[Aux portes du Mucem] Dans l’écrin méconnu des réserves du musée
D'une passerelle à l'autre, du fort Saint-Jean à l'esplanade du J4, les gens déambulent, profitent de la vue mais peu finissent par pousser les portes des expositions. Pour les 10 ans du Mucem, Marsactu explore ses multiples usages. Pour ce troisième épisode, direction la Belle-de-Mai à la découverte du centre de conservation du musée.
Visite du centre de conservation et de ressources du Mucem, le mardi 1 août 2023. (Photo : Rémi Baldy)
À quoi peuvent bien servir des sabots dont la pointe remonte sur une trentaine de centimètres, en partie décorés de clous ? La question de Mireille Jacotin, conservatrice du patrimoine au Mucem, intrigue son public. En ce premier mardi du mois d’août, la visite mensuelle et gratuite de la réserve du musée national attire treize personnes. Leurs profils se ressemblent, cheveux grisonnants pour beaucoup et habitués des visites culturelles pour tous. "Il s’agit de sabots de Bethmale qu’un garçon offre pour déclarer sa flamme", dans la vallée de l'Ariège du même nom, révèle celle qui anime la visite face au mutisme attentionné de son auditoire.
L’objet est l’un des 250 000 qu’abrite le centre de conservation et de ressources (CCR) du musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée. Et mieux vaut être un être bien renseigné pour s’y rendre, car le CRR ne se situe pas dans les entrailles de béton de l'iconique musée à l'entrée du Vieux Port, mais dans le quartier de la Belle-de-Mai (3e). À l’angle des rues Guibal et Clovis-Hugues, en face des voies ferrées, le désormais bien connu acronyme Mucem se lit en gros sur le mur. Pourtant, l’endroit ne donne pas l’impression d’être ouvert au public. La barrière à l’entrée et la timide signalétique n’invitent pas à rentrer. Avec le J4 et le fort Saint-Jean, il s’agit pourtant bien d'un des sites du musée qui fête ses dix ans, cette . . .
Tout cela est assez mystérieux, et paraît de faible intérêt pour des néophytes.
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