Rue d’Aubagne : un film pour « garder une trace de la présence des femmes dans cette lutte »

Interview
le 4 Nov 2026
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Huit ans après l'effondrement de deux immeubles de la rue d'Aubagne à Marseille, la journaliste et réalisatrice Margaïd Quioc revient sur la tragédie du 5 novembre 2018. Si le documentaire Rester debout s'intéresse aux drames des familles des huit victimes comme à ceux des milliers de délogés à travers le portrait de trois femmes, il nous plonge surtout dans l'immense mobilisation contre le mal-logement qui a suivi. Et qui se poursuit aujourd'hui.

Le lieu des effondrements, en cours de déblaiement fin 2018. (Image VA)
Le lieu des effondrements, en cours de déblaiement fin 2018. (Image VA)

Le lieu des effondrements, en cours de déblaiement fin 2018. (Image VA)

Comme tous ses confrères, dès le 5 novembre 2018 au matin, Margaïd Quioc s'est précipitée rue d'Aubagne. D'abord en tant que journaliste puis, rapidement, comme documentariste. Très touchée par la mort de huit personnes dans les effondrements de deux immeubles, par les milliers d'évacuations qui ont suivi, les tragédies vécues par ceux que l'on a appelé les délogés, elle a voulu raconter différemment le drame qui a saisi et mobilisé nombre de Marseillaises et de Marseillais.

Alors que vient de s'ouvrir le procès en appel des responsables de l'effondrement des deux immeubles, elle livre un documentaire sensible sur trois femmes qui se sont investies corps et âmes dans le combat du mal-logement. Chacune à sa manière. Une occasion aussi de revivre l'histoire de cet événement et de cette mobilisation qui ont été pour partie à l'origine de la défaite de la droite locale après 25 ans de gestion de Jean-Claude Gaudin.

Tu as commencé à filmer dès l'effondrement des 63 et 65 de la rue d'Aubagne, comment s'est imposé ton sujet au fil des années ?

Assez rapidement, je suis très touchée par ce que je vois. Il y a la crainte de morts et, très rapidement, il y a aussi tous ces gens évacués de chez eux, rue d'Aubagne et rue Jean-Roque, des gens qui sont en pyjamas, en chaussons, avec des enfants, à la fois choqués pour leurs voisins et parce qu'ils n'ont plus de maison, qui ne peuvent plus accéder à leurs affaires, qui ne savent pas où ils vont dormir le soir...

Et puis, il y a eu la mobilisation, que j'ai continué à suivre comme journaliste et un peu plus que journaliste. Quand le Collectif du 5-Novembre s'est créé, j'ai essayé d'y trouver ma place. Mais ma place, c'est de raconter des histoires. C'est comme ça qu'est né mon premier projet de documentaire sur la mobilisation qui s'organise autour du Collectif du 5-Novembre et sur les militantes et militants de ce collectif. Certains avaient des engagements politiques, comme Marie Batoux, d'autres voulaient s'investir parce qu'ils avaient perdu un proche, comme Anissa Harbaoui, d'autres parce qu'ils étaient simplement touchés par le drame. Ce projet ne s'est finalement pas fait, mais je l'avais toujours en tête.

Au moment du . . .

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Jean-François Poupelin

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