Le cinéma à deux mains

Idée de sortie
le 26 Mar 2021
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Sciences et cinémas, deux approches de la modernité qui évoluent en écho depuis cent-cinquante ans, sont au cœur de l’un des plus passionnants festivals en région : les Rencontres Internationales Sciences et Cinémas (RISC), proposées par l’association Polly Maggoo, nous offrent une treizième édition en ligne de toute beauté.

RISC---Rencontres Internationales Sciences et Cinemas

RISC---Rencontres Internationales Sciences et Cinemas

Depuis les années 1870, un lien tout à fait passionnant s’est tissé entre cinéma, cinéma scientifique et science moderne : cette histoire est celle d’un dialogue permanent, au gré des évolutions de chacun, d’une fusion, de destins communs depuis la naissance de l’image en mouvement. On se souvient, parmi les gestes fondateurs, des conférences proposées au Puy-en-Velay par Émile Reynaud, développant jouets optiques et systèmes balbutiants de projections, concomitamment aux exposés scientifiques. Ou des séances éducatives, en classe, dans la première moitié du vingtième siècle, des films de Jean Painlevé — on pense au fameux Hyas et sténorinques —, qui mêlaient cinéma expérimental, science et éducation à l’image.

Les exemples sont légion, venant ainsi démontrer que la science au cinéma ne revêt nullement les oripeaux d’un prétexte didactique, mais s’offre à nous comme le fondement même d’une ère moderne, depuis la révolution industrielle. Pour un sujet si vaste et passionnant, il était nécessaire qu’une manifestation type festival s’en empare pleinement : dont acte avec les fameuses Rencontres Internationales Sciences et Cinémas, proposées par l’équipe de Polly Maggoo ! C’est une chance rare qu’un tel événement puisse avoir lieu au sein de la cité phocéenne, développant de manière kaléidoscopique et intelligente, depuis de nombreuses années, ce lien indéfectible susnommé.

La treizième édition de ces rencontres n’échappera malheureusement pas, à l’instar des autres festivals, aux plateformes numériques, dans l’attente de la réouverture des salles, mais c’est heureux que l’équipe organisatrice ait maintenu son niveau d’exigence pour nous concocter, une nouvelle fois, un programme des plus captivants : du 19 au 27 mars, et ce gratuitement, l’intégralité de la sélection 2021 sera accessible sur la plateforme Kinow, lorsque parallèlement, certaines séances suivies d’échanges seront offertes sur celle de la 25e Heure, à dates et horaires fixes.

Géographie, sociologie, urbanisme, environnement, écologie, anthropologie, politique, histoire sociale, autant de thèmes qu’abordera une programmation pertinente, mêlant courts et longs métrages. En soirée d’ouverture, le 19 mars, les deux opus Highway One de Romain Rondet et Gabrielle Salvia, et L’Image qu’on s’en fait de Seb Coupy construiront les ponts cinématographiques, justement, entre géographie, sociologie et urbanisme.

Suivront, au gré des programmes, et parmi les dizaines de films sélectionnés, les œuvres de João Vargas Penna (Filme Paisagem), sur le paysagiste, peintre et sculpteur brésilien Roberto Burle Marx, de Mariam Mekiwi (Abl Ma Ansa), d’Anna Vasof (Muybridges Disobedient Horses), inspiré des gestes de recomposition du mouvement par l’un des pionniers du cinéma, Eadweard Muybridge, de Vanessa del Campo (Mars, Oman), de Lisa Reboulleau (Ultimu Sugnu) ou de l’excellente cinéaste et autrice autrichienne Ruth Beckermann, pour The Waldheim Waltz.

Autre tour de force de cette édition contrainte, celui de renouveler cette année encore les partenariats bâtis avec de nombreuses structures, telles que l’extraordinaire Collectif Jeune Cinéma, qui s’attelle depuis cinquante ans à la distribution et à la diffusion des pratiques expérimentales de l’image et du film, et qui présentera cette année une belle sélection sous forme de carte blanche. Ou l’école d’art de Marseille INSEAMM, pour la diffusion de cinq films produits collectivement dans le cadre du workshop Suspendre les réseaux, qui s’est déroulé aux Beaux-Arts de Marseille du 22 au 26 février dernier, sur une proposition de la réalisatrice et chercheuse Chloé Galibert-Laîné, dont les RISC proposeront également un focus cinématographique.

Cette manifestation précieuse s’achèvera par la séance virtuelle du passionnant opus de Philippe Fernandez (dont on avait adoré Léger Tremblement du paysage), Cosmodrama, parfaite allégorie des temps baignés d’incertitudes que nous vivons aujourd’hui, mais qui n’éteint nullement les imaginaires collectifs.

Emmanuel Vigne


RISC – Rencontres Internationales Sciences et Cinémas : du 19 au 27/03 en ligne sur https://pollymaggoo.kinow.tv/fr/ et sur https://sallevirtuelle.25eheure.com/

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