on l’espère des réactions pour que les choses avancent.

    Ceci dit, un élu est sensé représenter une diversité d’électeurs et électrices. Un élu homme, de 55 ans, classe moyenne sup’, peut très bien défendre une politique favorable aux jeunes, aux femmes, aux pauvres…. et heureusement !

    Pour que les classes populaires soient présentes, il faut des “cellules” comme au temps du PCF ! sur les lieux de travail, dans les quartiers, où l’on peut prendre confiance en sa parole, se cultiver, se former, être connu et reconnu. C’est le seul parti qui a eu des élu.e.s ouvriers à l’assemblée. Et bien évidemment des directions de partis ouvertes à l’ascension de citoyens issus des classes populaires. Les obstacles sont nombreux.

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    • julijo julijo

      Effectivement, compilation soignée et éclairante. Merci pour ces infos.

      Alors oui bien sûr un élu un peu plus âgé peut parfaitement défendre les jeunes, et un homme peut parfaitement défendre les femmes et vice-versa….
      Un élu doit aussi défendre l’ensemble de la population qui l’a élu pas seulement les affidés ou électeurs de son propre parti.

      Pour ce qui concerne la participation des citoyens, quelquefois pour obtenir un mandat d’un parti et se présenter à une élection il faut s’engager personnellement financièrement…. Ça freine encore plus la participation des classes moyennes des salariés et des ouvriers.

      Il semble bien que dans certains programmes notamment celui de payan et celui de delogu, est en quelque sorte prévu une participation des citoyens dans leur quartier, espérons….

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  3. Nadia Friedli Nadia Friedli

    C’est tout de même dommage de ne parler que des 4 principales listes et de faire fi des autres qui ont toute leur place dans le débat. Parti déjà pris?

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    • Julien Vinzent Julien Vinzent

      Bonjour, ce travail de compilation nécessite de nombreuses heures pour chaque liste. Il nous a paru disproportionné de le répliquer pour l’ensemble des candidatures, au regard de l’intérêt moindre présenté par cette analyse : deux d’entre elles (celles de Rémi Bazzali et Coralie Raynaud) ne comptent aucun élu et cela se limite à quelques uns pour celles de Christine Juste et Erwan Davoux. Les CSP auraient en revanche pu éclairer différemment cet enjeu, mais là encore au prix d’un investissement équivalent à celui pour les 4 autres listes, en partant d’une base politique bien moindre : pour rappel LO et le POID ont réuni 1 % ou moins des suffrages dans les secteurs où ils étaient présents en 2020.

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  4. pm2l pm2l

    Après tout est-il vraiment souhaitable que nos élus “ressemblent” à la population qu’ils représentent ? A mon avis, il est préférable de choisir des élus pour leurs qualités plutôt que de vouloir à tout prix qu’ils soient à l’image de la médiocrité ambiante … On a déjà un député illettré, un fiché S, des drogués … Est-ce bien là l’intérêt général ?

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  5. Félix WEYGAND Félix WEYGAND

    La vraie modalité de participation des classes populaires (et du coup des citoyens issus des immigrations récentes) ce serait la reconstitution de partis qui jouent leur rôle d’implantation et de dispositif d’éducation populaire et de formation politique (MaarsKaa a raison de rappeler que c’est comme ça que fonctionnait le PCF).
    De ce point de vue on ne peut que regretter que le PM après sa victoire à l’élection précédente ne se soit pas donné la peine de créer un parti des “progressistes marseillais”.
    Plus généralement c’est le fait que les partis ne soient progressivement devenus que des écuries pour la présidentielle qui les a vidés de militants et de fonction de promotion des personnes issues de la sociologie de leur base électorale.

