Victime collatérale du narcotrafic, l’accueil de jour pour sans-abris quitte la rue Loubon

Info Marsactu
le 14 Nov 2024
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L'espace d'accueil pour les personnes sans domicile de l'association ADJ s'est installé rue Loubon au mois de juin, à quelques pas du point de deal du Moulin de Mai. Quatre mois plus tard, il déménage après avoir subi plusieurs intrusions violentes des narcotrafiquants et retourne dans son ancien local vétuste.

L'accueil de jour se situait temporairement au 16/20 rue Loubon.(Photo : CM)
L'accueil de jour se situait temporairement au 16/20 rue Loubon.(Photo : CM)

L'accueil de jour se situait temporairement au 16/20 rue Loubon.(Photo : CM)

C'est un lieu ressource pour personnes sans-abri dans le centre-ville de Marseille, ouvert d'ordinaire de 8 h à 16 h 15. Mais, ce jeudi 7 novembre à 10 h 30, le rideau de fer est toujours baissé devant la porte d'entrée de l'accueil de jour situé au 16/20 rue Loubon (3e). Un jeune homme, 1,90 m, casquette trouée vissée sur la tête, le fixe, la mine déconfite. "Ça fait trois fois que je viens cette semaine, je ne comprends pas", déplore-t-il. Le local de l'association Accueil de jour (ADJ) ne rouvrira pas. Il voyait pourtant passer quotidiennement entre 200 et 300 hommes, qui y recevaient leur courrier, venaient s'y doucher ou se faisaient aider pour leurs démarches administratives.

Il y a une dizaine de jours, la direction a décidé de quitter définitivement le local. La petite feuille blanche accrochée sur la devanture grise invite les personnes accueillies à se rendre au 34 boulevard Bouès, à quelques mètres de là. Peu de précisions sont données sur les raisons de ce déménagement rapide, mais le garçon comprend tout de suite. "C'est vrai que c'était dangereux ici", devine-t-il, en enfourchant son vélo. Il pédale à vive allure, s'éloigne du bâtiment. À l'angle de ce dernier, des guetteurs encore minots sont accoudés au mur et surveillent le point de deal du Moulin de Mai.

Impacts de balles sur les murs

Au fond du jardin de l'immeuble du 16/20 rue Loubon, seule une clôture sépare la pelouse des marches où sont vendues les drogues. À travers les barreaux de l'enceinte, on aperçoit l'impasse dans laquelle un jeune du réseau a été tué par un autre, fin septembre. Les narcotrafiquants escaladent parfois cette frontière métallique, pour échapper à la police ou mener leurs transactions à l'abri des regards. En 2022, le bâtiment a reçu des balles, dont les murs de la salle de réunion portent encore les traces. La fondation Abbé Pierre, propriétaire des locaux, a fermé la boutique solidarité et les bureaux qu'elle y avait installés en octobre 2022, à la suite de cet épisode.

L'accueil de jour de l'ADJ emménage temporairement dans ces locaux au mois de juin 2024. "Le bâtiment que nous prête le département des Bouches-du-Rhône, au 34 boulevard Bouès, devait être rénové, indique Clémence*, une travailleuse sociale de l'association, qui souhaite rester anonyme. On avait vite besoin d'un lieu pour que les 3 000 . . .

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Camille Margerit

Commentaires

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7 commentaires


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  1. Agnès R

    Le département peut se targuer de prêter de locaux indignes,pour une population qui n’a aucune importance à ses yeux,ils ne votent pas ,et laisser une mission de service public à une association
    Mépris de classe

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    • Oriane DM

      Il y a eu le CMP de préssenssé qui a fermé pour les mêmes raisons il y a 1 an. La fac de colbert a failli fermer elle aussi. L’ADJ maintenant.
      C’est horrible et indigne de laisser faire ca

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  2. Brigitte13

    Marsactu avez-vous lu le dernier livre de Philippe Pujol ? Vous ne faites jamais référence à ses travaux, ses livres pourtant édifiant et qui permettent de comprendre ces situations.

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  3. SLM

    Dramatique.

    Et dire que certains irresponsables politiques proposent de légaliser la drogue…

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  4. didier L

    Une magistrate n’a-t-elle pas dit que  » nous étions en train de perdre une guerre ». Les coups de mentons XXL de Macron à la Castellane et la méthode coué de ce nouveau ministre Retailleau n’ont rien changé. Le mal est profond.
    Il est social, économique, culturel, éducatif, moral, familial etc … La repression seule n’en viendra pas à bout. Les territoires de la République reculent !

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  5. Dark Vador

    En quoi ce droit de réponse (légal et obligatoire) remet-il en question le fond de l’article de Marsactu???

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  6. bernardi

    L’insertion d’un droit de réponse n’est pas un « usage » mais une obligation sanctionnée aux termes de la loi sur la Presse.
    Evidemment le texte du droit de réponse doit respecter les obligations fixées par les textes ainsi que la jurisprudence en vigueur.

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