Le ralentissement épidémique marque une pause dans les Bouches-du-Rhône

Billet de blog
par MalMass
le 31 Mai 2021
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Photo MalMass (licence CC :BY-NC-ND).

Depuis début mai, l’allègement des mesures restrictives des libertés publiques se poursuit selon le calendrier annoncé en avril grâce au recul rapide de la circulation virale. En se promenant à Marseille en journée, le touriste de passage se dit d’ailleurs surement que le port du masque n’y est déjà plus obligatoire. Il doit se dire aussi que les panneaux de rappel des mesures de prévention, que la nouvelle municipalité vient à peine de poser un an après le début de l’épidémie, ne sont que les vestiges d’un passé derrière nous. Quant au couvre-feu à 21h, de fait, il n’existe plus depuis plusieurs jours vu d’une fenêtre donnant sur la place Jean Jaurès.

Depuis plus de deux semaine cependant, le recul épidémique marque une pause dans les Bouches-du-Rhône alors qu’il se poursuit lentement dans le reste de la France. Le nombre de nouveaux cas sur les sept derniers jours se stabilise ainsi à 100 pour 100.000 habitants, seuil limite fixé par le conseil scientifique pour un été serein (voir graphiques ci-dessous).

Cependant, le taux d’incidence mesuré aujourd’hui nous dit-il la même chose que celui mesuré en début d’année ? Car désormais la majorité des personnes les plus à risques est désormais vaccinée et, si la propension à se faire tester dépend des risques ressentis pour soi ou pour son entourage, à circulation virale réelle identique, l’incidence observée pourrait diminuer et conduire à une vision trop optimiste de la situation.

Aussi, aujourd’hui comme hier, ce sont d’abord les flux hospitaliers qu’il faut regarder, d’autant que depuis plus d’un an, ce sont les capacités hospitalières qui pilotent la gestion sanitaire. Si le discours médiatique met systématiquement en avant le nombre total de lits occupés, qui continue de diminuer, c’est en réalité le nombre de nouvelles hospitalisations et le nombre d’admissions en soins critiques pour la covid qui reflètent la circulation virale, avec un décalage d’une quinzaine de jours. Or, les nouvelles hospitalisations, comme les nouvelles admissions en soins critiques ne reculent plus depuis deux semaines dans le département et, rapportées à la population, elles restent nettement plus nombreuses qu’en moyenne nationale (voir graphiques ci-dessous).

Il serait intéressant de disposer de ces chiffres par tranche d’âges pour les rapprocher des taux d’incidence et de la couverture vaccinale. Malheureusement, depuis le début de l’épidémie, pour des raisons mystérieuses, Santé Publique France refuse de diffuser ces statistiques de flux par tranche d’âges, alors même que l’âge est un facteur déterminant pour déterminer les impacts de l’épidémie.

Il est aussi dommage que les résultats des analyses des eaux usées ne soient plus publiées car à quoi servent des indicateurs que l’on dit précoces si l’on ne s’y intéresse qu’une fois la reprise épidémique constatée avec les autres indicateurs ? Reste à croire en la Bonne Mère pour espérer que l’on ne nous en reparlera plus !

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