Métropole : un mois après les élections, petites ambitions et déni de démocratie
Le conseil métropolitain applaudissant l'élection de Nicolas Isnard comme président. (Photo : ML)
Le 22 mars dernier, les habitants de la Métropole ont choisi leurs conseillers municipaux et leurs maires, mais aussi leurs conseillers métropolitains. Comme d’habitude, l’élection métropolitaine a été éclipsée au profit des élections municipales. La majorité marseillaise, largement gagnante, a fait le choix d’une alliance avec la droite à la Métropole. A ce titre le maire de Salon, David Isnard membre du parti Les Républicain remplace Martine Vassal. La majorité marseillaise a obtenu des places de vice-présidents pour ses élus, tout comme d’autres communes de gauche. Il est encore trop tôt pour tirer un bilan, même provisoire de cette nouvelle répartition des responsabilités d’autant qu’on ne connait pas encore les noms de ceux qui vont prendre la tête des établissements stratégiques, comme la RTM.
Depuis sa création, cette métropole mal née souffre de n’avoir pas les ressources nécessaires pour assurer ses missions, dans l’intérêt des habitants. Les reversements aux communes sous la forme d’attributions de compensation, la prise en charge d’équipements collectifs sur des bases fragiles (la médiathèque d’Istres ou la piscine de Cassis, etc.) assèchent les ressources financières.
Les premières déclarations politiques des nouveaux élus, et d’abord du président de la métropole, nous inquiètent vivement. Il est question d’une métropole des maires, au service de leurs ambitions. Nous attendons pour notre part une métropole au service des habitant-es, capable de relever ce défi : répondre à leurs besoins en matière de transport, de logement et d’aménagements indispensables pour répondre aux enjeux climatiques. La métropole, n’est pas un service technique de plus à la disposition des maires. Elle doit définir et mettre en oeuvre des pans importants de l’action publique locale. Gauche ou droite, il faudra choisir.
La présentation du rapport d’orientation budgétaire 2026 a été l’occasion d’une mise en scène pour le moins forcée, le nouveau président affectant de découvrir qu’il lui manque 123 M€ pour boucler le budget, suggérant même au préfet de mettre l’intercommunalité sous tutelle faute d’une aide de l’Etat.
Nous ne sommes pas dupes. Le nouveau président et ses collaborateurs les plus proches étaient bien au courant de la situation. Le pacte financier de 2022 dès l’origine, n’était pas pleinement financé, et sa réalisation était conditionnée par la réduction de dépenses pas vraiment identifiées.
Il est tout à fait exact que les budgets votés par l’Assemblée nationale depuis plusieurs années entrainent des réductions significatives des moyens alloués aux collectivités territoriales. Faut-
il rappeler que ces lois de finances, et notamment celle de 2026, ont été adoptées grâce au vote de la droite et à l’abstention du parti socialiste ? On y reviendra.
Pour la métropole, cela se traduit par une réduction nette de 60 M€ (et pas 120) selon le rapport d’orientation budgétaire 2026. Une partie de cette baisse de recettes est due à la faible intégration financière de la Métropole. En pratique, non seulement la métropole reverse environ 40 % de ses recettes d’exploitations aux communes au titre des attributions de compensations, mais encore cette situation lui retire une partie des concours de l’Etat auxquels elle pourrait prétendre si elle s’engageait davantage dans des projets à dimension métropolitaine.
Faut-il rappeler que la Cour Régionale des Comptes, dans son rapport d’analyse sur les attributions de compensations, a estimé que les reversements aux communes étaient surévalués, au minimum, de 180 M€ par an depuis la création de l’EPCI. Sur 10 ans, depuis 2016, c’est 1,8 Mds perdus pour les projets métropolitains, sans compter les concours de l’état.
Au lieu de remettre en question ces compensations, la nouvelle « majorité » métropolitaine veut revenir sur les engagements pris il y a quelques semaines devant les électeurs. Nous ne l’acceptons pas.
La gratuité des transports pour les moins de 26 ans, l’amélioration du fonctionnement du réseau de transports, avec enfin un nombre suffisant de bus et de personnels, ne peuvent plus attendre.
S’agissant du logement, de la voirie, de la propreté, là aussi des engagements ont été pris, parfois en deçà des besoins des habitant-es, mais que nous ne saurions voir remettre en cause comme l’a laissé entendre le nouveau président de la métropole.
Nous reviendrons en détail sur l’ensemble de ce dossier métropolitain, enjeu politique pour la gauche, comme le sont le département et la région. Pour une analyse approfondie nous invitons à consulter la publication du collectif citoyen-nes de Marseille : https://rob2026-metropole.urgence-marseille.fr/
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