Huit ans après, des commémorations du drame de la rue d’Aubagne en plein procès d’appel
Les familles des huit victimes des effondrements du 5 novembre 2018, lors de la commémoration, le 5 novembre 2026. (Photo C.By.)
« Nous vivons des moments difficiles avec le procès en appel. On a besoin de votre présence pendant toutes ces semaines ». Liliana Lalonde, la mère de Julien, disparu dans les effondrements du 5 novembre 2018, prend la parole, devant le lieu-ressources qui remplace les trois immeubles disparus. La foule est nombreuse pour ce moment de recueillement qui résonne avec une particulière gravité alors que 15 prévenus comparaissent dans la salle des procès hors norme, à la Belle de Mai jusqu’au 18 décembre. Maria, la mère de Simona Carpignano, remercie tous les présents, la mairie, les pompiers et insiste, elle aussi, sur la nécessité d’une présence publique au procès « parce que les prévenus dénient toute responsabilité et cela ouvre de plus en plus nos blessures« .
Le frère de Pape, Djidiack Gueye convoque Schopenhauer : « J’ai cette phrase qui me taraude. Elle dit que vie ondule, « comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui ». C’est ce que nous vivons en ce moment au procès« . Lui aussi remercie la foule présente et espère y voir « une forêt qui pousse en silence » plutôt qu’un arbre qui tombe, en écho sinistre à la chute des immeubles.
Lynda, la cousine de Chérif, raconte comment ces huit ans de deuil impossible et « la famille qu’[ils] sont devenus« , parents et proches de victimes, à force de se retrouver, année après année. « Il n’y aura de repos tant qu’il n’y aura de justice pour nos disparus », insiste-t-elle encore, avant d’entrer dans le lieu-ressources pour déposer des fleurs sur le lieu mémoriel, le dernier vestige du mur du 65, conservé au fond de la cour. « Ni oubli, ni pardon« , scande alors la foule.
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