Le nouveau protocole sanitaire met la fièvre dans les écoles marseillaises

Actualité
le 21 Jan 2021
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En sourdine depuis la rentrée de janvier, la mobilisation des agents municipaux des écoles de Marseille reprend ce jeudi, en réaction à un nouveau protocole sanitaire qui tend encore plus l'organisation des cantines. Près de 300 établissements seront touchés par la grève.

Une cantine d'école (Photo BG)

Une cantine d'école (Photo BG)

Le compteur s’emballe. Ce jeudi, 279 des 471 écoles publiques de Marseille devraient être touchées par une grève. Pour 184 d’entre elles, cela se manifestera par une fermeture de la cantine, désagrément expérimenté de manière chronique par les parents d’élèves ces derniers mois, mais qui avait presque disparu en janvier. Chose plus rare, on dénombre aussi 95 établissements fermés en totalité d’après la page dédiée sur le site de la Ville.

La journée du 21 janvier fait en effet l’objet d’un appel national à la grève du syndicat FSU pour les secteurs du social, médico-social et de l’éducation, couvrant les fonctionnaires territoriaux comme d’État ou hospitaliers. S’y ajoute une journée d’action à l’appel de la CGT, à l’échelle départementale cette fois-ci et autour de revendications plus larges. L’occasion pour les agents municipaux de faire entendre leur fatigue et leur colère, avant l’entrée en scène des professeurs mardi 26 janvier, à l’appel de cinq syndicats.

“C’est de l’abattage”

“Le nouveau protocole sanitaire est inapplicable”, pose Yannis Darieux, à la FSU territoriale. Annoncées le 14 janvier par le ministre de l’Éducation, les mesures supplémentaires imposent principalement de prolonger la séparation de chaque classe à la cantine, pour éviter un brassage des élèves et la fin des selfs, avec distribution des assiettes à table. Ce qui a pour conséquence d’allonger la pause méridienne. “On a des agents qui nous appellent en pleurs. Il faut faire cinq voire huit services, en désinfectant entre chaque groupe, avec des enfants qui doivent manger en 15 minutes et sortent parfois à 15 heures. C’est de l’abattage”, s’émeut Fatima Hammoumi, déléguée CGT.

“Les agents sont dans un état pas possible, j’ai encore une collègue qui m’a dit avoir fini le dernier repas à 15 heures”, confirme Yannis Darieux. Lundi, une mère d’élève de l’école Bernard-Cadenat avait publié une lettre adressée par le directeur pour présenter ses regrets aux parents. “Les élèves de CM1 et CM2 n’ont pu être accueillis dans le réfectoire que très tard, trop tard pour des enfants quoiqu’il en soit”, reconnaît-il.

Pour l’adjoint délégué à l’éducation Pierre Huguet, ces difficultés sont exacerbées par “25 ans d’abandon”, sous les mandatures de Jean-Claude Gaudin. Une manière de dire que la Ville n’était pas la mieux armée pour faire face à cette crise qui met en tension l’organisation des journées. “Ce protocole est celui de l’Éducation nationale, insiste-t-il par ailleurs. C’est le troisième, il faut s’y adapter à chaque fois et il a une nouvelle fois été fait sans concertation avec les collectivités locales et sans aborder la question des moyens.”

Un préavis reconductible déposé par la CGT Ville de Marseille

“L’État se couvre et sort le parapluie”, considère aussi Yannis Darieux. À la CGT, on formule une demande de paniers repas. “Si on veut garantir la continuité du service public, et nous y sommes aussi attachés car nous savons que pour beaucoup d’enfants c’est le seul vrai repas de la journée, on ne peut pas continuer avec des plats chauds”, considère Fatima Hammoumi. C’est le nouveau protocole de l’Éducation nationale qui fait monter la température mais pour les syndicats les exigences vis-à-vis de la mairie restent les mêmes : rattraper le manque chronique de personnel.

“Nous sommes bien conscients que cette injonction de l’État entraîne des difficultés”, avance Pierre Huguet, pour qui le dialogue est ouvert. Il lui faut désormais convaincre. La CGT des territoriaux de la Ville a déposé un préavis reconductible à partir du 26 janvier. Ce faisant, la grève des cantines et les fermetures d’école pourraient s’installer dans la durée. Et s’interrompre si les organisations syndicales obtiennent satisfaction.

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Commentaires

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  1. raph2110 raph2110

    Et dans tout ça comment vont les enfants ? On s’inquiète pour l’organisation, pour les personnels de l’éducation nationale ou de la ville mais comment le ministre de l’éducation ne tient-il pas à ce point compte, à l’échelle de chaque commune, des réalités que vivent les enfants au quotidien. Même si les enfants ont des capacités d’adaptations incroyables, il faudrait arrêter d’en faire de simples pions, car les positions dogmatiques d’un pouvoir centralisé auront sans doute des résonances dans leur vie dans un futur proche. Le manque d’anticipation flagrant de l’état dans la gestion sanitaire, se traduit le plus souvent par la prise de décisions non concertées, suivies d’une exécution rapide, sur l’ensemble du territoire national, quel que soit la taille de la commune. Évidemment tous en font les frais mais je crains que les premiers ne soient ces enfants qui doivent sûrement ressentir les tensions, qui se retrouvent confrontés à un cadre très changeant et peu rassurant. Les psy ont de beaux jours devant eux !

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  2. Brallaisse Brallaisse

    Vous avez 100000 fois raisons. Le mot enfant n’est que très rarement prononcé ,et cela est malheureusement le cas dans les conflits concernant le personnel dit éducatif portant sur leurs conditions de travail.

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  3. julijo julijo

    L’éducation nationale décide. dans les bureaux, loin du terrain. Des enfants ? quels enfants ? à l’EN ils ont juste des chiffres.
    Blanquer et macron refusent la fermeture des écoles (il faut bien que les parents continuent de travailler) et donc ajustent et ré ajustent un « protocole sanitaire » qui ne peux pas être appliqué, sinon à doubler le personnel concerné et surtout les surfaces des cantines.
    Une chape de silence est appliquée par les medias… donc dans les écoles et les établissements, tout va pour le mieux….
    Personne ne parle des difficultés d’application du protocole, personne ne parle des collèges et des lycées….et pourtant les problèmes sont réels et quotidiens. On pourrait parler aussi des classes fermées pour cause de covid…mais « pas de vague » !! et pourtant des enseignants “cas contacts” ont été obligés par leurs inspecteurs à retourner avec leurs élèves….
    Courage et quelque part bravo, au personnel des écoles qui ose braver cette espèce d’omerta.

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  4. julijo julijo

    c’est un peu “daté” comme réflexion, non ?
    allez voir dans les écoles.

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  5. Brallaisse Brallaisse

    Et les minots dans tout cela ?.

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