Douze ans de prison pour Félix Bingui et quatre relaxes au procès du clan Yoda
Sur les vingt personnes jugées à Marseille pour trafic de stupéfiants cité de la Paternelle (14e) dans le procès du clan Yoda, quatre sont relaxées, et les seize peines prononcées s’avèrent bien moindres que celles requises par le ministère public. Lors du jugement rendu ce vendredi 5 juin par la septième chambre correctionnelle, les magistrats ont condamné le chef présumé du clan Félix Bingui à douze ans de prison et 200 000 euros d’amende, contre seize ans requis par le parquet en début de semaine. Surtout, les magistrats ne prononcent pas la peine de sûreté qui avait été demandée, ni pour le principal prévenu, ni pour son “bras droit” surnommé Pirate, condamné à neuf ans de prison et 50 000 euros d’amende.
Trois autres hommes ont été condamnés respectivement à cinq, six et huit ans de prison. Les autres prévenus sont condamnés à des peines de sursis ou des peines dites “mixtes”, dont la partie ferme pourra être exécutée à domicile sous surveillance électronique. Les magistrats spécialisés semblent partager, au moins en partie, la thèse des avocats de la défense qui ont longuement souligné les faiblesses du dossier.
Les juges ont notamment estimé que le délit d’association de malfaiteurs, passible de dix ans de prison et très courant dans les dossiers “stup”, ne tenait pas pour cinq hommes mis en cause. Ces derniers sont donc relaxés partiellement et condamnés pour d’autres délits, notamment de trafic de stupéfiants ou blanchiment simple. Plusieurs d’entre eux s’étaient présentés au tribunal les bras chargés de cabas, au cas où une incarcération immédiate serait prononcée à la barre. Tous sont finalement ressortis libres. L’un d’eux se verra même restituer la montre Rolex que la justice lui a saisie.
“Cela prouve que les magistrats de ce tribunal restent indépendants des politiques et des ministères”, s’est félicité Philippe Ohayon, l’avocat de Félix Bingui. Dans sa plaidoirie, il avait dénoncé le lourd contexte qui colorait le dossier, les enquêteurs ayant travaillé en pleine “guerre de la Paternelle”, où la rivalité entre Yoda et la DZ Mafia est soupçonnée d’avoir occasionné une quarantaine de narchomicides.
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Pour de multiples raisons les procès des narcotrafiquants devraient être dépaysés.
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