Hollande en meeting au Dôme : "je vous salue Marseille"

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le 15 Mar 2012
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Nicolas Sarkozy lui avait ouvert un boulevard en zappant, lors de son meeting au parc Chanot fin février, le passage prévu sur Marseille. Au Dôme mercredi soir, son adversaire socialiste François Hollande s’y est engouffré, en attaquant son discours par une vingtaine de minutes évoquant la deuxième ville de France. “Sarkozy a fait une erreur de venir dire juste bonjour Marseille sans dire ce qu’elle représentait pour lui”, commente le maire du 1/7 Patrick Mennucci, qui glisse que les locaux ont “travaillé avec Aquilino [Morelle, la plume de Hollande, ndlr] pour lier l’histoire de Marseille à la Nation”.

Avec un accent particulier mis sur les “apports successifs de populations qui ont construit sa personnalité et son identité. Je salue Marseille et tous ceux qui l’ont peuplée” : les “Provençaux venus du haut pays”, ceux qui sont “venus ici pour échapper aux violences et parfois aux génocides” (Juifs, Arméniens), “qui ont libéré aussi Marseille, en août 1944, Algériens, Sénégalais, des bataillons de l’armée d’Afrique”, les “Italiens (…) chassés par la misère et le fascisme”, les Espagnols, les Maghrébins, les Comoriens… “Et je n’oublie pas tous les autres, venus de plus près, les Corses, les Languedociens. Voilà Marseille ! Voilà la ville de la Méditerranée !” De quoi réjouir Samia Ghali, sénatrice-maire du 15/16. Et tant pis si les derniers arrivés, les Roms, n’ont pas encore droit de cité…

L’OM, Defferre et 2013

Avant cela, c’est une Marie-Arlette Carlotti (élue marseillaise membre du comité régional de campagne) survoltée qui avait chauffé la salle en capitalisant sur la victoire de l’OM la veille en Ligue des champions, aux côtés de la responsable culture de Hollande Aurélie Filipetti, un peu en-dessous. Avait suivi une séquence souvenirs vidéo pour illustrer la citation de Camus que “l’espoir est une mémoire qui désire”, de Léon Blum au Pacs en passant par le 10 mai 1981 (et même le printemps arabe…). Puis trois discours dont on comprenait progressivement qu’ils “meublaient” – de l’aveu même des socialistes – face à quelques 9000 personnes, dont 3000 à l’extérieur, en attendant l’arrivée du candidat.

Hollande, lui, a habilement multiplié les marques d’“amour” pour Marseille, qui “a donné l’hymne de la République”. D’abord un hommage à Gaston Defferre – alors que sa veuve Edmonde Charles-Roux était dans le carré VIP avec des élus locaux tous sourires à ces mots – puis une phrase qui a fait vibrer les spectateurs : “En 2013, je souhaite être le président de la République qui, ici, inaugurera la capitale européenne de la culture.”

“Marseille, ville qui souffre”

“Je mesure aussi, venant ici régulièrement, le poids des inégalités, l’intensité des violences, l’insupportable injustice, la brutalité des ségrégations”, a-t-il enchaîné, égrenant comme autant d’échec du “candidat sortant” les entreprises fermées ou en difficulté : Les 3 Suisses, Legré Mante, NetCacao, Fralib, LyondelBasell, la SNCM. Le candidat avait d’ailleurs consacré son après-midi à une rencontre avec des syndicalistes (à lire bientôt sur Marsactu). “On veut bloquer Mélenchon“, qui est ce jeudi à Marseille, glisse Patrick Mennucci. Au Dôme, “face à [son] projet”, il n’existait d’ailleurs qu’“un autre projet”. Magnéto Esther :

Ses réponses à Marseille, ville qui souffre” étaient elles incluses dans la suite générale du discours, où il a déroulé les grands axes de son projet : la jeunesse, l’école. Et, avec une insistance certainement pas fortuite, les quartiers défavorisés, où “il y aura dans ces quartiers des politiques publiques qui seront toutes amplifiées, renforcées, démultipliées”.

Pourtant, tout en plaidant pour que “la banque publique d’investissement, celle qui sera créée au lendemain de l’élection présidentielle, ait une filiale dédiée aux quartiers pour développer l’entreprise” et “que dans tous les marchés publics de France, il y ait une clause d’insertion qui permette aux entreprises qui sont justement dans ces quartiers de pouvoir embaucher des jeunes”, il a affirmé vouloir “mettre un terme au zonage, qui est une stigmatisation. Finies les ZRU, les ZUS, les ZRR ! Qui a envie de vivre dans une zone, d’appartenir à une zone ?” Une contradiction qui n’est (justement ?) que de l’ordre du langage, se défend Samia Ghali.

