Anaïs : altruisme et bienveillance à Félix-Pyat

Billet de blog
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11 Mai 2018 1

À Félix-Pyat, Anaïs, le regard doux et pétillant, timide mais volubile, rêve de consacrer sa vie à aider les gens. Comme un fil d’Ariane, l’altruisme et la générosité inspirent sa vie de jeune adulte en quête d’un avenir professionnel.

Terrasse du Théâtre Toursky, dans le troisième arrondissement de Marseille. C’est là qu’Anaïs nous a donné rendez-vous. De sa voix douce, elle explique qu’elle aime cet endroit parce que les arbres au milieu de cette jungle urbaine lui rappellent Lons-le-Saunier, dans le Jura, endroit où elle a passé une partie de son enfance et de son adolescence.
« On me traite souvent comme une enfant, alors que je fais tout pour me comporter comme une adulte » s’agace Anaïs. C’est vrai que la jeune fille de 21 ans paraît plus jeune que son âge. Elle dégage pourtant une détermination que l’on devine à toute épreuve. Parée d’une robe bleu roi au col noir qui virevolte, il est difficile de la croire quand elle dit que plus jeune, elle était un véritable « garçon manqué » parce qu’elle « aimait jouer au foot ». 
Anaïs détaille son parcours tandis que les chiens et le chat du réceptionniste du théâtre nous traînent dans les pattes. On a du mal à l’entendre au début ; sa voix calme et posée est légèrement masquée par le bruit des voitures de l’autoroute, toute proche, et par la brise qui siffle dans les arbres. 

Persévérance et enthousiasme

Anaïs Hamada, mahoraise d’origine, est née à Marseille. Elle quitte la cité phocéenne à l’âge de 10 ans pour aller vivre près de chez sa tante, dans le Jura. Là-bas, elle obtient un bac sanitaire et social, puis rentre à Marseille en 2016, dans le quartier Saint-Gabriel, à 10 minutes de Félix-Pyat. Inscrite en prépa infirmière, la jeune femme passe ensuite les concours deux fois, mais se retrouve chaque fois sur liste d’attente. Pour autant, elle ne se pas laisse pas démonter et travaille comme assistante de vie scolaire en maternelle pendant un an suite à ces déconvenues. 

Au service des autres 

Cette année, elle effectue un service civique à Félix-Pyat. Elle redoute au départ de s’y rendre, mais se rend compte au fil du temps et au contact des habitants que le quartier souffre à tort de sa mauvaise réputation. Elle remplit une mission de médiatrice pour rompre l’isolement des personnes âgées, mais aussi sensibiliser et former les familles à l’écologie et aux éco-gestes. Le versant écologique de la démarche paraît néanmoins secondaire pour la jeune femme. Dans ce quartier sinistré du troisième arrondissement de Marseille, un des plus pauvres d’Europe, payer ses factures d’eau et d’électricité à la fin du mois est souvent compliqué. 
Cette mission de service civique conforte la jeune femme dans son souhait d’exercer « un métier qui donne un résultat final, qui a du sens ». « Avoir du sens », pour Anaïs, c’est aider les autres, les assister, les soutenir dans les difficultés de la vie quotidienne. Elle décide donc de s’orienter vers un BTS Economie sociale et familiale, pour aider les familles en difficulté.

Impact’ Jeunes, un tremplin vers l’avenir

Parallèlement, Anaïs fait partie d’Impact’ Jeunes, un programme qui vise à accompagner des jeunes sur le chemin de l’insertion professionnelle et de la réussite. Encore au stade de l’expérimentation avant d’être déployé plus largement, le programme s’est notamment installé  dans le quartier de Félix-Pyat. Inspiré, entre autres, par l’organisation Harlem Children’s Zone, une organisation new-yorkaise basée à Harlem dont le but est de combattre la pauvreté des enfants, Impact’ Jeunes se veut être un projet capable de faire « basculer positivement la cité ». Une dizaine de jeunes du quartier s’y investissent, accompagnés par Lucile Ranger, « booster territorial ». Son rôle est de s’adapter à chaque jeune et de construire avec chacun d’entre eux un programme sur-mesure pour le mener vers l’insertion professionnelle. 

Dépassement de soi

« Impact’ Jeunes nous permet d’acquérir des connaissances en plus » explique Anaïs. Le programme a notamment permis aux jeunes de partir une semaine « dans un château » à Paris, en immersion, pour suivre une formation de graphisme et de montage. 
C’est aussi par le biais du programme qu’Anaïs a pu participer à un concours d’éloquence. Timide, elle a d’abord été réticente au projet puis a décidé d’affronter sa peur. Elle a choisi de parler du sujet de l’anorexie. Elle dit avoir choisi ce sujet parce que « c’est un problème dont on entend pas beaucoup parler, et mon message était qu’il faut aider ces personnes ». 
L’altruisme, toujours. 

Sarah Boumghar & Malika Moine


Commentaires

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  1. JulieLMJulieLM

    Beau portrait !!

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