À Legré-Mante, la justice enterre un peu plus le projet de 285 logements

Actualité
le 7 Oct 2016
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La justice a une fois de plus retoqué le projet de construction de six immeubles à la Madrague de Montredon. La cour administrative d'appel de Marseille a rejeté ce jeudi la requête du promoteur Océanis qui avait vu son permis de construire annulé en 2013. La justice estime que le projet prévu à la place des anciennes usines de Legré-Mante enfreint la loi sur le littoral.

Sauf pourvoi en cassation, le projet Cap Marin, 285 logements répartis en 6 bâtiments, prévus sur le site de l’ancienne usine d’acide tartrique de Legré-Mante, ne verra pas le jour. Du moins dans sa version actuelle. La cour administrative d’appel de Marseille vient de rendre son avis : elle confirme l’annulation du permis de construire délivré en 2011 à la société Océanis, que les riverains avaient attaqué en justice. Elle suit là l’avis du rapporteur public lors de l’audience du 22 septembre.

« Extension de l’urbanisation »

La cour administrative d’appel ne retient qu’un des deux moyens qui avaient justifié en première instance l’annulation du permis accordé au promoteur. En 2013, plus que la dépollution problématique de l’ancien établissement industriel, ce sont les problèmes d’assainissement et le non-respect de la loi Littoral qui avaient été retenus. « En appel, le tribunal a considéré qu’il n’était pas démontré que le réseau d’assainissement n’est pas suffisant, regrette Cynthia Philippe, l’avocate du comité d’intérêt de quartier (CIQ). Il n’a donc retenu que la loi Littoral au motif que le projet va permettre une extension de l’urbanisation dans la frange littorale ce qui est exclu par l’un de ses articles. » 

Se félicitant de cette décision, Yves Galtier, le président du CIQ, reste pourtant prudent : « On pense qu’un autre projet sortira. Peut-être par tranches, cinquante logements par ci, cinquante autres par là. Mais le problème de circulation demeure, même avec un projet moindre ». Le terrain se trouve en effet à la Madrague de Montredon, au sud de la Pointe-Rouge, quartier enclavé.

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Cette hypothèse d’un projet immobilier moins dense sur ces 7 hectares a les faveurs tant de l’État que de la mairie. « Ma position n’a pas changé, explique le maire de secteur Yves Moraine (LR). À la question : est-ce qu’il faut un projet immobilier à la place de l’ancienne usine ? Ma réponse reste oui. On ne peut pas garder une verrue esthétique, qui plus est aussi polluée, aux portes des Calanques. On est entrés en discussion depuis deux ans avec l’État pour voir ce qu’il est possible de faire sur ce terrain. » Selon lui, lors d’une réunion à l’automne 2014 avec l’ancien préfet Michel Cadot et l’adjointe en charge de l’urbanisme Laure-Agnès Caradec, un consensus s’est établi autour « 10 à 12 000 mètres carré de surface contre les 20 000 actuels ».

Le prix de la dépollution

Aux yeux du maire de secteur, confier ce terrain, qui appartient encore à l’ancien exploitant, à un promoteur est le seul moyen de payer l’imposante dépollution nécessaire chiffrée entre 14 et 16 millions d’euros. « Est-ce que le promoteur peut encore s’y retrouver sur une surface plus petite ? Il devra en discuter avec le propriétaire, estime Yves Moraine. J’espère qu’Océanis, ou un autre promoteur, pourra mener à bien un projet sur ce site. » La société a retiré en 2014 un permis similaire à celui attaqué. Il reste depuis très discret et injoignable pour les journalistes.

Impossible, pour l’heure, de savoir s’il reste intéressé par le site avec la contrainte d’une surface à bâtir, et donc à vendre, divisée par deux. Cap Marin pourrait en revanche changer de standing. Les relations de l’investisseur avec la Ville, jadis au beau fixe, semblent aujourd’hui s’être distendues. La mairie ne l’a pas suivi en appel et surtout, le promoteur a contesté en justice à l’automne dernier un refus de prolongation d’un permis d’aménagement que lui avait opposé la collectivité.

Le maire de secteur dit de son côté n’être au courant ni de cette dernière procédure ni d’éventuels promoteurs que le terrain pourrait intéresser. Côté riverains, la position reste la même. Pour Yves Galtier le président du CIQ, pas question de désarmer : « Si la Ville agit de la même manière, sans concertation, pour un autre projet sur le site de Legré-Mante, nous poserons la question aux habitants du dépôt d’un nouveau recours ».

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