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Mais, en raillant les espoirs déçus du slogan sarkozyste “Ensemble tout devient possible”, car selon lui du  “rien n’a été possible”, il s’est aussi exposé à la même crainte : difficile de ne pas trouver court le “ici, à la loi de la force arrivera maintenant la force de la loi !”, lancé sur la sécurité, seul thème où il est revenu explicitement sur Marseille après son introduction. “Jugez-moi en 2017, si je suis devenu votre président”, a-t-il demandé par la suite.

“marseille-republique-quartiers-jeunesse”, résume symboliquement l’adresse Internet qui propose sur son site l’intégralité du discours. Manque pour être complet le mot-clé VIP, pour les nombreuses personnalités (acteurs, sportifs…) qui siégeaient dans un carré très encadré. Un exercice un peu risqué, quand on a beaucoup glosé, à l’image de Frédéric Martel, sur Didier Barbelivien ou encore la culture “Camping” du président : à Lyon, le réalisateur de la comédie était justement dans la salle…

En témoigne aussi ce télescopage mis en lumière sur l’écran géant par la réalisation : alors que le candidat évoque sa proposition de taxer les revenus au-dessus d’1 million d’euros à 75%, car les intéressés “doivent limiter leur rémunération lorsqu’elle devient indécente par rapport à ce qu’est le sort commun”, la caméra s’attarde sur Pape Diouf, ex-président de l’Olympique de Marseille où le “sort commun” est de l’ordre du million… Samia Ghali ne s’en formalise pas.

Soutiens encombrants

Quand bien même cela aurait été le but, les stars du carré VIP n’ont pas fait oublier la présence d’autres personnalités, politiques celles-là, un peu encombrantes : on pouvait croiser au meeting le probable futur dissident le maire de Salon Michel Tonon et son émule de la 7e circonscription Rebia Benarioua. Qui il est vrai jouait la coexistence pacifique avec son rival Henri Jibrayel, assis à quelques mètres de là. “Quand il y a du monde, ça va”, nous glissait le premier.

Si Jean-Noël Guérini était absent, y compris de son bureau tout proche au conseil général, les deux parlementaires mis en examen Sylvie Andrieux et Serge Andréoni et le condamné pour abus de confiance pour abus de confianceFrançois Bernardini n’étaient pas du plus grand soutien. Après la lettre ouverte d’élus UMP dénonçant son “manque de courage” sur les affaires, Hollande s’est contenté de réclamer l’“exemplarité (…) pour les élus de la République”, affirmant que “celui qui se rendra coupable de corruption, là encore, rencontrera toute la rigueur de la loi” (son projet prévoit de porter l’inégibilité à 10 ans pour ce délit). Un peu court par rapport par exemple à la lettre de demande d’engagement de l’association Anticor

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Commentaires

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  1. antipropagande antipropagande

    Allez : hier soir Hollande avait la ferveur en plus ! En souvenir ému de Ségolène Royal …. Marseille fait mentir ceux qui la bascule FN ! Marseille veut manifestement sortir le sortant .
    Alors attention aux manip’de Sarko , que les électeurs ne se laissent pas distraire par des sirènes trop insistantes pour le sympathique Méluche, le vote utile cette fois est indispensable, la preuve :

    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/03/15/comment-sarkozy-pousse-melenchon-pour-affaiblir-hollande_1667906_1471069.html#ens_id=1626596

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  2. perlus perlus

    Incroyable ce Mennucci. Tout le monde sait qu’il est marginalisé par l’équipe de Hollande et il essaye de faire croire qu’il a écrit le discours du candidat.
    pathétique

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  3. jexprime jexprime

    Pas un mot sur Guerini qui était quand même bien representé par tous les politiques qui ont fait une carrière grâce à lui: Mennucci (ancien directeur de sa campagne municipale), Carlotti (ancienne porte parole de sa campagne municipale et conseillère générale qui lui a renouvelle sa confiance en votant pour lui il y a 1an), Caselli ( qui lui doit tout!), Andrieux et toute la clique !!!!
    C’est beau la famille ….

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  4. jexprime jexprime

    en tout cas, Mennucci le responsable de la campagne de Hollande à Marseille a été privé de micro.
    Un bon signe !!!!

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  5. poalagratter13 poalagratter13

    Les chiffres donnés par Marsactu c’est “selon la police” ou “selon les organisations” ? Car un Dôme en jauge 8000 et 3000 dehors ça fait 11000. Chiffre sur lequel d’ailleurs tout le monde s’accorde. Je ne comprends pas cette désinformation.

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  6. druide67 druide67

    Hollande demande a guérini de démissionner et veut que la justice passe mais tout ça c’est du vent, que font les samia ghali et compagnie a ses coté? Guérini, c’est un systéme et une bande d’élu vereux qu’il vaut éliminer, çà n’est pas un seul homme.

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  7. Ricou 24. Ricou 24.

    Ce mercredi ça dépote sur new of Marseille.

    Ricou 24.

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