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    • Zumbi Zumbi

      C’est aussi à mes yeux LA faute politique du Printemps Marseillais : belle dynamique de la campagne — je me souviens du sentiment agréable du nombre de jeunes, de primo-militants, de croiser bien plus d’inconnus que de gens déjà croisés dans la vie politique marseillaise… puis rien. Promesse des mois après de créer des associations des amis du PM… quand l’effervescence serait retombée et plouf, plus rien.
      “Votez pour nous, on fera le reste”, comme d’hab mais en réussissant à appliquer une bonne partie de son programme. Il aurait fallu plus et autrement pour le choc de renouveau espéré.
      Bon, y a quelques trucs qui avancent et on n’a plus honte de parler de nos édiles. On va réélire les sortants en traînant un peu les pieds…

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  6. Pascal L Pascal L

    J’ai fait personnellement une autre comparaison avec les listes du 2-3 : prénoms du calendrier “chrétien” ou non. Les deux listes les moins hétérogènes sont la liste RN, quasi-totalité de prénom du calendrier et la liste Davoux-Préziosi quasi aucun.

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  7. Danièle Jeammet Danièle Jeammet

    Classes populaires, classe moyennes, classes supérieures et retraités ? L’art de ne rien définir socialement . En quoi les retraites sont ils une classe sociale. Itou pour les étudiants ? Aussi, il serait plus que pertinent de définir socialement notamment par les professions ( et revenus et encore des personnes qui sont socialement ouvrier par leurs qualifications peuvent avoir de bons salaires: ex les ouvriers d’Arcelor Mittal, de l’énergie )… Je sais que c’est ringard aujourd’hui mais ils n’existent que 2 classe sociales et des couches sociales intermédiaires …

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    • Kevin Vacher_ Kevin Vacher_

      Bonjour,
      Les retraités ne sont pas une classe mais un groupe social. La donnée publique n’étant pas assez précise (malheureusement) à leur sujet, nous ne pouvons pas les catégoriser en classes sociales et devons les catégoriser à part. Je vous renvoie aux notes méthodologiques et au rapport sur democratiserlapolitique.org pour plus de précisions :).
      Par ailleurs, d’autres travaux tendent à prouver qu’il s’agit généralement de retraité·es aisé·es qui candidatent.

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  8. Fabien M Fabien M

    Article de datajournalisme très instructif, les graphiques permettent d’y voir plus clair quant à la sociologie de nos futurs représentants.

    À ce titre, la liste Payan aurait tort de se priver d’une fusion avec la liste Delogu dans l’entre-deux tours, le composé donnerait un reflet plus fidèle de la société massaliote (même si les places négociées concerneront davantage des CSP+, certes).

    J’imagine que les listes par secteur enfoncent le clou en termes d’écarts de représentation populaire.

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  9. Citoyen-ne-s-de-marseille.fr Citoyen-ne-s-de-marseille.fr

    Top !

    L’analyse permet de factualiser ce qu’on pressentait : la forte présence CSP+ et la faible représentation des classes populaires. II manque un élément important peu abordé : les conditions qui permettent de s’engager en politique locale.

    A Marseille, les élus de secteur sont très peu indemnisés, et parfois pas du tout s’ils sont en simple délégation, à hauteur de 50% du plafond autorisé par la loi. Dans ces conditions, il devient difficile pour beaucoup d’élus de secteur de s’investir autant qu’ils le souhaiteraient ou nécessaires pour des élus de terrain, ou même d’envisager de d’engager en politique. Et donc ceux qui y parviennent sont souvent des profils déjà favorisés qui on un revenu confortable, ou un emploi du temps flexible ou une sécurité professionnelle, ou bien détenteur de la golden card de l’engagé en politique : la retraite.

    Cela crée, de fait, un filtre social.

    La question se pose aussi pour les parents de jeunes enfants. Les institutions et les milieux militants comptent peu de représentants des familles de jeunes enfants du fait de contraintes de temps, d’organisation autour de l’école, de transports qui rendent difficile l’engagement. Ça ne facilite pas l’émergence de politiques réellement pensées pour elles ou pour concevoir la fameuse ville “à hauteur d’enfant”.

    il faudrait s’interroger sur les règles qui permettent l’engagement politique local : niveau des indemnités, temps nécessaire pour exercer un mandat, compatibilité avec une vie professionnelle et familiale, formation, ces conditions impactent la composition réelle des assemblées. A Poitiers le montant des indemnités versés aux élus se fit en bonne intelligence en fonction des besoins et conditions matérielles de chacun et chacune… https://data.grandpoitiers.fr/applications/liste-indemnites-des-elus-de-la-ville-de-poitiers

    Dans les programmes, y’a pas grand chose… pour la majorité sortante, elle n’a fait qu’appliquer en 2020 ce que faisait Gaudin depuis toujours, aucune amélioration du sort des adjoints de secteur alors que ce sont eux qui se mettent au contact des administrés, parfois à portée de “baffes” (sens figuré) et en charge de l’animation locale. Comment faire de la politique de proximité sans avoir de moyens matériels, de temps disponibles…

    L’indemnité est bien là pour permettre à l’élu de prendre du temps pour faire son mandat, et compenser la perte de revenus éventuelle.

