La friche de la place du Refuge se fera jardin partagé

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Clémentine Vaysse
7 Jan 2016 4

Après plus de dix ans de friche et d'ordures, la dent creuse de la place du Refuge, au Panier, va être transformée en jardin partagé. Pour le plus grand bonheur des riverains qui rêvaient de plus de vert. En attendant le projet immobilier qui doit y prendre place un jour.

« Alors, ici, c’est le coin des rats ». En visite du quartier avec des copains, une jeune fille pointe du doigt les grillages serrés qui encadrent la dent creuse à l’ouest de la place du Refuge, au cœur du Panier. Des rats, mais aussi des ordures, des encombrants qui éclipsent la végétation qui s’y est installée. Depuis quinze ans et l’effondrement de l’immeuble qui s’y trouvait, l’emplacement reste désespérément grillagé, promis à un projet immobilier qui ne vient jamais.

Les riverains ont pourtant bien des envies pour ce bout de verdure dont ils aimeraient profiter en échange de l’entretien. Et leur souhait va bientôt se concrétiser puisque la Ville, propriétaire du terrain, a cédé et accepté d’y installer un jardin partagé en attendant l’immeuble qu’elle a prévu d’y construire.

Des poules, une salle de muscu’

Pendant la concertation qui a suivi la rénovation de la place en 2013, sous le nom administratif d’îlot 9, l’endroit a été à plusieurs reprises évoqué par les habitants. D’autant plus que l’aménagement définitif de la place dépend de la construction de l’immeuble sur la parcelle vide. « La problématique des espaces verts était essentielle pour les habitants ainsi que l’accès à cet espace, explique Marta Stalla, architecte médiatrice pour la Compagnie des rêves urbains qui a mené la concertation. Les habitants y avaient installé des poules puis des machines de musculation. L’idée de jardins partagés à cet endroit est ressortie à plusieurs reprises ».

refuge-place-enfants

« Il y a un an en assemblée générale, nous avons dit que si rien n’était fait, nous allions l’occuper, se souvient Patou Rahal la présidente du comité d’intérêt de quartier (CIQ). J’arrivais difficilement à faire nettoyer le terrain tous les six mois et il amène de très fortes nuisances pour les habitants ». Après le feu vert au printemps et la confirmation en août d’un projet de jardin partagé soutenu par la maire de secteur (PRG) Lisette Narducci, une délibération sur le projet a été proposée au dernier conseil municipal.

Elle est disponible ci-dessous :

200 000 euros de travaux

Dans la délibération, le coût des travaux de transformation de la friche en jardin sont évalués à 200 000 euros pour lesquels « des subventions de la politique de la ville sont envisageables à hauteur de 80% ». Il s’agit avant tout de combler le trou, stabiliser le terrain et créer des terrasses qui seront divisées en petites parcelles rectangulaires. Une délimitation bien plus discrète devrait également remplacer les grands panneaux métalliques en place. L’un d’eux a été enlevé pour ouvrir une fenêtre sur le vert.

Mais cet espoir de verdissement n’est que provisoire. À terme, le jardin doit laisser la place à un immeuble. « Cela ne me fait vraiment pas peur, rassure Patou Rahal. A moins qu’un richissime fou furieux arrive de nulle part, les coûts et contraintes de construction sont tels que jamais personne ne voudra y construire quoi que ce soit ». Elle rappelle les trois premiers permis abandonnés suite à des recours de riverains.

place-refuge-barriere

La gestion du jardin sera confiée à un collectif. « Pour l’instant, se sont portés volontaires le centre social et le collectif des fées verts qui œuvre pour la végétalisation du Panier », explique Patou Rahal. Le détail du projet sera au cœur de la réunion entre les CIQ de l’arrondissement et la maire de secteur, ce jeudi 7 janvier. Même si le jardin ne sera pas prêt demain, les riverains commencent déjà à s’organiser pour l’entretenir. « Bon, j’avais proposé de ne pas commencer par des légumes pour ne pas nourrir les rats, ironise Patou Rahal. Les fleurs, c’est bien pour un début ».

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