L'école sans TAP

19 écoles privées d’activités périscolaires à la fin du mois

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le 22 Jan 2016
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Avec 280 000 euros de factures impayées, l'association SLFA renonce à organiser les activités périscolaires dans les 19 écoles dont elle avait la charge.

La sortie de l'école maternelle Saint-Savournin, dans la rue du même nom. (Photo Julia Rostagni)

La sortie de l'école maternelle Saint-Savournin, dans la rue du même nom. (Photo Julia Rostagni)

« Schboert on Loisir fer Ale ». Sous l’acronyme fleurant moins les bords du Rhin, l’association SLFA (Sports et loisirs pour tous) gérait les activités périscolaires de 19 écoles marseillaises depuis le mois de septembre. Le mode accompli est de rigueur puisque le président de cette jeune association strasbourgeoise a annoncé à la Ville qu’il entendait renoncer à poursuivre ses activités plus au sud, après avoir déjà menacé de le faire en décembre.

Les parents d’élèves du groupe scolaire Saint-Savournin l’ont appris de la bouche de la coordinatrice locale de l’association, ce mardi. « Ils nous ont dit que les activités allaient s’arrêter à la fin du mois, pour des raisons financières », explique Delphine Brousse, présidente de l’association des parents d’élèves sous l’étiquette MPE 13. Elle dit être sans information sur ce qu’il adviendrait des activités du mardi une fois passées les vacances de février.

19 écoles sans TAP

De fait, l’association a déjà jeté l’éponge pour le groupe scolaire Pommier, National Strasbourg dans le 3e arrondissement. « Nos animateurs ont aussitôt été remplacés par des employés municipaux qui y assurent les temps d’activités périscolaires à partir du 14 janvier, explique Yannick Cabald, le président de l’association. Nous n’allons pas pouvoir continuer à assurer nos activités sur l’ensemble de la ville. Les retards de paiement de la Ville nous placent dans une grande difficulté. La municipalité nous doit plus de 240 000 euros. Nous n’arrivons pas à payer nos 80 animateurs. L’un d’eux nous a déjà assignés devant les Prud’hommes. Nous n’allons pas mettre notre structure en danger alors que nous n’avons aucun problème à Strasbourg ».

Aux dires de Yannick Cabald, l’implantation de son association à Marseille relève plus de raisons sentimentales qu’économiques. « Mon père avait des attaches personnelles dans cette ville. Je me suis dit que je pouvais lui faire profiter de mes compétences », énonce-t-il avec une pointe de regret. Une amertume qui a commencé à poindre dès la fin du mois d’août. « Au lendemain de la notification du marché, le 19 août, nous avons eu une réunion au cours de laquelle nous avons appris que nous ne serions pas payés avant 2016 ». À la veille de la rentrée, une association lyonnaise, le Centre départemental de soutien scolaire (CDSS), avait jeté l’éponge, laissant près de 3000 enfants sur le carreau. Quant aux associations qui ont assuré les activités l’an dernier, elles attendaient toujours le paiement de leurs factures cet automne.

Septembre payé en décembre

Pour le coup, la Ville n’a pas menti. Interrogée à ce sujet ce mercredi, l’adjointe aux écoles Danielle Casanova explique que l’ASFLA a reçu le paiement des factures du mois de septembre. « Quant à l’arrêt des animations à la fin du mois de janvier, il ne nous a pas été signifié par lettre recommandée comme cela doit être le cas dans les marchés publics », ajoute-t-elle. Une position qui ne suffit pas à satisfaire le président alsacien qui brandit un courriel envoyé à la directrice de l’animation dans lequel il pointe les dysfonctionnements internes à la Ville. « Nous n’avons eu que la moitié des factures de septembre et rien pour les mois suivants alors que le code des marchés publics prévoit un paiement sous 30 jours », se désole Yannick Cabald.

De côté de l’école rue Saint-Savournin, on pointe également des dysfonctionnements mais cette fois-ci des animateurs de l’ASFLA. « Deux animatrices en sont venues aux mains devant les enfants », constate une parent d’élève qui a signalé ces incidents par courrier. Yannick Cabald ne nie pas l’incident : « C’est une animatrice qui a agressé notre coordinatrice. Elle a immédiatement été mise à pied ». Quant aux autres dysfonctionnements, il les attribue à la difficulté d’offrir des activités de bonne qualité avec un budget réduit pour le matériel et des animateurs difficiles à conserver quand ils ne sont pas payés.

Pour l’heure, Danielle Casanova n’a pas répondu à nos sollicitations concernant ces 19 écoles privées d’activités périscolaires. Nul doute que cette nouvelle défection devrait nourrir les débats du conseil municipal du 8 février au cours duquel les conclusions de la commission d’enquête sur les rythmes scolaires seront présentées.

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Retrouvez notre dossier TAP

 

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