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    • Pascal L Pascal L

      Pour amoindrir l’effet du filtre social, une solution serait, par exemple, de tirer au sort une partie des “représentants”.

      Par exemple on pourrait remplacer le sénat actuel par une chambre aux pouvoirs identiques mais dont les membres serait tiré au sort sur les listes électorales comme les juré d’assises.

      Bon, évidemment, Mme Vassal n’aurait guère de chance d’y finir sa carrière …

      Cependant l’histoire (grecque) a montré que, dans ce cas, le pouvoir était en réalité du coté des lobbys capables d’influencer sur ce “démos”. C’est déjà le cas aujourd’hui mais ce serait peut-être pire encore.

      C’est donc une question débattue depuis près de 2500 ans et qui n’est toujours pas résolue. Selon moi, une seule solution : l’éducation.

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    • Cez Cez

      +1
      Merci pour la mise en perspective du sujet !

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  10. Julien ABRIEL Julien ABRIEL

    Très intéressant. Merci

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  11. lemoulin.mars lemoulin.mars

    Intéressant ? Encore faut-il savoir ce qu’est un CSP +…

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  12. Félix WEYGAND Félix WEYGAND

    C’est vraiment un travail utile que fait democratiserlapolitique.org auquel participe Kevin Vacher.
    Pour revenir à la réponse qu’il fait ci-dessus à un post concernant “les Retraités” comme “groupe social”, les mêmes stratifications ne sont pas explicatives dans toutes les situations. Pour l’engagement dans des élections avec des chances d’être élu la distinction CSP+ ou CSP- explique sûrement plus que le fait d’être on non retraité.
    Mais quand sur le sondage https://www.opinion-way.com/wp-content/uploads/2026/03/OpinionWay-pour-CNEWS-Europe-1-et-le-JDD-Les-intentions-de-vote-a-Marseille-Mars-2026.pdf on s’aperçoit que la liste Vassal fait essentiellement ses intentions de votes chez les “64 ans et plus” et chez les “Inactifs”, c’est bien que c’est les “Retraités” qui votent pour elle et pas les autres “Inactifs”. Mais est-ce que c’est parce qu’ils sont retraités qu’ils votent pour elle ? Ou le déterminant n’est-il pas en fait l’âge ? Ou la génération ?

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  13. kukulkan kukulkan

    On voit que LFI propose vraiment une amélioration nette et donne le pouvoir à des marseillais trop souvent ignorés !

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  14. Cez Cez

    Avec ces données objectives, on voit bien aussi que les candidats nouveaux ou qui représentent la classe populaire ne sont pas jamais en position électives. Ce qui peut donner un goût amer aux votants des classes populaires, jamais représentés et finalement floués par ces listes biaisés.

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  15. D2Z D2Z

    Merci beaucoup, c’est un travail très intéressant et faire connaître ces éléments doit permettre de mettre les partis qui se présentent comme les plus “progressistes” devant leur responsabilité. Je les trouve finalement tous très décevants. J’ai regardé les résultats de DLP sur d’autres villes et franchement on aurait pu attendre mieux des partis de gauche de Marseille, y compris LFI !

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  16. Thauvinus Thauvinus

    Merci bien pour cet article mobilisant des données statistiques étayées scientifiquement, qui font le sel de votre journal, avec l’investigation. Les résultats pour Marseille démontrent la faible fidélité de représentation sociale des listes, notamment à mesure que l’on remonte vers les têtes de listes, mais ce qui me choque en effet, c’est la comparaison avec les autres grandes villes françaises où le retard semble criant, même Nice a une liste candidate mieux notée que celles de Marseille : cela en rajoute à la pauvreté qualitative du paysage politique marseillais, qui ne date pas d’aujourd’hui

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